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  • Les groupes de pression et les médias: des régulateurs essentiels pour la bonne santé de notre démocratie

    Les groupes de pression et les médias: des régulateurs essentiels pour la bonne santé de notre démocratie

     

    Pour le Petit Robert (édition de 1993), la démocratie c’est la "doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens". Or lorsque l’on s’attarde au taux de participation dans les principales voies où le citoyen a l’occasion de faire valoir son choix, il y a lieu de s’inquiéter. En effet lors des dernières élections provinciales le taux de participation n’a pas atteint 60%, tandis qu’aux dernières élections municipales le taux était d’environ 40%. On pourrait en déduire que les gens ne se sentent pas concernés, ça semble trop loin d’eux. Pourtant dans des instances de proximité comme dans les écoles ou dans les CSSS où les citoyens ont la possibilité d’avoir une prise sur des décisions qui les touchent directement, on devrait s’attendre à un engouement spontané. Dans le premier cas, les directions d’école doivent faire des campagnes de séduction et usé d’imagination afin de mobiliser les parents à se présenter lors de l’élection du conseil d’établissement, quant au deuxième cas, combien de gens au sein de la population savent  qu’ils ont la possibilité de siéger au conseil d’administration en tant que représentant des usagers? Avec ces données en toile de fond on peut se réjouir que des groupes de citoyens avec des intérêts divers se fassent valoir en fonction de leurs moyens et que certains médias nous tienne en alerte en dévoilant au grand jour de irrégularités dans l’application de certaines règles ou en questionnant des façons d’appliquer les lois.

     

    On peut être en accord ou non avec les groupes qui font connaître sur la place publique leurs revendications, doléances ou réclamation ou tout simplement leur désaccord. Cette démarche à l’avantage de faire connaître à l’ensemble des citoyens une situation méconnue qui pourra avoir l’effet d’un nombre grandissant de sympathisants et éventuellement d’adhérents à leur cause. Évidemment il n’y a pas que la place publique, certains groupes feront cheminer leurs demandes par des moyens beaucoup plus discret en échange de quoi ils pourront, par exemple, récompenser généreusement ceux et celles qui les auront appuyé dans leurs demandes. Tandis que certains autres groupes ont un rapport de force non négligeable qui donne l’obligation au gouvernement d’avoir une oreille plus qu’attentive à leurs requêtes. En ce qui a trait aux médias, ils peuvent, par moments, jouer un rôle de pourfendeur quant au rôle du gouvernement et à sa façon d’appliquer ou non les lois ce qui est d’un apport essentiel au maintien d’un quotient intellectuel minimum en regard aux grands enjeux qui nous concerne en tant que citoyen.

     

     

    Au lendemain du budget du ministre Bachand, ce sont plus de 10 000 personnes, mobilisés par la coalition anti-pauvreté, qui sont descendus dans les rues de Montréal pour faire connaître leur mécontentement face au budget présenté par le ministre des finances. Cette coalition regroupant des groupes communautaires, des syndicats, et des citoyens, récemment formée, afin de dénoncer la consultation « bidon » du ministre Hamad pour la mise sur pied d’un plan de lutte à la pauvreté. Les membres de cette coalition ont donc profité de la sortie du budget provincial pour taper une fois de plus sur le clou d’un accès universel aux services publics en plus d’inviter le gouvernement à revoir son intention de vouloir hausser les tarifs tout en compressant dans certains secteurs où les plus démunis sont déjà à bout de souffle. Cette sortie, avec sa médiatisation aura certainement donné des arguments supplémentaires à un bon nombre de citoyens d’être en colère contre le ministre Bachand et son budget. Quant au gouvernement, il ne pourra pas rester insensible aux revendications de ces milliers de personnes.

     

    Si on se tourne vers le ministère de l’éducation, il y a un groupe, qui lui, a usé d’une autre méthodologie afin de faire valoir ses intérêts. En effet en février dernier la ministre Courchesne proposait un règlement qui modifierait de façon importante le régime pédagogique, principalement en abolissant l’interdiction d’enseigner les samedis et dimanches. Interrogée sur l’intérêt d’une telle modification, la ministre a d’abord défendu bec et ongle qu’il s’agissait de doter les écoles d’un moyen supplémentaire en faveur de la persévérance scolaire grâce à des projets qui pourraient se faire avec les élèves ces jours où ils sont normalement en congé. Par la suite grâce aux médias, nous apprenions que des échanges avaient eu lieu entre la ministre et des représentants de la communauté juive, plusieurs mois auparavant, pour étudier les arrangements possibles afin que certaines écoles de leur communauté se conforment aux exigences du programme pédagogique du ministère tout en continuant de faire l’enseignement de la religion. De là découlait l’intérêt de pouvoir enseigner les samedis et dimanches. Cette révélation faite a mis le feu aux poudres et a mobilisé, entre autre, la signature d’une pétition par plus de 25 000 enseignants qui s’opposent catégoriquement à l’entrée en vigueur de ce nouveau règlement. La partie n’est pas terminée car des intérêts contradictoires sont en jeu : celui des écoles juives et celui des enseignants qui donne l’heure juste sur l’opinion d’une part importante de la population face à cette situation. Quant à la ministre de qui peut-elle se passer dans ce dossier de l’opinion défavorable de milliers de Québécois ou de l’appui financier non négligeable à son parti par la communauté juive?

     

    Évidemment quand un groupe décide de passer par l’espace public pour faire connaître sa réalité et ou ses revendications les résultats dans l’adhésion à son idéologie et éventuellement la prise de position en sa faveur dépendront des moyens disponibles. Ici nous pensons à la Fédération des médecins spécialistes qui à coût de millions se paient de la publicité afin de proposer des solutions au grand public afin que le gouvernement retrouve l’équilibre budgétaire et par la bande réponde favorablement aux demandes des médecins spécialistes. Des moyens financiers d’une telle ampleur donne non seulement une visibilité mais permet également de se payer les services des meilleurs spécialistes en communication afin de vendre sa salade. Le nombre de membres ou adhérents à une cause peut devenir un moyen non négligeable à défaut d’avoir les moyens financiers. Pour illustrer cette dernière affirmation nous n’avons qu’à penser aux négociations dans le secteur public entre le gouvernement et le Front commun, réunissant plusieurs centrales syndicales et représentants près d’un demi-million de membres. En effet leurs 75 000 membres qui sont descendus dans les rues le 20 mars dernier pour faire connaître leur intention de ne pas se laisser faire dans les négociations actuelles et de manifester leur inquiétude quant à la qualité des services publics ne peuvent passés inaperçus. Le Front commun fait le poids grâce au nombre de ses membres et le gouvernement ne peut se permettre de balayer du revers de la main ses demandes car le coût politique serait non négligeable.

