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  • Mourir dans la dignité, ENP -7328

    Mourir dans la dignité

    Une commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité est en cours depuis septembre 2010. Cette consultation générale tient lieu de débat concernant les htèmes de l'euthanasie, le suicide assisté et les soins palliatifs. Comment chacun des individus, selon sa condition médicale, sa qualité de vie, son droit de mettre fin à ses jours car ceux-ci demandes une dose de courage pour lequel nous n'avons pas su apprendre durant notre vie? Comment se fait-il que le thème de la mort est si difficile à discuter? La mort signe de tristesse, de chagrin inconsolable, de fin en soi. La mort est un sujet plus que tabou, il est complètement élimieé dans le cycle de l'humanité. Le processus de  fin de vie,, de deuil  est traversée et mis au rancart aussi vite que la fin du I POD. Nous le chanageaon dès que la pile est morte.

    Mourir dans la dignité, comment pourrait-il en être autrement? Comment se fait-il que nous intervenants, gestionnaire de la santé avons-nous de la difficulté à faire face à la fin de vie? Comment ser fait-il que nous ne sommes pas les agents de changements et accompagnateurs de nos usagers, leurs familles dans cette fin de vie?

    La loi de la santé et des services socioaux stipule à l'article 5,"toute personne a le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans à la foirs scientifique, humain et social, avec continuité et de façon personnalisée"

     

  • Mourir dans la dignité

    Pour l'aide au suicide, mais contre l'euthanasie volontaire!

     

               A propos de la différence entre l'euthanasie et le suicide assisté, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement dire sans réserve qu'il n'y ait pas de différence entre les deux: dans un cas, c'est le patient lui-même qui prend sa propre vie (suicide assisté), alors que dans l'euthanasie, il est le médecin.

     

    Il faut d'abord préciser pour quelles raisons (juridiques, éthiques ou religieuses), il en tire est arguments. Dans le domaine de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'y a pas de différence entre les deux. Toutefois, dans le domaine juridique, il ya une différence entre l'euthanasie (que l'on appelle assassiner au premier degré d'une peine minimale d'emprisonnement à perpétuité) et le suicide assisté (qui n'est pas un homicide ou d'assassiner et dont la peine maximale est de 14 ans d’emprisonnement).

     

    Dans le cas du suicide assisté, la cause du décès est le suicide du patient et le suicide assisté est en quelque sorte une forme de complicité (infraction de complicité). Mais depuis la tentative de suicide a été décriminalisé au Canada en 1972, cette complicité (infraction de complicité de suicide) n'a pas de sens, car cette infraction ne devrait exister que s'il ya une infraction principale.  Mais le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus un crime depuis 1972. Donc, logiquement, il ne peut pas être toute forme de complicité dans le suicide. L'infraction d'aide au suicide est un non-sens.

     

    L'euthanasie volontaire est considérée comme un assassiner au premier degré. Le médecin tue le patient (à sa demande) par la compassion pour soulager sa douleur et la souffrance. Il s'agit d'une violation de l'un des principes les plus fondamentaux éthiques et juridiques: l'interdiction de tuer un être humain. Nos sociétés démocratiques sont fondées sur le principe que nul ne peut enlever la vie d'une personne. La fin du contrat social est «la préservation des entrepreneurs" et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. Nous avons aboli la peine de mort en 1976 en réponse à la «préoccupations plus large public de prendre la vie par l'État.

     

                Même si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient) peut, dans certaines circonstances, être justifiés moralement, nous ne pouvons pas a conclu que l'euthanasie devrait être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la dépénalisation d'une telle loi exige que l'on prenne en compte les conséquences sociales de la légalisation ou la décriminalisation.

     

    Le potentiel indéniable de la violence (en particulier pour les faibles et vulnérables qui sont incapables d'exprimer leur volonté) et le risque d'érosion de l'éthique sociale par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être prises en compte.  Le risque de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient compétente) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient incompétent) ou involontaire (sans égard pour ou contre le consentement du patient capable de discernement) sont réels comme l'a confirmé par la Commission de réforme du droit du Canada qui stipule:

     

     «Il ya, tout d'abord, un réel danger que la procédure mise au point pour permettre à la mort de ceux qui sont un fardeau pour eux-mêmes peuvent être progressivement détournée de son objectif initial et éventuellement utilisés ainsi d'éliminer ceux qui sont un fardeau pour les autres ou à la société. Il ya aussi le danger constant que le consentement du sujet à l'euthanasie ne peut pas vraiment être un »acte parfaitement libre et volontaire.

     

    Je suis libre de choisir, libre de penser et aussi je veux être libre de décider de ma vie.  

     

  • Le Chômage des Maghrébins Immigrants au Québec

    Le sujet dont je veux traiter, et celui du chômage des Maghrébins immigrants au Québec. Pourquoi ce sujet ? Pourquoi pas. Certains diront « elle doit être immigrante et maghrébine » c’est absolument vrai. Cependant, ce n’est pas la seule raison. C’est aussi parce que je pensais avoir fuit l’hypocrisie politique de mon pays d’origine, mais je me rends compte que même dans les démocraties occidentales on n’est pas moins hypocrite.  Commençons par le commencement :

    Un petit rappel historique :

    Jusqu’aux années 1980, les immigrants qui arrivent au canada sont majoritairement d’origine européenne, dès le XIX siècles, certains immigrants viennent d’ailleurs, comme par exemple les Chinois, les Grecs et les Juifs. Jusqu’aux années 1960 les politiques d’immigration restreignaient la possibilité d’immigration au Canada aux personnes de race européenne exclusivement. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Ce n’est qu’en 1962 qu’on abolit la politique d’immigration fondée sur la race et l’introduction en 1967 de critères objectifs dans le processus de sélection des immigrants (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Quelques chiffres : 

    Statistiques Canada, au cours du recensement de 2006, avait compté 200 origines ethniques différentes. Les canadiens d’origine maghrébine notamment marocaine et algérienne, représentaient respectivement 0.49% et 0.34% de la population québécoise. Par ailleurs, 82.2% de marocains et 89.6% des algériens résident à Québec. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Toujours selon Statistiques Canada, on constate une augmentation relative des admissions (CSQ) au Québec de marocains et d’algériens[1] que je récapitule dans le tableau ci-dessous :

    Pays

    1969

    1989

    1999

    2008

    Maroc

    492

    1031

    1538

    3579

    Algérie

    158

    430

    2006

    3670

     

    De plus, en 2001 le Maroc se classait au 10e rang des principaux pays d’origine de l’immigration au Québec alors que l’Algérie occupait le 12e rang, selon le site du Ministère des Relations avec les Citoyens et de l’Immigration (MRCI). En 2008, ils occupaient respectivement le 3e et le 1e  rang.