     

     

    Du côté des médias, leur apport permet de mettre au grand jour des irrégularités quant à l’application de certaines lois ou de susciter certaines questions par rapport à d’éventuels dérapages administratifs. La sortie médiatique des nombreux scandales dans l’industrie de la construction, au cours des derniers mois, a permis de mettre en lumière des façons de procéder par les administrations municipales et provinciales loin d’êtres conformes aux règles en vigueur et ne seront pas sans laisser de trace dans la mémoire collective en plus de raviver l’intérêt des citoyens pour les affaires publiques. Aussi lorsqu’un journaliste s’interroge sur les mécanismes de vérification du gouvernement fédéral pour 75% de ses contribuables qui font leur rapport d’impôt par Internet sans aucune preuve de factures ou reçus, par exemple,  il arrive à semer le doute chez les citoyens et le incite le gouvernement à rester alerte.

     

    Cette démonstration permet de mieux étayer le fait que ces jeux de pression, de part et d’autre existent, qu’ils prennent des formes diverses et répondent à un éventail d’intérêts souvent contradictoire les uns par rapport aux autres mais surtout qu’ils sont essentiels à la santé de notre démocratie.

     

    I. Francoeur

     

     

  • Les groupes de pression et l'influence sur l'Administration publique

    Après beaucoup d'hésitation, je me décide, enfin,à me joindre au célèbre «blogue» du prof Trudel.

    Je trouve ce moyen de communication  trop loin de moi, je préfère la discussion entre les individus  plutôt que des mots qui ne sont censurées que par le bon vouloir de chacun. Enfin,  puisque je  me suis décidée... je me lance dans l'arène ou l'on ne perçoit de l'autre que  ses mots virtuels...

    Dernièrement, j'ai assisté à une manifestation qui avait pour but de défendre le droit des travailleurs. J'ai participé de bonne foi croyant faire partie de la population active qui revendiquait, sinon pour la veuve ou l'orphelin, du moins pour le commun des mortels que sont les collègues de travail. La semaine suivante, au retour de la Manif, j'ai constaté qu’une bonne partie des  gens pour lesquels nous étions  descendus dans la rue ne se sentaient pas concerner par les conditions de travail revendiquées et plus encore ne voyaient pas ce en quoi cela les touchaient...

    La démocratie repose sur le droit d'exercer ses recours en toute liberté d'action; elle permet de mettre de l'avant ses droits, ses croyances et  ses valeurs... des individus  ont mené des combats, des luttes  afin que chacun puisse exercer ses droits et force nous est de constater que la population concernée ne se prévaux même pas de cet opportunité de crier haut et fort son désaccord!

    Certains voient dans les groupes de pression une manière de revendiquer qui n'est pas la leur... mais alors comment font-ils pour faire connaître leurs droits? «Jean Mercier dans son livre sur l'Administration publique« reconnaît l'influence qu'ils peuvent exercer sur le fonctionnement de l'appareil administratif» et même qu'ils peuvent  amener une vision différente de la situation. Alors qu'en est-il de ces moyens de pression quand la population renonce à ce droit? Cette dernière croit qu'elle n'a pas besoin de revendiquer puisque de toute manière cela ne changera pas grand chose. Si Nelson Mandela, le Dalaï Lama partageaient cette pensée qu'adviendraient-elles ces populations qui   doivent se battre pour leur survie si de tels hommes n'avaient pris sur eux la mission de défendre les droits de ces minorités.

    Il est vrai que les groupes de pression ont une classification différente selon les revendications : «certains groupes vont revendiquer la conquête d’avantages matériels pour leurs adhérents ou la protection de situations acquises, tendant ainsi à accroître le bien-être de la catégorie représentée (organisations professionnelles). Les autres trouvent leur raison d’être dans la défense, d’esprit désintéressé, des positions spirituelles ou morales…(regroupement à vocation idéologique)».

    Les membres participants de l’une ou l’autre des catégories se distinguent de par leur idéologie de même que le but à atteindre. Par contre, si on regarde les éléments de base qui servent comme  point convergence  nous voyons que «le nombre est un facteur dont les hommes politiques doivent tenir compte puisqu’ils sont tenus de solliciter périodiquement la confiance des électeurs» d’où l’importance d’être présents lors des rassemblements… c’est parmi les facteurs les plus significatifs d’une Manif car il permet de dire et de revendiquer au nom de la collectivité.

    L’autre point est« la qualité de l’adhésion» qui implique que le membre doit comprendre les raisons de la revendication et faire le choix de protester … c’est ce qui, la plupart du temps, semble faire défaut dans certains milieux; on croirait que tous les combats ont été livrés et que les autres gestes à poser semblent dénués de sens. Il est vrai que certaine personnes se sont données comme mission d’être de tous les combats ce qui à mon sens peut nuire à une cause : le seul vrai point de ralliement est d’amener la population à comprendre les motifs et à les engager sur la voie de la revendication… non pas pour dire j’aime ou pas ce qui se passe mais plutôt pour contrer les arguments souvent fallacieux qui sont présentés et découvrir dans son ampleur les tenants et aboutissants du projet . Nous pourrions discourir longtemps sur le sujet mais je vais revenir à mon propos qui est:

    De quelle manière la population influence« la vie» de l'Administration publique. En exerçant son droit de vote tous les quatre ans, lorsqu'on voit le taux de participation nous ne pouvons dire que cela est une réussite, puisque nous sommes gouvernés par un gouvernement majoritaire qui a été élu par une minorité de la population.

    Le gouvernement prend, parfois, des décisions qui vont à l’encontre de l'opinion général. La  population n’arrête pas de récriminer et de se sentir «oppressé» mais ce n’est pas cela qui la fera sortir de chez elle et prendre le haut du pavé pour dénoncer haut et fort la dénégation  de ses droits. Elle continuera sa petite routine tout en croyant, à tort, qu’elle ne sera pas entendue si elle communique ses insatisfactions. Pourtant en tant que citoyens nous avons notre mot à dire dans la gestion de cet État  dont nous sommes partie prenantes.