    Le recensement de 2001, effectué par Statistiques Canada, montrait que 97.6% des Marocains et 98.5%  des Algériens, qui résident au Québec parlent français. 60.5% de Marocains et 50.1% des Algériens affirmaient parler les deux langues officielles du pays. Toujours en 2001, 29.9% de Marocains et 50.1% d’Algériens âgés de 15 ans et plus détenaient un diplôme universitaire. Un taux beaucoup plus élevé que celui que l’on observe dans la population québécoise en générale, 14% ou même, dans la population immigrante dans son ensemble 21.8%.

    Malgré toutes ces données sur la connaissance de la langue et le niveau d’étude, le taux de chômage chez les Marocains est de 17.5% et il est de 27.2% chez les Algériens, en 2001. La moyenne de chômage dans la province du Québec est de 8.2% !

    Pour les Marocains et les Algériens établis au Québec depuis moins de cinq ans les taux respectifs sont de 33.6% et 35.4%[2].

     

    Sachant que, parmi les critères de sélection établis par le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles (MICC) figure en premier plan, le niveau d’étude et la connaissance de la langue française. En plus du nombre d’années d’expérience. Alors comment expliquer que les immigrants maghrébins au Québec éprouvent de grandes difficultés pour intégrer le marché de l’emploi québécois et pourquoi ils sont défavorisés par rapport aux immigrants en général ?

    Si les immigrants du Maghreb « ne font pas l’affaire du Québec » pourquoi alors le Canada et le Québec organisent-ils des activités promotionnelles à l’étranger dont l’objectif est d’attirer les personnes qui répondent aux critères recherchées pour migrer vers le Québec ? À travers, ces séances, à travers la documentation et les medias, on décrit le Canada et le Québec comme des sociétés dont le niveau de vie est élevé, où l’activité économique est prospère, qui sont respectueuses de leurs citoyens, et ouvertes à l’immigration, et qui valorisent la diversité culturelle et le dialogue multiculturel.

    Pour ces immigrants, une foi sur place la réalité est toute autre !     

    Les obstacles à l’embauche :

    ·         La méconnaissance de l’anglais ;

    ·         Les difficultés à faire reconnaitre les diplômes et les titres de compétences acquis hors du Québec et notamment s’ils ont été obtenus dans les pays dits en développement,

    ·         Ou encore si la reconnaissance de ces diplômes est réglementée par un ordre professionnel,

    ·         L’absence de la reconnaissance, par les employeurs, des expériences de travail acquises à l’étranger et le manque d’expérience de travail au canada, 

    ·         La pratique de recrutement des entreprises de bouche à l’oreille,

    ·         Comme la région d’origine semble le seul critère qui rend l’accès à un emploi qualifié plus difficile pour certains groupes, de nombreux chercheurs affirment qu’il existe une discrimination à l’égard des maghrébins. Le MICC émet aussi cette hypothèse.

    ·         Les chercheurs s’entendent également pour dire que les événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont induit le Québec dans un climat propice au renforcement de pratiques discriminatoires envers les Arabo-musulmans (Girard-Hurtbuise 2002 ; Helly2004 ; Vatz Lararoussi 2002).

     

     Voilà les conséquences :

    ·         Les immigrants maghrébins sont plus pauvres que tous les autres. En effet, afin d’évaluer la pauvreté Statistiques Canada privilégie les mesures statistiques de « seuil de faible revenu » et de « mesure de faible revenu » qui établissent le seuil en deçà duquel un ménage doit affecter à des besoins essentiels, comme se nourrir, se loger, se vêtir, une portion importante de ses revenus 20% ou plus et supérieur à la moyenne nationale (Giles 2004). En 2004, c’était le cas de 21,5% des immigrants récents, comparativement à 9.3% pour les canadiens nés au pays (Fleury 2007). Parmi ces immigrants récents, le groupe le plus à risque était celui des Arabes avec 34%, devant les Asiatiques 29.4% et les Noirs 19.9%. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

     

    ·         Comme il en ressort du rapport Bouchard-Taylor ; des ingénieurs ou des architectes devenus chauffeurs de taxi, des avocats commis, des juges terrassiers, des enseignants plongeurs ou livreurs. Ces personnes affirment s’en trouver très humiliés, gênés qu’ils soient dépendants de l’aide sociale, alors que leurs antécédents professionnels les avaient préparés à être des citoyens autonomes et responsables. Ce déclassement entraîne souvent des tensions, des ruptures familiales et des problèmes de santé psychologique.

     

    ·         Le Québec, perd « ses immigrants ». En effet, il y une proportion qui migre vers d’autres provinces (Ontario, Alberta, Colombie-Britannique) –comme le confirme une étude du groupe CIRANO selon laquelle « ces immigrants ont deux fois plus de mal à se trouver du travail au Québec que dans les autres provinces- une autre proportion, « écœurée » refait ses valises et rentre chez elle, ou encore d’autres familles se redirigent vers les Etats-Unis.

    Il est beau le rêve Américain! ….

     

    Personnellement ce qui me dérange c’est le silence qui rode autour de ce sujet, certes on peut lire rarement des articles de journaux par ci, par là. Mais on ne voit pas d’actions véritablement mises en application. Ni de la part du gouvernement, ni de la part des employeurs. La situation ne s’améliore pas, je pense même que les choses s’empirent, dans la mesure où : Même après avoir suivi des cours ici au Québec, souvent après avoir refait tout un cursus de cours entier, parfois même après s’être complètement réorienté- je connais des femmes qui étaient enseignantes chez elles se sont réorientées vers des études d’infirmières, des médecins devenus techniciens de laboratoires, et la liste est longue …mais qui sont toujours à la recherche d’emploi. Et quand ils s’en trouvent, ils sont sous-payés par rapport à leurs pairs.

    Des discours politiques dieu sait que j’en ai entendu depuis que je suis à Montréal, cependant, je n’ai pas entendu, ne serai-ce qu’une seule fois un responsable, un candidat, un membre de parti politique, évoquer les problèmes et surtout les solutions à poser pour améliorer la situation socio-économique des immigrants maghrébins du Québec.  «En 1981, le ministre Gérald Godin voulait faire passer la représentation des minorités dans l'appareil public de 1,9% à 9% pour l'année 1986. En ce moment, ce chiffre n'atteint que 3%» (Olivier Bourque, LAPRESSEAFFAIRES.COM).

    Nous sommes en 2010 ! 29 ans après on n’a pas réussi à atteindre le taux fixé, à mon avis ça veut dire beaucoup de choses…

    Je finirai mon article par une citation « I have a dream » du grand M. Martin Luther King, je rêve qu’un jour il y aura les mêmes chances d’emploi, de respect, de dignité, qu’on soit né Lapierre, Villeneuve…ou encore Mohamed, Samira, Chérif….! 



    [1] L’information n’est pas disponible pour les Tunisiens, Libyens et Mauritaniens

    [2] Tous les % sont tirés du site de Statistiques Canada

  • Le Chômage des Maghrébins Immigrants au Québec

    Le sujet que je veux aborder, et celui du chômage des Maghrébins immigrants au Québec. Pourquoi ce sujet ? Pourquoi pas. Certains diront « elle doit être immigrante et maghrébine » c’est absolument vrai. Cependant, ce n’est pas la seule raison. C’est aussi parce que je pensais avoir fuit l’hypocrisie politique de mon pays d’origine, mais je me rends compte que même dans les démocraties occidentales on n’est pas moins hypocrite.  Commençons par le commencement :

     

    Un petit rappel historique :

    Jusqu’aux années 1980, les immigrants qui arrivent au canada sont majoritairement d’origine européenne, dès le XIX siècles, certains immigrants viennent d’ailleurs, comme par exemple les Chinois, les Grecs et les Juifs. Jusqu’aux années 1960 les politiques d’immigration restreignaient la possibilité d’immigration au Canada aux personnes de race européenne exclusivement. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Ce n’est qu’en 1962 qu’on abolit la politique d’immigration fondée sur la race et l’introduction en 1967 de critères objectifs dans le processus de sélection des immigrants (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Quelques chiffres : 

    Statistiques Canada, au cours du recensement de 2006, avait compté 200 origines ethniques différentes. Les canadiens d’origine maghrébine notamment marocaine et algérienne, représentaient respectivement 0.49% et 0.34% de la population québécoise. Par ailleurs, 82.2% de marocains et 89.6% des algériens résident à Québec. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Toujours selon Statistiques Canada, on constate une augmentation relative des admissions (CSQ) au Québec de marocains et d’algériens[1] que je récapitule dans le tableau ci-dessous :

    Pays

    1969

    1989

    1999

    2008

    Maroc

    492

    1031

    1538

    3579

    Algérie

    158

    430

    2006

    3670

     

    De plus, en 2001 le Maroc se classait au 10e rang des principaux pays d’origine de l’immigration au Québec alors que l’Algérie occupait le 12e rang, selon le site du Ministère des Relations avec les Citoyens et de l’Immigration (MRCI). En 2008, ils occupaient respectivement le 3e et le 1e  rang (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

    Le recensement de 2001, effectué par Statistiques Canada, montrait que 97.6% des Marocains et 98.5%  des Algériens, qui résident au Québec parlent français. 60.5% de Marocains et 50.1% des Algériens affirmaient parler les deux langues officielles du pays. Toujours en 2001, 29.9% de Marocains et 50.1% d’Algériens âgés de 15 ans et plus détenaient un diplôme universitaire. Un taux beaucoup plus élevé que celui que l’on observe dans la population québécoise en générale, 14% ou même, dans la population immigrante dans son ensemble 21.8%.

    Malgré toutes ces données sur la connaissance de la langue et le niveau d’étude, le taux de chômage chez les Marocains est de 17.5% et il est de 27.2% chez les Algériens, en 2001. La moyenne de chômage dans la province du Québec est de 8.2% !

    Pour les Marocains et les Algériens établis au Québec depuis moins de cinq ans les taux respectifs sont de 33.6% et 35.4%[2].

    Sachant que, parmi les critères de sélection établis par le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles (MICC) figure en premier plan, le niveau d’étude et la connaissance de la langue française. En plus du nombre d’années d’expérience. Alors comment expliquer que les immigrants maghrébins au Québec éprouvent de grandes difficultés pour intégrer le marché de l’emploi québécois et pourquoi ils sont défavorisés par rapport aux immigrants en général ?

    Si les immigrants du Maghreb « ne font pas l’affaire du Québec » pourquoi alors le Canada et le Québec organisent-ils des activités promotionnelles à l’étranger dont l’objectif est d’attirer les personnes qui répondent aux critères recherchées pour migrer vers le Québec ? À travers, ces séances, à travers la documentation et les medias, on décrit le Canada et le Québec comme des sociétés dont le niveau de vie est élevé, où l’activité économique est prospère, qui sont respectueuses de leurs citoyens, et ouvertes à l’immigration, et qui valorisent la diversité culturelle et le dialogue multiculturel.

    Pour ces immigrants, une foi sur place la réalité est toute autre !     

    Les obstacles à l’embauche :

    ·         La méconnaissance de l’anglais ;

    ·         Les difficultés à faire reconnaitre les diplômes et les titres de compétences acquis hors du Québec et notamment s’ils ont été obtenus dans les pays dits en développement,

    ·         Ou encore si la reconnaissance de ces diplômes est réglementée par un ordre professionnel,

    ·         L’absence de la reconnaissance, par les employeurs, des expériences de travail acquises à l’étranger et le manque d’expérience de travail au canada, 

    ·         La pratique de recrutement des entreprises de bouche à l’oreille,

    ·         Comme la région d’origine semble le seul critère qui rend l’accès à un emploi qualifié plus difficile pour certains groupes, de nombreux chercheurs affirment qu’il existe une discrimination à l’égard des maghrébins. Le MICC émet aussi cette hypothèse.

    ·         Les chercheurs s’entendent également pour dire que les événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont induit le Québec dans un climat propice au renforcement de pratiques discriminatoires envers les Arabo-musulmans (Girard-Hurtbuise 2002 ; Helly2004 ; Vatz Lararoussi 2002).