    Nous avons le pouvoir de choisir nos dirigeants politiques et d’élire nos députés qui vont nous représenter à la Chambre ou à l’Assemblée Nationale.  Le gouvernement a des instances (Cabinet des ministres, le caucus,etc) qui lui permet d’évaluer ses politiques et ses programmes, de  la même manière que nos dirigeants politiques le font en organisant des forums. Lors de ces assemblées les membres font des recommandations très précises quant à l’orientation des politiques gouvernementales ainsi que leur appréciation  du comportement du gouvernement. Nous  avons, aussi,  les médias qui se chargent de transmettre de par et d’autre (citoyens vs gouvernement)  les avis de chacun et de commenter les aléas de la vie politique, selon leur propre vision, mais tout de même en tentant de respecter une certaine neutralité voir objectivité.

    Alors pourquoi est ce seulement une minorité qui s’implique dans les débats  de l'Administration publique ?  Sommes-nous à ce point lassés de notre avenir au point de laisser les autres choisir pour nous… notre implication dans la société  se borne-t-elle à toujours voir la paille dans l’œil du voisin…A vous de voir!

     

    Comtesse Lalumière!

  • Faut-il légaliser le cannabis?

    Faut-il légaliser le cannabis?

    «La décriminalisation de la marijuana est plus plausible que sa légalisation…..Une législation beaucoup moins lourde du point de vue administratif, plus facile à appliquer et plus réaliste. »  Ce sont les propos du ministre fédérale de la justice en 2002; Mr Martin Cauchon.

    Avec l’augmentation de la consommation de drogue et  des consommateurs de plus en plus jeune, quel rôle le gouvernement devrait-il jouer à cet égard? Il est certain que la question n’est pas réglée de si tôt. Les enjeux sont trop importants. En janvier dernier, le gouvernement minoritaire conservateur (appuyé par les Libéraux) à tenté de déposer le projet de loi C-15. Ce projet, qui prévoyait des peines minimales obligatoires en cas de trafic ou production de cannabis, est tombé à l’eau à cause de la prorogation du Parlement Canadien. Il est certain que ce projet sera reporté prochainement. Ce projet impose des sentences minimales obligatoires pour une panoplie d'infractions à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, incluant la vente et production de cannabis dont il hausse la peine maximale de 7 à 14 ans.  Ce projet est loin de la décriminalisation dont parlait le ministre de la justice Mr Cauchon au début de la décennie. D’une part, plusieurs parties s’inquiètent qu’avec ce projet de loi, le crime organisé s’appropriera davantage le marché. Il y a encore actuellement des milliers de petits producteurs et distributeurs de cannabis qui se contentent d'approvisionner leurs amis et quelques contacts rapprochés. Autrement dit, la majorité des canadiens consomment de la marijuana produite à petite échelle par des amis. Est-ce que le fait d’imposer des peines minimales amènerait les producteurs de marijuana à plus en produire et que crime organisé – qui dispose de ressources financières considérables – s'adaptera et fera en sorte d'éviter les peines minimales obligatoires en prenant les mesures qui leur éviteraient les peines prévues par le projet de loi ?

    En opposition, l’Association canadienne des policiers (ACP) s’oppose activement aux efforts de législation ou même de décriminalisation de la marijuana. Le porte-parole de l’association a rapidement démoli   les conclusions auxquelles est parvenu le comité du Sénat au terme de deux années d'études en 2002 et qui parlait de décriminalisation. L'ACP constitue malgré tout un acteur incontournable dans le débat sur les drogues. En matière de politiques sociales, il est de notoriété publique que les projets de réforme réussissent mieux s'ils reçoivent l'assentiment des policiers.

    Une étude menée par Reuband compare des pays européens « tolérants » (Pays-Bas, Espagne, Danemark et Italie) à des pays restrictifs (Allemagne, France, Norvège, Royaume-Uni et Suède).  Cette étude n’a pas observé de différences significatives entre les niveaux de consommation, quelles que soient les orientations des politiques publiques. Selon le rapport de Mr Griffin, l’activité policière ne dissuade pas les jeunes étudiants de faire au moins une expérimentation au cannabis. Par ailleurs, la criminologie enseigne que ce n’est pas tant la sévérité des sentences qui importe pour dissuader de commettre une infraction que la probabilité de l’arrestation.

    Il y a maintenant trente ans, la Commission Le Dain rendait public son rapport sur le cannabis au début des années 1970. Pourtant, une trentaine d’années plus tard, on constate que des milliards de dollars ont été engloutis dans l’application des lois sur le cannabis sans donner plus de résultats : il y a plus de consommateurs, plus d’usagers réguliers, plus d’usagers réguliers chez les adolescents. Faut-il en conclure que nos politiques actuelles sont inefficaces?  Plusieurs le croient.

    Les intervenants chez les jeunes décrient le manque de soutien financier dans les programmes de préventions chez les jeunes adolescents. Un  intervenant en toxicomanie dans une grande polyvalent de plus de 1500 élèves peut être présent seulement qu’une journée par semaine. Les subventions octroyées aux écoles secondaires peuvent être utilisées à des fins laissées à la discrétion de la direction. Quelques écoles l’utilisent en employant des chiens qui font des fouilles dans les casiers. Cela amène comme résultat que les jours suivants, on remarque une baisse de présence de drogue à l’intérieur de l’école. Mais une fois l’effet escompté, la drogue circule de nouveau dans les couloirs de la polyvalente.

    Ce sujet est d’autant plus préoccupant car  les recherches ne cessent de démontrer une augmentation des comportements suicidaires chez les jeunes et ce plus particulièrement au Québec. Et un des premiers facteurs  reliés au suicide est la consommation de drogue. Au Québec près de 10% des peines carcérales sont reliées à la drogue. Au Canada cette statistique augmente à près de 25%. La drogue amène également à la criminalité.

    Un bon programme de prévention devrait commencer dans un programme de prévention en milieu scolaire. Selon Diane Mathurin, psychologue, ses recherchent met en évidence quelques  éléments comme facteurs d’efficacité afin de développer plus de résistance face aux comportements suicidaires et à la consommation de drogue qui serait facilement applicable avec plus de moyens financiers octroyés par l’état : entres autres favoriser les contacts avec des adultes qui ont des attentes claires et élevées envers les adolescents, qui ont confiance en eux et qui s’impliquent activement pour aider les jeunes à acquérir de nouvelles compétences ; favoriser les contacts entre les élèves et les adultes de l’école où on évite de confondre les rôles d’aide, d’évaluation et de discipline et faciliter l’accessibilité des services d’aide. La recherche révèle une relation étroite entre la participation et l’implication à l’école et la diminution des comportements à risque tels que la consommation de drogue, la délinquance et les comportements sexualisés. De plus il est démontré que  les adolescents sont facilement rebutés par des adultes aux attitudes peu respectueuses et brusques envers les jeunes, par ceux qui privilégient certains ou par ceux qui assument simultanément un rôle disciplinaire et évaluatif.
     

    Un autre point qui mérite d’être soulevé concerne les impacts financiers sur la légalisation du cannabis : l’argent  relié à la consommation de drogue se retrouve dans les poches de contrevenants ou d’individus travaillant au noir. Avec la légalisation, l’argent de ce produit irait dans les recettes du gouvernement. Mais d’un autre part, une somme important devrait être investit dans la réglementation et dans les moyens de contrôle. Et selon l’énoncé mentionné plus haut, il n’y aurait pas de baisse significative de  consommation.  

    Il est certain que même si on réglemente de façon répressive la consommation de drogue, elle restera présente. Il faut juste observer la drogue dans les pénitenciers : elle est beaucoup plus présente à cet endroit qu’à l’extérieur des murs.  Pourtant le pénitencier est bien un endroit répressif! J’en conclue donc que la légalisation ou la décriminalisation de la drogue ne réglera pas tout le problème. Une chose est certaine, la prévention est des plus importantes dans ce débat de société. Le gouvernement devrait investir davantage dans la prévention que dans les politiques actuelles. Les jeunes de la société sont notre avenir et nous sont immensément  précieux.

     

     Louise Larose

  • Plus ça change...n'y manque que ????

    PLUS ÇA CHANGE, PLUS C'EST PAREIL !

    (Ou de l'ineffable atavisme de l'administration publique ...)

     

  • #2 Maroc- ajustements structurels

    L’Administration Marocaine s’est lancée au cours des dernières décennies dans un vaste programme d’ajustement structurel ayant pour objectif le rétablissement de la stabilité du cadre macro-économique. Cette stabilité s’est accompagnée par une accentuation du caractère libéral de l’économie et son ouverture active sur l’extérieur puis par un désengagement de l’administration au profit des opérateurs privés.

    Sur le plan politique et social, des évolutions importantes ont également été observées, qui se matérialisent par la dynamisation de la vie politique et sociale, une participation accrue des populations à la gestion des affaires publiques et une volonté plus marquée de promouvoir la participation des femmes à la vie publique.

    Avec la mondialisation de l’économie et l’ouverture à la concurrence internationale, les ressources humaines, qui depuis longtemps étaient considérées comme un coût devant être assumé par l’Administration, sont aujourd’hui perçues comme un véritable investissement qu’il faut constamment valoriser afin que la collectivité puisse en tirer le meilleur parti.

    La conviction est de plus en plus partagée que les efforts de modernisation ne peuvent aboutir que dans la mesure où l’on dispose d’une administration adaptée aux nouvelles exigences du

    développement économique et social.

    Durant la dernière décennie, l’administration marocaine à initié de nombreuses réformes et des actions de modernisation dans le but de faire face aux nouveaux défis.

     

    La conviction est de plus en plus partagée que les réformes que connaissent les institutions politiques du pays ne peuvent réellement produire leur effet que dans la mesure où l'Etat dispose d une administration publique moderne et capable de relever les nouveaux défis.

    L'administration marocaine a connu de nombreuses réformes au cours de cette décennie.

    Des expériences innovantes ont été menées dans de nombreux domaines. Malgré ces nombreux acquis, l'action de l'administration et son mode de fonctionnement font l'objet de critiques tant de la part de ses usagers que de la part de la société civile.

    Afin d'améliorer les conditions sociales du pays en général et celles des populations les plus vulnérables en particulier, l'administration doit également être un facteur de régulation en accordant plus d'intérêt aux aspirations sociales, emploi, santé, éducation, logement, culture et loisirs.

     

    Pour accompagner les réformes politiques et institutionnelles entreprises tant au niveau national qu’à l’échelon des Collectivités Locales, les administrations sont appelées à fournir des services à des populations qui sont plus exigeantes et de plus en plus informées de leurs droits et

    obligations. Le développement des libertés publiques, la dynamique de la vie politique et associative sont autant de facteurs qui militent en faveur du renouveau de l’administration.

    Les orientations économiques qui s’inscrivent désormais dans le cadre de l’ouverture et du libre-échange impliquent l’élaboration d’autres modes d’intervention de l’Etat dans la vie

    économique et une approche plus dynamique en matière de soutien aux entreprises et à l’investissement privé. Dans ces nombreux domaines, le rôle et les missions de l’administration

    restent encore à définir.

    Les administrations publiques doivent également faire face à la question de la contribution qu’elles doivent apporter pour régler les problèmes sociaux dans des domaines tels que

    l’emploi, la santé, l’éducation, le logement et les loisirs. Dans tous ces domaines, il leur est demandé de faire preuve d’innovation, d’améliorer la qualité de leurs services et de développer leurs capacités de gestion afin de mieux répondre aux aspirations des populations.

    Les conclusions et recommandations faites lors des nombreuses conférences et rencontres au cours des dernières années montrent l’intérêt croissant que l’Etat accorde au développement d’une fonction publique moderne, viable, moins coûteuse et disposant de ressources humaines qualifiées.

    Ce que l’on attend de l’Administration, c’est qu’elle soit une institution dynamique et souple, crédible aux yeux des investisseurs, à l’écoute des besoins des populations et de leurs élus, qui apporte un soutien à l’élaboration des politiques gouvernementales. Les actions à mener dans ce sens doivent découler d’une compréhension claire des nouveaux défis auxquels l’Etat doit faire face.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                   

  • #2 Andryse -Déconcentration ou Décentralisation en Haiti

    Déconcentration ou Décentralisation en haïti

     

    La violence inouïe de la secousse tellurique du 12 janvier 2010 offre à la nation haïtienne la chance unique d’inaugurer une communauté à la dimension du rêve de grandeur politique et de justice socio-économique des Pères de la Patrie, c’est-à-dire une communauté qui n’a pas besoin de la communauté internationale pour être unie, exister et se développer.