     

      

    Voici les conséquences :

    ·         Les immigrants maghrébins sont plus pauvres que tous les autres. En effet, afin d’évaluer la pauvreté Statistiques Canada privilégie les mesures statistiques de « seuil de faible revenu » et de « mesure de faible revenu » qui établissent le seuil en deçà duquel un ménage doit affecter à des besoins essentiels, comme se nourrir, se loger, se vêtir, une portion importante de ses revenus 20% ou plus et supérieur à la moyenne nationale (Giles 2004). En 2004, c’était le cas de 21,5% des immigrants récents, comparativement à 9.3% pour les canadiens nés au pays (Fleury 2007). Parmi ces immigrants récents, le groupe le plus à risque était celui des Arabes avec 34%, devant les Asiatiques 29.4% et les Noirs 19.9%. (Choix, IRPP vol.15, n°3, mars 2009).

     

    ·         Comme il en ressort du rapport Bouchard-Taylor ; des ingénieurs ou des architectes devenus chauffeurs de taxi, des avocats commis, des juges terrassiers, des enseignants plongeurs ou livreurs. Ces personnes affirment s’en trouver très humiliés, gênés qu’ils soient dépendants de l’aide sociale, alors que leurs antécédents professionnels les avaient préparés à être des citoyens autonomes et responsables. Ce déclassement entraîne souvent des tensions, des ruptures familiales et des problèmes de santé psychologique.

     

    ·         Le Québec, perd « ses immigrants ». En effet, il y une proportion qui migre vers d’autres provinces (Ontario, Alberta, Colombie-Britannique) –comme le confirme une étude du groupe CIRANO selon laquelle « ces immigrants ont deux fois plus de mal à se trouver du travail au Québec que dans les autres provinces- une autre proportion, « écœurée » refait ses valises et rentre chez elle, ou encore d’autres familles se redirigent vers les Etats-Unis.

    Il est beau le rêve Américain! ….

     

    Personnellement ce qui me dérange c’est le silence qui rode autour de ce sujet, certes on peut lire rarement des articles de journaux par ci, par là. Mais on ne voit pas d’actions véritablement mises en application. Ni de la part du gouvernement, ni de la part des employeurs. La situation ne s’améliore pas, je pense même que les choses s’empirent, dans la mesure où : Même après avoir suivi des cours ici au Québec, souvent après avoir refait tout un cursus de cours entier, parfois même après s’être complètement réorienté- je connais des femmes qui étaient enseignantes chez elles se sont réorientées vers des études d’infirmières, des médecins devenus techniciens de laboratoires, et la liste est longue …mais qui sont toujours à la recherche d’emploi. Et quand ils s’en trouvent, ils sont sous-payés par rapport à leurs pairs.

    Des discours politiques dieu sait que j’en ai entendu depuis que je suis à Montréal, cependant, je n’ai pas entendu, ne serai-ce qu’une seule fois un responsable, un candidat, un membre de parti politique, évoquer les problèmes et surtout les solutions à poser pour améliorer la situation socio-économique des immigrants maghrébins du Québec.  «En 1981, le ministre Gérald Godin voulait faire passer la représentation des minorités dans l'appareil public de 1,9% à 9% pour l'année 1986. En ce moment, ce chiffre n'atteint que 3%» (Olivier Bourque, LAPRESSEAFFAIRES.COM).

    Nous sommes en 2010 ! 29 ans après on n’a pas réussi à atteindre le taux fixé, à mon avis ça veut dire beaucoup de choses…

    Je finirai mon article par une citation « I have a dream » du grand M. Martin Luther King, je rêve qu’un jour il y aura les mêmes chances d’emploi, de respect, de dignité, qu’on soit né Lapierre, Villeneuve…ou encore Mohamed, Samira, Chérif….! 

     

     

     



    [1] L’information n’est pas disponible pour les Tunisiens, Libyens et Mauritaniens

    [2] Tous les % sont tirés du site de Statistiques Canada

  • L’indépendance de la justice : mythe ou réalité ?

    Écrit par Mamadou FANE, groupe du lundi soir

    Il y a quelques jours, la nomination des juges défraie la chronique au Québec. En fait, en dépit de la mise en place d’une commission d’enquête sur le processus de nomination des juges au Québec, nous assistons à un tiraillement entre le Premier Ministre Jean Charest et son ancien ministre de la Justice Jean Marc Bellemare.

    En effet, Mr Bellemare reproche à Mr Charest d’intervenir directement dans la désignation des juges à nommer, tandis que le premier ministre croit pouvoir intervenir dans le processus en vertu d’un règlement en la matière.

    Dans tous les cas, ce spectacle importe peu pour moi car ma préoccupation est de savoir si cette ingérence du plus haut sommet de la hiérarchie dans le processus de nomination en question n’affecte pas la transparence et par ricochet l’indépendance des juges au Québec.

    Avant de donner mon opinion sur la question, il sied au préalable de connaître le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs. Selon ce principe, il existe trois pouvoirs à savoir : le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.  Cette division classique confère à chacun d’eux une mission particulière. Dans la même logique, ce principe prévoit que chaque pouvoir conserve son autonomie, son indépendance ; il ne doit pas y avoir interférence dans le domaine d’autrui. Par exemple, les juges ne doivent faire l’objet d’aucune pression ; de surcroît ils doivent pouvoir décider en toute indépendance quand ils sont saisis d’une affaire.

    Certes, la loi constitutionnelle du Québec prévoit cette identification classique des trois pouvoirs. Toutefois, est-ce que dans la pratique cette indépendance des juges est une réalité compte tenu des pratiques qui accompagnent la nomination de ces juges au Québec ?

    En réponse à cette question, je dirai qu’un juge ne sera jamais indépendant dans un pays où sa nomination fait intervenir le pouvoir exécutif jusqu’au haut sommet.

    Prenons l’exemple d’un juge qui a été nommé suivant recommandation du Premier Ministre. Si ce juge est saisit d’une affaire dans laquelle le Premier Ministre intervient pour une partie, celui-ci fera tout pour déclarer ce protégé du Premier Ministre gagnant de ce procès. Il le fera soit par devoir moral soit par crainte de perdre sa place. Ce faisant, on peut conclure que ce juge, en espèce, n’a pas jouit de son indépendance pour décider en son âme et conscience.