     

    Avec une puissance de 7,3 à l’échelle de Richter, le séisme du 12 janvier a tout chamboulé et surtout, il a laissé derrière lui un pays dévasté où des milliers de vies (près 280.000) ont été ensevelies sous des tonnes de gravats. Il faut, comme si ce n’était pas suffisant, y ajouter un million de sans-abris, des milliers de déplacés, des centaines de handicapés, des milliers d’orphelins et les principales institutions publiques détruites. On est encore à l’état d’urgence, les rues sont remplies de décombres, les sinistrés attendent de l’aide.

     

    Et déjà, on parle de s’organiser, de reconstruire ou carrément de construire. Cela dépend dans quel angle on se tient. Les rencontres, les colloques se multiplient, les idées ne manquent pas. Elles se chevauchent et se choquent. Reste à les réaliser. La tâche s’annonce complexe et gigantesque. Mais une idée-force se dégage, celle de désengorger Port-au-Prince pour mieux intégrer les régions dans le développement du pays.

     

    Alors, faut-il déconcentrer ou décentraliser l’état et les services ?

     

    Avant le séisme, 60% du PIB (produit intérieur brut) haïtien étaient concentrés à Port-au-Prince. Cette ville abritait une population 10 fois plus élevée que celle prévue. Toutes les grandes institutions y étaient. C’était une centralisation excessive.

     

    L’ampleur de la catastrophe a accéléré les besoins criants de décentralisation. Aujourd’hui, on part à zéro, il faut repenser le pays. On doit viser une décentralisation véritable des services et non une déconcentration où les régions ne sont que de simples succursales à guichets. La décentralisation souhaitée ne doit pas être une simple stratégie de routine mais une dynamique formelle de développement politique intégral des départements et de leurs populations.

     

    Pour ce faire, il faut penser à un plan stratégique pour les 10 prochaines années, mettre à contribution toutes les instances locales, nationales, internationales, utiliser une approche holistique et participative. La décentralisation demeure certes un défi pour le pays, mais il faut s’y mettre et tout de suite. Ce n’est plus option d’autant que la décentralisation est étroitement liée à la mission de l’état : offrir des services de qualité à tous les citoyens peu importe leur lieu de résidence sur le territoire national.

     

    Le succès de cette décentralisation est tributaire de la capacité infrastructurelle des villes à assumer ces nouvelles responsabilités. Il les faut doter d’institutions viables, de ressources humaines, matérielles et financières tant sur le plan politique que socio-économique, car la décentralisation, contrairement à la déconcentration, est un concept qui évoque un processus simple : la responsabilisation des régions et la culture de cette responsabilisation dans la pensée politique nationale.

     

    Il y va de soi que la nouvelle architecture sociale haïtienne passe un élargissement des soins de santé aux plus démunis et par une implication effective et décisionnelle des régions et des villes dans la gestion des services de santé offerts à leurs populations respectives. Il faut également réorganiser le système éducatif haïtien afin que l’éducation en Haïti ne soit plus désormais un privilège, mais un droit. L’état a l’obligation, et non le choix, d’investir massivement dans l’éducation et la santé de ses enfants. Pour cela

     

    .- il faut relever la qualité des soins de santé offerts dans nos hôpitaux, relever la qualité de l’enseignement dispensé dans nos écoles publiques, nos centres de formation professionnelle, nos lycées, nos universités.

     

    .- il faut augmenter le nombre de Centres de Santé disponibles dans les villes de province tout en évitant le piège d’une santé curative au détriment d’une santé préventive. Le retour de l’hygiène publique enseignée dans les petites écoles apparaît aujourd’hui comme une option à ne pas négliger.

     

    .- il faut augmenter le nombre des maisons d’enseignement primaire, secondaire, universitaire et professionnel et élaborer, en collaboration avec les responsables régionaux et municipaux, un plan de réussite pour les établissements. Les comités ou les élus locaux devront superviser la gestion des écoles et des universités : revoir les normes et les règlements des institutions.

     

    .- il faut enfin une décentralisation du système économique afin de créer des emplois dans les régions. Ce qui sera un incitatif pour forcer les citoyens à regagner les provinces et à y demeurer. Dans cette optique, la création d’une Banque haïtienne de Développement et la mise en place d’un programme d’aide agricole aux paysans sont des éléments à considérer dans la nouvelle Haïti.

     

    Cette décentralisation doit se faire avec les Haïtiens et pour les Haïtiens. Il faut éviter de reproduire les erreurs du passé. Il faut certes importer certaines stratégies qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs, mais il faut le faire sans ébrécher la souveraineté haïtienne. Les objectifs doivent être clairs. Il faut analyser, planifier, coordonner, communiquer et contrôler les interventions, utiliser différents champs de compétence. Il faut oser des initiatives sans oublier les problèmes de base.

     

    On veut le changement. Un vent nouveau doit souffler sur Haïti. C’est le moment de prendre conscience et d’agir en conséquence. La décentralisation ne se fera pas sans peine. C’est une tâche d’autant plus colossale qu’il ne s’agit pas seulement de voir comment l’état peut offrir des services sociaux sur l’ensemble du territoire mais plutôt de montrer comment l’état peut agir de l’intérieur même des régions pour faciliter ou accélérer leur développement.

     

    Andryse César

  • #2 Allard- l'État s'emmêle !

    Blogue #2 Allard

     

    Le privé s'en mêle, l'État s'emmêle.

     

    Il y a des mariages de raison qui ne font pas bon ménage. Ainsi en est-il de ces noces public-privé censées porter le Québec dans la chambre à coucher de la modernité. Mais les enfants seront-ils reconnus? 