    Comme solution à ce problème, je propose que le choix des juges à nommer soit exclusivement reconnu  à la commission d’enquête sur le processus de nomination des juges. Toutefois, le ministre de la justice doit être membre de ladite commission. Ce qui sera un gage d’une magistrature indépendante et impartiale pour le Québec.

    Du reste, à l’état actuel des choses, l’interventionnisme du pouvoir exécutif dans le processus de nomination des juges au Québec ne signifie-t-il pas abus de pouvoir ?      

     

  • Oubliez les péages au pourtour de l’île, disposons-les autour du Plateau Mont-Royal !

    Derrière ce titre accrocheur, je n’ai pas la prétention de pouvoir discourir à fond de tous les tenants et aboutissants de cette ville qu’est devenue Montréal. Cette structure municipale complexe évolue au rythme de divers enjeux et tente de jouer son rôle de métropole. Mon intérêt se porte vers l’arrondissement du Plateau Mont-Royal qui fait la manchette régulièrement. Les uns sont en faveur et les autres décrient les bien-pensants de ce territoire les accusant de vouloir influencer l’ensemble des québécois jusqu’au fond de nos régions rurales. Disons-le tout de suite, je ne demeure pas sur le Plateau j’aime ma ville, du moins encore pour le moment… Je ne suis pas pour ou contre le Plateau, ce coin a ses particularités; mon maire à moi a des projets de poulaillers….

     

    Je souhaite regarder de plus près certains enjeux de l’administration publique à travers ce microcosme qu’est le Plateau, non pas pour son côté jet set mais pour les mesures qui y sont véhiculées et mises de l’avant. À tort ou à raison, on ne peut pas parler ici d’immobilisme… mais est-ce le meilleur pour cette ville qu’est Montréal, pour le citoyen ?

     

    Une mesure les parcomètres? Pour augmenter les revenus, pour favoriser la mobilité de la clientèle et par ricochet le commerce local ou pour décourager l’utilisation de la voiture et favoriser un meilleur environnement ?

     

    La formation Projet Montréal, actuellement à la tête du Plateau-Mont-Royal depuis 2009, a des idées novatrices en matière d’environnement et de développement durable et d’ailleurs, tout le discours sur les rues piétonnières (comme la rue Mont-Royal), les mesures d’apaisement de la circulation (comme l’exemple de changer le sens circulatoire sur l’axe nord-sud qu’est la rue Christophe-Colomb) et finalement la récupération de la gestion des parcomètres vont dans ce sens. Ce discours à la sauce environnementaliste plaît à plusieurs mais que ce cache-t-il vraiment derrière tout ça ?

     

    Je réagis à l’annonce effectuée le 11 octobre dernier par le chef de Projet Montréal, monsieur  Richard Bergeron, qui se réjouissait du transfert des responsabilités mais surtout des revenus de la gestion des parcomètres et du remorquage aux arrondissements montréalais. « Les arrondissements pourront enfin gérer la question, toujours problématique, du stationnement avec des solutions locales plutôt qu'avec les solutions mur à mur habituelles. Depuis des années, les revenus des arrondissements stagnent, mais à partir de maintenant, ils auront le choix, ou non, de les augmenter sans devoir passer par une taxe spéciale ».  Cette mesure décentralisatrice, qui devrait entrer en vigueur au premier janvier 2011, est d’ailleurs une initiative de monsieur Luc Fernandez, maire de l’arrondissement.

    Monsieur Pierre Gagnier, maire de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville et également de la formation Projet Montréal en rajoute en spécifiant que suite à l’élection de 2009, deux des arrondissements les plus endettés à Montréal étaient Ahuntsic-Cartierville et le Plateau-Mont-Royal.  Ahuntsic-Cartierville a remboursé ses dettes et a réussi à faire un surplus en 2009. Le Plateau-Mont-Royal est sur le point d'y arriver également.

     Une réelle source de financement pour les arrondissements ?

     

    A première vue, on serait tenté de répondre positivement. En 2009, les revenus des parcomètres ont rapporté 50,8 millions à Stationnement de Montréal, qui en a reversé 42,5 millions à la Ville (sous forme de taxes, loyers, permis, intérêts sur la débenture, compensation et redevances). Celle-ci en a redonné une partie aux arrondissements à l'intérieur de ce qu'on appelle leur «montant d'équilibre», qui correspond grosso modo à leur dotation. Toujours pour bien saisir l’ordre de grandeur, à la fin du mois de septembre, 572 parcomètres sur 16 000 étaient non utilisables en raison des nombreux chantiers et autres événements qui bloquent les rues, privant ainsi la Ville de Montréal d’un revenu quotidien de plus de 15 000 $. On évalue qu’un parcomètre procure un revenu moyen journalier de 36 $.

     

    Or, selon la lettre envoyée à toutes les directions d'arrondissement le 30 septembre dernier, ces nouveaux revenus seraient simplement déduits de la dotation que les arrondissements reçoivent de l'administration centrale. De surcroît, les neuf arrondissements de l'ex-ville obtiendront le pouvoir de fixer les tarifs de tous les parcomètres ce qui était déjà pratique courante au sein des ex-banlieues.

     

    La chef de l'opposition officielle, Louise Harel, a fait valoir qu'il ne s'agit pas d'un «problème de décentralisation, mais de dotation». «Les arrondissements, surtout de l'ancienne ville, sont sous budgétés pour les services qu'ils ont à rendre à leurs citoyens, à leurs visiteurs et ceux qui y transitent», a-t-elle fait valoir. Les arrondissements n'ont qu'à revoir les zones réservées aux résidants qui détiennent une vignette s'ils souhaitent leur faire plus de places, a poursuivi la chef de Vision Montréal.

     

    Je considère personnellement que cette mesure décentralisée n’est pas favorable aux citoyens. Les arrondissements porteront l’odieux de cette hausse de tarif presqu’inévitable et ces tarifs vont être susceptibles de fluctuer d'une intersection à une autre, sur la même artère tout comme l’amende de remorquage qui pourra varier selon l'arrondissement où notre voiture aura été saisie. Cela rappelle de douloureux souvenirs sur les mesures disparates des règles de déneigement sur les grandes artères chevauchant plus d’un arrondissement… Ça me donne le goût de chanter comme Charlebois : «Demain l’hiver, je m’en fous, je m’en vais dans le sud au soleil, me baigner dans la mer et je penserai à vous en plantant mes orteils dans le sable doux».