     

    Les exemples sont nombreux où, au Québec ces dernières années, on a chanté les louanges du privé pour répondre aux besoins de la société. Le plus connu étant bien sûr le cas de la santé, malade auquel la main invisible du marché allait trouver remède. Hélas, point de guérison à l'horizon. Au contraire, le malade a bien failli trépasser! C'est qu'il semble difficile de prendre le pouls des gros projets nécessitant investissements et longueur de vue, tels que le CHUM et le CUSM.  Aussi la présidente du Conseil du trésor a -t-elle confirmé en conférence de presse le 26 mars dernier que les partenariats public-privé n'étaient plus la panacée à tous les projets de grandeur du plan de match gouvernemental. Le CUSM ira toutefois de l'avant, avec plus de 10 ans de retard, en mode public-privé. Bien sûr le tout coûtera passablement plus cher que prévu (1,4 milliards plutôt que 800 millions). Le CHUM quant à lui se trouve enfin dans les blocs de départ, après de rocambolesques faux pas de planification tels des édifices plus élevés que la hauteur permise (il a donc fallu une dérogation au plan d'urbanisme montréalais) ou un terrain zoné patrimonial (re dérogation) .

     

    Tout de même, il faut admirer la résilience de ce gouvernement! Le passage incontournable en 2003-2004, soit lors de la prise du pouvoir par les libéraux de M Jean Charest, du privé pour offrir  les services aux citoyens, incluant la réalisation des grands projets, s'inscrivait dans cette approche de réingénierie de l'État plus près du néolibéralisme que de la social-démocratie. Vocabulaire d'ailleurs emprunté au secteur privé, cette réingénierie a permis de mettre sur les rails des projets aussi utiles qu'une centrale hydroélectrique au gaz (….) - le Suroît-  qu'un développement de condos dans un parc national -Orford- qu'un réseau de garderies privées en parallèle du réseau public des centres de la petite enfance (CPE).

     

    Ce dernier cas est particulièrement problématique. En effet le réseau québécois des CPE permet d'offrir des places  aux 0-5 ans à 7$ par jour en plus d'un encadrement professionnel pour les enfants et d'une structure démocratique offrant la possibilité aux parents de participer à la gestion de l'organisme, via le conseil d'administration et l'assemblée générale des membres. Avec les garderies privées, le cas de figure est tout autre. Comme pour tout secteur de la vie économique relevant du privé, la garderie est propriété d'un ou plusieurs individus. Et l'objectif est non seulement la rentabilité mais le profit.

     

    Ainsi les conditions salariales et d'emplois sont moins bonnes pour les travailleurs de ce secteur que pour celui du public. Les parents ne peuvent participer à la gestion de l'organisme, bien que plusieurs garderies privées ont l'équivalent de comités de parents qui peuvent se prononcer sur les programmes éducatifs. Ceux-ci prennent d'ailleurs des formes étranges, notamment sur le plan religieux. Enfin, plusieurs parents sont appelés, sous divers prétextes, à payer des tarifs supérieurs aux 7$ de base. Le gouvernement finance donc deux réseaux, l'un public, l'un privé, en principe pour les mêmes finalités, sur un même territoire. Bien que cette façon de faire puisse sembler correcte sur papier, on se rend compte à l'usage que les enfants  reçoivent des services de qualité variable, encadrés par des professionnels aux compétences inégales. Sans compter des environnements parfois douteux, comme ces garderies à vocation religieuse, absoute un jour par le ministre de la Famille Tony Tomassi et vouée aux gémonies le lendemain.

     

    C'est que l'État essaie de défendre ce que la logique de l'administration publique lui interdit. Il est en effet trompeur de prétendre que le privé est un meilleur régulateur de l'activité humaine. L'idée de profit, de rentabilité court terme, prendra toujours le pas sur la qualité des services. Dans le cas des garderies, si la préparation des enfants à une entrée à l'école réussie affecte la marge de profit, il est clair que des restructurations budgétaires auront lieu soient sur les conditions de travail, les dépenses d'opération (location des espaces par exemple) ou le programme pédagogique (materiaux divers, sorties). Or, dans un contexte où sur Montréal, 30% des enfants arrivent à la maternelle avec un retard d'apprentissage, langagier, cognitif ou autre, il est un devoir collectif d'agir pour corriger la situation (Étude sur la maturité scolaire, Direction de la santé publique de Montréal, 2008).

     

    Une action en amont permet alors d'obtenir des retombées positives non seulement pour les enfants eux-mêmes mais également pour le système scolaire, qui a donc moins d'efforts à consentir pour assurer la réussite de ces nouveaux élèves. Il s'agit tout autant d'assurer un parcours scolaire réussi que de restreindre les coûts sur un système scolaire déjà en manque de ressources. Pour ce faire, il faut avoir une vision globale des enjeux, dans une perspective de continuum de services et d'interdépendance des systèmes, des réseaux, des organismes ou des structures qui semblent a priori faire cavaliers seuls. C'est le rôle du gouvernement d'avoir cette vision et cette préoccupation, qui dépasse l'immédiat et la rentabilité court terme.

     

    Dans ce cas-ci, renforcer le réseau public des CPE est une option qui relève des pouvoirs et obligations, morales à tout le moins, du gouvernement. En autant qu'on adhère bien sûr au modèle québécois qui, depuis 1960, a permis par divers programmes, de mettre en oeuvre le principe de solidarité sociale. Principe bien sûr contraire aux intérêts du privé, celui-ci étant basé sur l'individualisme et non le bien-être de la collectivité. Or seul l'État peut mettre l'économie au service du social, jouer un rôle de coordonnateur efficace et intéressé, pour qu'il y ait cet enrichissement collectif souhaité par tous.

     

    Nous ne sommes évidemment pas dans cet univers politique, comme nous l'a signalé le gouvernement au cours des dernières années. Bien que des projets comme Orford et le Suroît soient morts au feuilleton - non sans une levée de bouclier publique- le privé est plus présent que jamais dans les affaires de l'État. Le budget 2010-2011 du gouvernement du Québec nous le rappelle avec un sans gêne troublant.

     

    *****

     

    Il ne fait aucun doute que l'économie est au coeur du développement humain, depuis les tout premiers trocs de nos lointains ancêtres jusqu'à la crise des subprimes américaines qui a plongé le monde en récession. Des empires se sont constitués, des territoires ont été conquis, des guerres ont été menées, des cités ont rayonné, d'autres périclitées, des hommes ont été riches comme Crésus, d'autres sont morts faute d'un quignon de pain et toujours, le commerce et les affaires ont poursuivi inexorablement leur route. Et nous voici donc aujourd'hui, en 2010, au Québec, avec un budget inspiré directement d'une conception affairiste de l'État. Après le dépôt du budget, le ministre Bachand n'a-t-il pas réservé sa première sortie publique à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le lieu d'affaires au Québec? La symbolique ne peut être échappée: après avoir consulté les chantres de l'économie de marché sur la meilleure façon de redresser les finances publiques québécoises, voici qu'il rend compte auprès des ténors de la république du privé des leçons apprises et solutions retenues.

     

    Bien qu'habilement construit, et que la pêche aux revenus s'annonce fructueuse, le ministre trempe sa ligne dans l'étang des lieux communs chers au milieu économique: un État trop présent, le citoyen client, le privé surtaxé. Ainsi l'Etat s'amincira-t-il par effet de contraction interne, notamment par le non renouvellement d'une partie de la main d'oeuvre. On peut envisager, tel que le rappelait Josée Boileau dans un éditorial du Devoir le 1er avril dernier, que les services de l'État pourront difficilement être à la hauteur et que pour compenser, comme par hasard, le privé sera sollicité. Avec tous les dangers du copinage, du renvoi d'ascenseur, de caisses occultes. Ce qui ne manquera certainement pas d'arriver.

     

    De son côté, le citoyen-client sera tarifé de tous bords tous côtés. Cette mise en place élargie du concept utilisateur-payeur est ce qu'il y a de plus inéquitable comme mesure fiscale. L'exemple type est le tarif d'électricité, dont le bloc patrimonial augmentera au cours des prochaines années. Or s'il est indéniable qu'une grande partie des Québécois peuvent payer plus pour leur électricité, il n'en demeure pas moins que pour une bonne part également ces augmentations, conjuguées à celles des dernières années, affectera plus durement leur budget. Dans un pays à l'hiver rigoureux, le chauffage, très majoritairement électrifié suite à de nombreuse campagnes incitatives de la Société d'État Hydro-Québec, est un bien essentiel qui peut difficilement être compressé dans un budget serré.

     

    Il y a là un cynisme qui ne dit pas son nom. Surtout lorsque combiné à des hausses substantielles au plan de la santé: on imagine le ménage qui paie trop cher un logement insalubre, qui chauffe moins pour sauver un peu de sous et qui se retrouve malade, à devoir payer un franchise de 200$ annuels en plus des 25$ la visite… de quoi favoriser le développement d'une médecine à deux vitesses: l'officielle payante et le marché noir, un peu comme dans le domaine de la construction. Une question de temps peut-être avant de voir des rabouteurs, des extracteurs de dents et autres sorciers. À ces mesures s'ajouteront bien sûr deux hausses de taxes de vente consécutives (2011 et 2012) de 1% chacune; encore une fois ce sont les gagne-petits et la classe moyenne pour qui l'effet combiné de ces hausses seront le plus difficile. En effet, ce ne sont pas que les produits de luxe qui sont ainsi taxés mais les biens essentiels (frigo, vêtements, loisirs pour les enfants, essence…). Le crédit d'impôt ne pourra évidemment pas compenser les pertes de revenus chez les moins fortunés.

     

    Avec la mise en place de hausses de tarifs et de frais de toutes sortes, ce sont les plus riches qui s'en tirent le mieux. Mais ce n'était pas suffisant: les entreprises, membres pour la plupart de cette élite financière, sont presqu'épargnées par l'effort (7%) demandé à tous. Il n'y a donc pas ou très peu de ponction sur le profit ou la richesse individuelle, produite pourtant par les efforts de tous, en premier lieu les employés de ces entreprises (qui eux, évidemment, paient). Pire, certaines compagnies ne sont carrément pas soumises à l'effort, soit les fameuses 150 grandes entreprises bénéficiant d'un tarif préférentiel d'Hydro-Québec (devrions-nous dire Hydre-Québec?).

     

    Encore un fois, le cynisme est au rendez-vous. Ceux qui sont les plus riches seront le moins affectés, et l'écart entre riches et pauvres ne fera que s'accentuer. Et pour se donner bonne conscience, les chambres de commerce du Québec donneront à la guignolée annuelle de leur région…

     

    Aux individus de se débrouiller, de magasiner éventuellement leurs services. Mais c'est un jeu de dupes: la plupart de ceux-ci, essentiels, sont l'objet d'un monopole ou presque, tels que l'électricité, la santé, voire l'éducation. C'est donc la philosophie du chacun pour soi qui triomphe, philosophie qui met à mal le rôle de l'État comme coordonnateur de la solidarité sociale, de redistributeur de richesse, de développeur. Et alors, si l'État ne peut jouer ce rôle, pourquoi le soutenir?

     

    Dans le beau grand char gouvernemental, on a beau avoir le deux mains sur le volant, il faut voir plus loin que le pare-brise financier et savoir pourquoi on roule. Ce qui semble bien difficile quand le privé s'en mêle, alors que l'État, lui, s'emmêle. Dans cet effort pour redresser les finances publiques, c'est la conception du privé qui gagne. Mais c'est le public qui perd.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • #2 Mme J -une population participative à la vie publique

    Après beaucoup d'hésitation, je me décide, enfin ,à me joindre au célèbre «blogue» du prof Trudel.

    Je trouve ce moyen de communication  trop loin de mes valeurs, je préfère la discussion entre les individus  plutôt que des mots qui ne sont censurées que par le bon vouloir de chacun. Enfin, étant donné que je dois le faire ... je me lance dans l'arène ou l'on ne perçoit de l'autre que  ses mots virtuels...

    Dernièrement, j'ai assisté à une manifestation qui avait pour but de défendre le droit des travailleurs. J'ai participé de bonne foi croyant faire partie de la population active qui revendiquait , sinon pour la veuve ou l'orphelin, du moins pour le commun des mortels que sont nos collègues de travail. La semaine suivante, au retour de la Manif, j'ai constaté que les gens pour lesquels j'étais descendus dans la rue ne se sentaient pas concerner par les conditions de travail revendiquées et plus encore ne voyaient pas ce en quoi cela les touchaient...

    La démocratie repose sur le droit d'exercer ses recours en toute liberté d'action; elle permet de mettre de l'avant ses droits, ses croyances et  ses propres valeurs... des individus  ont mené des combats, des luttes  afin que chacun puisse exercer ses droits et force nous est de constater que la population concernée ne se prévaux même pas se cet opportunité de crier haut et fort son désaccord!