     

    Un des faits inusité de notre administration municipale est la composition du comité exécutif où des représentants des différents partis s’y retrouvent. Or, bien que la correspondance fût réellement acheminée aux directions des arrondissements, les représentants d’Union Montréal sont en furie puisque c’est le représentant de Projet Montréal qui en a fait l’annonce. Sa nomination à titre de responsable de l’urbanisme en avait déjà fait grincer plus d’un, certains membres du caucus du maire Tremblay fulminent devant les sorties publiques de monsieur Bergeron. Un autre prix à payer pour sauvegarder cette ville à tout prix et conserver la confiance d’un maximum de citoyens : faire une croix sur la solidarité du parti au sein même de l’exécutif !  Nous saurons toute la vérité sur la mise en place de cette mesure prochainement. Le maire parle de coupures nécessaires à la hauteur de 250 M$ et les arrondissements doivent présenter leur budget à partir du 20 octobre.

     

    L’histoire ne parle pas de l’impact sur les opérations et l’alourdissement des structures. Je ne peux la prédire mais sachez que la société en commandite Stationnement de Montréal (Stationnement de Montréal) est une filiale de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et existe depuis 1995. Sa mission est d’assurer la gestion optimale du stationnement public  tarifé, sur rue et hors rue, afin de favoriser le développement de l’activité économique de la Ville. De par sa nature même, Stationnement de Montréal n’a pas de conseil d’administration. Accesum inc., son commandité, agit en son nom. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain, quant à elle, est le commanditaire d’Accesum inc. Stationnement de Montréal emploie 90 personnes dont 79 employés de la Ville de Montréal.

     

    Des frais de stationnement bons pour l’environnement mais aussi pour notre jeunesse 


    Automobilistes, soyez heureux d’apprendre que Stationnement de Montréal collabore à la lutte contre le décrochage scolaire en versant chaque année une part de ses bénéfices (0,6 million de dollars pour 2009) au Fonds Ville-Marie, promoteur du projet Classe Affaires qui offre aux élèves de troisième et quatrième secondaire des opportunités de stages liés au monde du travail. De plus, Stationnement de Montréal a choisi d’accorder le mandat d’entretien des vélos en libre-service à une entreprise d’économie sociale qui emploie des jeunes en insertion sur le marché du travail. L’entreprise est mise sur pied par le regroupement des Corporations de développement économique communautaire (CDEC).


    En terminant, le citoyen peut participer au budget du Plateau-Mont-Royal

    Cet arrondissement est la première instance publique au Québec à avoir instauré la notion de budget participatif. Inspiré de Porto Alegre au Brésil, le modèle «plateauidien» a été initié en 2006 et a évolué depuis. Les résidents proposent et priorisent les actions à mener dans le cadre du budget d’investissement que représente le programme triennal d’immobilisations (PTI) de l’arrondissement. Les élus adoptent, par la suite, les projets à réaliser dans l’année qui vient. Une réflexion est en cours pour voir comment le citoyen peut ensuite être impliqué dans la mise en œuvre et l’évaluation de celle-ci. Cette participation citoyenne se veut un moyen efficace de légitimer les décisions publiques et en augmenter la qualité pour le bien collectif, selon le directeur du centre d’écologie urbaine de Montréal, monsieur Luc Rabouin.

     

    En conclusion

     

    Je suggérerais fortement aux gens de la banlieue de penser à faire d’autres choix que la voiture en terme de transport; peut-être qu’un volume vraiment haussé aura, une fois pour toute, un effet levier sur les mesures de transport collectif ? N’oubliez pas de surveiller l’annonce du Plan de stationnement des élus du Plateau-Mont-Royal qu'ils feront connaître d'ici la fin novembre. Quant à la Ville de Montréal, je demeure persuadé qu’une vision globale est nécessaire, peut-on souhaiter un modèle mixte de centralisation et décentralisation établit dans une perspective globale de développement ?

     

    JoBlo ENAP-7505

    Références :

     

    Les parcomètres :

    http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/October2010/11/c9619.html

     

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201010/09/01-4331133-parcometres-et-remorquage-vers-une-decentralisation-en-2011.php

     

    http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2010/09/20100928-183258.html

     

    http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/10/20101012-211401.html

     

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201010/11/01-4331545-parcometres-et-remorquage-le-plateau-compte-augmenter-ses-revenus.php

     

    Stationnement de Montréal

    http://www.statdemtl.qc.ca

     

    Budget participatif :

    http://www.ecologieurbaine.net/videos

     

    http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=98,17890181&_dad=portal&_schema=PORTAL

  • L'administration Tremblay-Roquet, trois semaines pour trouver 125 M$

    L’année budgétaire de la Ville de Montréal tire à sa fin, mais des fonds supplémentaires seront nécessaires pour boucler l’exercice en cours.  La Ville demande à son Directeur général Louis Roquet, de trouver 125 M$ d’ici trois semaines.  En effet, les sommes nécessaires doivent être dégagées par processus administratif, à même les différents postes de dépenses.  C’est-à-dire, que les argents viendront des différents postes budgétaires de la Ville et des organismes ou programmes liés à la Ville, par compression des dépenses d’ici la fin de l’année.

    L’administration Tremblay avait différentes possibilités pour combler le manque d’argent nécessaire: augmenter ses revenus, emprunter ou encore diminuer ses dépenses.  Les revenus municipaux sont majoritairement comblés par la perception des taxes.  Le maire hésite à augmenter drastiquement le fardeau fiscal des Montréalais. Au contraire, il annonce une augmentation de taxes de 2.5 % pour 2011, ce qui représente environ le taux d’inflation. Le maire pense déjà aux élections bien sûr, mais surtout, Montréal doit demeurer compétitive face à la banlieue.  Les taxes sont déjà plus élevées à Montréal qu’en périphérie, le maire doit demeurer stratégique afin de conserver les contribuables en ville.  L’emprunt pourrait le sortir de l’impasse. Cependant, reporter aux prochaines générations une partie du fardeau fiscal alors que les bénéfices procurés par l’emprunt seront depuis longtemps oubliés, n’est pas une bonne pratique de gestion.  Selon l’expression populaire, c’est emprunter pour payer l’épicerie.  La meilleure solution semble bien être de tenter encore une fois, de diminuer les dépenses de l’appareil municipal.

    Déjà au printemps dernier, les trois partis représentés au conseil municipal avaient accepté de réunir leurs efforts afin de trouver les 400 M$ manquants pour équilibrer le budget 2011.  Subséquemment le comité exécutif a réussi à couper 170 M$ du budget en cours.  Les 230 M$ manquants pourraient être trouvés par une compression des dépenses d’environ 125 M$ en 2010 et du même montant en 2011.  Il ne faut pas oublier cependant que l’administration municipale a vécu une grande révision administrative entre 2006 et 2009, la RASOP, Revue des activités, services, opérations et programmes, qui lui avait permis d’économiser 300 M$ par année.  Ces économies avaient été réalisées en grande partie par l’élimination de postes, on parle d’environ 1 000 emplois.  Les services municipaux et paramunicipaux se souviennent de cette restructuration toute fraîche à leur mémoire.  Des postes de cadre et des postes cols blancs ont fait les frais de la réorganisation, bien que les tâches n’aient pas été modifiées pour autant.  Une nouvelle diminution des ressources seraient de toute évidence prématurée.

    L’administration municipale suggère des pistes de coupures : des emplois cadre cette fois-ci encore, mais suivant les départs à la retraite, qui représentent 3 % des effectifs chaque année et environ 25 M$.  Modifier les programmes en cours, rapatrier les paramunicipales, c’est-à-dire incorporer leurs missions et les actions qui en découlent à même les services municipaux, regrouper des fonctions ou des équipements de plusieurs arrondissements pour une mise en commun plus économique, sont des voies qui seront explorées.  Y a-t-il moyen de faire les choses différemment et d’épargner ce faisant ?  Cette question revient régulièrement et fait partie d’un rituel de remise en question des façons de faire des administrations publiques, qu’elles soient municipales, nationales ou provinciales ou encore fédérales.  Ces questionnements périodiques, bien qu’ils soient contraignants, permettent une optimisation des revenus et des ressources publiques se traduisant sans aucun doute en de meilleurs services.  Encore faut-il que les coûts monétaires ne soient pas les seuls paramètres à être mesurés.

    Mais pourquoi l’administration Tremblay vit-elle un manque de moyens financiers en cours d’exercice annuel ?  Le manque provient-il d’un mauvais suivi des dépenses d’un budget qui était par ailleurs équilibré en début d’année ?   La diminution des dépenses 2010 ne sert-elle qu’à équilibrer le budget 2011 ?  Paul Marie Gaudemet et Joël Molinier dans le texte Finances publiques Budget / Trésor démontraient que les dépenses publiques sont en croissance continue.  La constance de l’événement a permis l’élaboration de la loi de Wagner sur la croissance continue des dépenses publiques ou encore l’extension croissante des besoins financiers.  Cette croissance peut avoir des causes sociologiques, les collectivités publiques étant des collectivités vivantes ont tendance naturellement à accroître leurs activités et donc leurs dépenses; des causes historiques bien sûr quand on pense aux dépenses occasionnées par la dette publique, ou encore des causes politiques, par exemple le coût à payer pour l’état providence.  Les progrès techniques et le remplacement continuel des équipements, les charges occasionnées par la distribution du revenu à travers le filtre du budget ou encore l’intervention du public dans certains secteurs stratégiques où le manque de rentabilité éloigne les entreprises privées sont d’autres facteurs de l’accroissement continu des dépenses publiques.  À l’évidence, la loi de Wagner s’applique à tous les niveaux de l’administration publique, l’administration municipale y compris.

    Qu’en est-il de la signature de la nouvelle convention des Cols bleus ?  L’augmentation négociée des salaires représente sûrement la majeure partie des sommes impliquées dans le règlement de la convention.  Des augmentations rétroactives de 0 % pour 2007 et de 2 % par année pour 2008, 2009, 2010 et 2011, ne sont pas exagérées je pense, ni surprenantes.  Les provisions budgétaires à cet effet étaient sûrement déjà établies.  D’autre part, la partie syndicale revendique la pose des compteurs d’eau et la diminution en général des contrats donnés en sous-traitance quand la planification des travaux est possible.  Messieurs Michel Parent, le président du syndicat des cols bleus regroupés de Montréal et Marc Ranger, négociateur syndical, soutiennent que la sous-traitance coûte 30 % plus cher que la réalisation des travaux en régie interne.  Ils avancent également qu’un contrat externe en ce qui concerne les compteurs d’eau augmenterait la facture de 34 M$.  Ces chiffres n’ont pas été vérifiés ni commentés par la partie patronale mais, selon de récentes déclarations concernant les avantages que certaines entreprises obtiennent par les contrats municipaux, il se peut fort bien que la façon économique de faire soit  la réalisation des travaux en régie interne.  La reconnaissance de l’emploi qui en découle et l’augmentation du niveau de fierté des cols bleus face à leur situation n’est pas de notre propos ici, sans être à dédaigner cependant.

    Il est difficile de savoir exactement à quoi serviront les 125 M$ recherchés.  Mais que ce soit en prévision d’équilibrer le budget 2011 ou qu’elle soit dû à l’augmentation continuelle des dépenses publiques ou encore en partie à la suite de la signature de la convention des cols bleus, la demande de rapatriement de 125 M$ a été placée auprès du directeur général de la Ville.   Le maire lui a donné trois semaines pour rencontrer les différents services et répondre avec eux à sa demande.  Les administrateurs publics devront réviser leur planification et leur fonctionnement afin de tâcher de dégager les montants nécessaires.  Ces demandes de coupures périodiques modifient régulièrement les prévisions des administrateurs.  Ces derniers doivent faire preuve d’ouverture d’esprit et d’une grande flexibilité afin de se conformer aux demandes de coupure de fonds sans mettre en péril le mandat qui leur a été confié, l’atteinte des résultats attendus.

    Danielle Deland

    ENP-7505, lundi soir

  • La formation: une dépense ou un investissement?

      

    Comment aborder ce sujet sans tomber dans le démagogique, les excès ou les exceptions? Grâce à ce texte, je veux dénoncer certains impacts des coupures de budget dans la fonction publique et plus spécifiquement dans le réseau de la santé et des services sociaux. Malgré que le Québec (et le Canada) se soit assez bien sortis de la dernière crise financière, le marasme économique dans lequel nous sommes plongés a amené les différents paliers de gouvernement à réduire leurs dépenses et à couper dans plusieurs programmes.

     

    Pour le réseau de la santé et des services sociaux, les coupures budgétaires qu'a effectué le Gouvernement Charest ont remis en cause plusieurs programme ainsi que différentes pratiques. Au niveau local, se sont les budgets de formation des employés qui ont largement écopés des dernières compressions, et ce, afin de ne pas porter atteinte au panier de services et aux soins aux patients (qui sont notre raison d'être!). Dans mon milieu de travail, tout ce qui s'appelle « formation » a été soit amputé, soit remis en question ou tout simplement aboli. De plus, le nombre de participants a été diminué et les frais remboursables pour participer à ces formations ont été systématiquement coupés. Par exemple, pour assister à des colloques, congrès ou formation qui ne sont pas donnés sur les lieux de travail par l'employeur, les employés doivent y participer pendant leur jour de congé, l'inscription à l'événement (après approbation) est défrayée par l'employeur mais le déplacement, les repas, l'hébergement, etc. sont aux frais de l'employé. Il va s'en dire que ces mesures compromettent la participation et l'intérêt des employés pour s'investir dans leur carrière et leur profession. Cette situation me préoccupe beaucoup car je juge que ces formations (que cela soit des colloques, des congrès ou simplement des mises à jour) sont des outils nécessaires qui doivent être maintenus afin d'assurer une prestation de soins de qualités et sécuritaires.  Dans les milieux spécialisés tel que mes secteurs d'activités (bloc opératoire, salle de réveil, chirurgie d'un jour et clinique de préadmission), ces formations sont salvatrices de la pérennité du niveau de connaissance et de la transmission de l'expertise clinique. Un arrêt total de ces formations serait dévastateur pour les services rendus à la population ainsi que la sécurité des soins, et ce, à plus ou moins longs termes. Comme vous pouvez le constater, je suis fondamentalement en faveur des formations, que cela soit pour bonifier l'expertise, faciliter l'adaptation à un changement ou tout simplement pour assurer le maintien des connaissances. Je le répète: cela permet de préserver le maintien de la qualité des soins rendus à la clientèle et d'approfondir les compétences des employés. En plus de ces facteurs non-négligeables, elles donnent un sentiment de ressourcement, un nouveau souffle aux employés et un goût de se réinvestir dans leur profession et leur travail. De plus, je suis certain qu'elles aident à la rétention et qu'elles sont des éléments d'attraction pour le personnel.

     

    Je suis dans le réseau de la santé et des services sociaux depuis 20 ans et j'ai participé à quelques colloques et congrès (localement et à l'étranger). Ces colloques m'ont permis de me ressourcer, de trouver d'autres avenues pour améliorer ma pratique, de comprendre les nouvelles tendances dans les pratiques cliniques et de potentialiser mon désir de réalisation et du même coup donner du "rayonnement" à mon établissement. Cette stimulation, ce désir de me réinvestir dans ma carrière m'a donné le "guts" de présenter les résultats d'une étude interne concernant l'implantation d'une nouvelle approche chirurgicale lors d'un congrès d'infirmiers et d'infirmières en salle d'opération. Cette expérience m'a permis d'ouvrir mon éventail de connaissances et a aussi initié un désir de retour aux études afin de faire avancer ma profession et d'évoluer professionnellement. Je ne serais certainement pas où je suis aujourd'hui si ce n'était de ces formations et de ces conférences.

     

    L'impact qu'on eut ces formations sur mon avenir professionnel est indéniable. Voilà pourquoi je suis touché par ces coupures, que je trouve compromettante pour l'avenir des soins de santé. Je pense que si cela a fonctionné pour moi, cela devrait avoir le même effet sur certains autres participants. Depuis que je pratique comme gestionnaire, plusieurs de mes employés sont revenus de formation en me disant qu'ils ont le goût de s'impliquer et de faire partie du changement. Ils sont stimulés et ils ont retrouvé le goût de s'investir dans l'avenir de leur carrière. Certains retournent aux études afin de parfaire leurs connaissances, d'autres initient des projets alors que d'autres s'investissent dans leurs tâches actuelles et deviennent des agents de changements. En fait, cela dynamise les équipes de travail et nous aide comme gestionnaire à faciliter l'adoption du changement. Nous sommes dans une ère de changement perpétuel auxquels nous devons faire face quotidiennement et auxquels les équipes de travail doivent impérativement s'adapter afin de progresser et de faire progresser les pratiques organisationnelles.

     

    Malgré tous les bienfaits et les services qu'elle rend, la fonction publique est continuellement lapidée et battue sur la place publique. Il est vrai que, depuis toujours, les gestionnaires et les employés de la fonction publique sont perçus comme des gens choyés par les avantages sociaux, les "bons salaires" et la sécurité d'emploi et qu'ils ne travaillent pas fort! Je crois que la récurence d'articles ou d'enquêtes sur les dépenses publiques contribuent à maintenir cet état de mal-aimé. Ces articles révèlent que pendant que le Gouvernement demande aux consommateurs de se serrer la ceinture, il procède à des dépenses jugées douteuses, inutiles ou partisanes. Ils font rarement ressortir les "bons coups" mais plutôt les "abus" tels que les formations bidons (sur le rire) à la SAAQ ou pour des cadres du réseau de la santé, etc. La polémique créée par ces cas d'exceptions a indéniablement compromis la crédibilité et la pertinence des formations en général et même au sein de la fonction publique elle-même. Oui, les formations coûtent chers à l'État, mais je juge que les retombées sont des plus bénéfiques pour tous, que cela soit en durée de séjour hospitalier, en amélioration de la qualité des soins et même au développement de nouvelles avancées technologiques. En ces temps difficiles, tous les yeux sont tournés vers les dépenses publiques...il est de plus en plus difficile d'être novateur, de vouloir se démarquer...d'oser! Je crois donc, que pour évoluer et s'en sortir, il faut des individus bien outillés et formés pour faire face aux défis de l'avenir.

     

    Donc, la FORMATION; est-ce une dépense ou un investissement?

     

    Éric Tétreault

    ENP-7328

    ÉNAP Montréal