    Certains voient dans les groupes de pression une manière de revendiquer qui n'est pas la leur... mais alors comment font-ils pour faire connaître leurs droits? «Jean Mercier dans son livre dur l'Administration publique« reconnaît l'influence qu'ils peuvent exercer sur le fonctionnement de l'appareil administratif et même qu'il peux amener une vision différente du problème posé. Alors qu'en est-il de ces moyens de pression quand la population renonce à ce droit. Cette dernière croit qu'elle n'a pas besoin de revendiquer puisque de toute manière cela ne changera pas grand chose. Si Nelson Mandela, Le Dalai Lama avaient ce genre de pensée qu'adviendrait-il alors de ces populations qui   doivent se battre pour leur survie si de tels hommes n'avaient pris sur eux la mission de défendre les droits de ces minorités .

    De quelle manière la population participe à la vie de l'Administration publique. En exercant son droit de vote tous les 4 ans ;lorsqu'on voit le taux de participation nous ne pouvons dire que cela est une réussite, puisque nous sommes gouvernés par un gouvernement majoritaire qui a été élu par une minorité de la population. 

     

  • Le droit à la santé aux États-Unis d’Amérique ou la survie de l’État de droit

    Blogue #2  El-Hadji Sawaliho BAMBA :   le droit à la santé aux États-Unis d’Amérique ou la survie de l’État de droit

    Selon la Constitution française de 1958, la démocratie se définit par "le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple".  En d’autres termes, c’est le régime politique dans lequel  le peuple est souverain et détient collectivement le pouvoir. Elle repose sur les principes de  l’égalité, de la  liberté, de la justice et de la solidarité.

    Dans un État de droit[1],  toute la société est basée sur un système de droits constitutionnel, public et administratif qui garantissent la démocratie aux citoyens. Le droit constitutionnel définit ses fondements légaux  qui reposent  sur la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judicaire. Le doit public établit son organisation et son  fonctionnement. Le droit administratif fixe les règles qui régissent le fonctionnement de l’administration ; cette dernière applique et exerce le droit en faveur des populations. Pour ce faire, l’administration publique reçoit les taxes et les impôts pour financer les services et répartir la richesse. L’État de droit   s’engage à créer et  à redistribuer  équitablement la richesse collective.

     

    L’objet de notre contribution vise, dans une approche comparative,  à analyser la crise politique intervenue suite à la reforme  du système de santé proposée et adoptée par le parti « démocrate » des États-Unis d’Amérique. Il s’agit, à la  lumière des normes essentielles définissant un État de droit et son fonctionnement démocratique, d’analyser les réactions de la classe politique américaine. Dans une démarche descriptive et comparative, nous questionnons la montée de l’extrême droite  ces dernières années dans les démocraties européennes. La description critique de cet avatar de la démocratie européenne permet  de  mieux comprendre les enjeux sociaux politiques de la reforme du président Obama.

     

    La reforme de la santé aux États –Unis d’Amérique

    Jusqu’en 2008,  la première puissance économique du monde comptait au moins 46,3 millions d'Américains qui ne bénéficiaient d’aucun régime d’assurance-maladie ; les assureurs refusent de leur fournir des polices en raison de leur bilan de santé ou simplement annulent leurs polices après avoir versé des indemnisations. Ce qui a pour conséquence que des pauvres meurent aux États-Unis d’Amérique,  faute d’accès aux soins médicaux. Pendant ce temps, les nantis américains  sont soignés dans des conditions optimales,  contribuant ainsi à maintenir  la « fracture sociale » insoutenable dans tout État de droit. Le rétrécissement de la  « fracture sociale »  justifie, entres autres, la volonté du président Obama de mettre sur pied un régime  de couverture médicale publique pour les millions d’Américains exclus par le système actuel.  De façon concrète,  le président et ses alliés démocrates ont adopté  la création de bourses des assurances afin de permettre aux citoyens américains de s'assurer plus facilement et à meilleur coût.

     

    Loin d’être une action politique ou un reniement de l’idéologie libérale, les défis  majeurs portent    sur la solidarité,  l’accessibilité et l’intégralité des soins essentiels à la majorité des citoyens. Il s’agit également, d’appliquer et d’exercer le droit à la santé pour tous ; ce qui permet  de redistribuer les richesses atteignant   le niveau  ultime de l’État de droit ; les États-Unis d’Amérique, par cet acte,  donnerait un contenu aux principes d’universalité (accès à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire) liés à ceux  d’égalité des citoyens, en passant du stade de la création de la richesse à celui de sa redistribution  à la majorité des citoyens.  Au plan économique, le parti « démocrate », prétend – cela est discutable-   réduire le déficit budgétaire  et favoriser ainsi la création de richesse.  Au total,  le parti « démocrate » vise à faire droit aux principes fondamentaux de la démocratie et de l’État de droit comme l’égalité, la solidarité, la justice par une équité dans l’accès au bien-être et au  mieux-vivre collectifs.

    Les  adversaires de la reforme,  usant des principes démocratiques, notamment ceux des libertés d’opinion, d’action et d’expression critiquent la reforme. Fondamentalement, la réserve se fonde sur la cohérence entre ce type de reforme et l’orientation libérale de la société américaine ; ladite reforme nécessitant la prise en charge du système de santé par l’État,  ne peut qu’accroitre l’interventionniste de l’État. Au plan des libertés fondamentales, la reforme oblige les Américains à souscrire  à une police d'assurance-maladie. Au plan des finalités économiques, les républicains estiment  que ce type de reforme budgétivore, risque d’aggraver le déficit budgétaire.

    Les postions des deux blocs politiques  reflètent la norme d’un  débat démocratique dans un État de droit ; le parti majoritaire gouverne par des textes législatifs et réglementaires  et l’opposition s’oppose par la contre argumentation. Mais l’actualité ces derniers jours fait apparaitre des signes inquiétants et effroyables dans un État de droit. Des  sénateurs démocrates sont menacés de mort pour avoir apporté leur vote au projet de reforme. La radio « chorus » de Montréal a rapporté le jeudi 24 mars  2010  que   des cercueils ont été déposés dans l’arrière cour d’un des sénateurs « démocrates » pour avoir soutenu la reforme.  Malgré le caractère antidémocratique de telles actions, l’on peut penser qu’elles constituent des actes isolés d’extrémistes ou d’anarchistes. Que non! Selon la même radio, rapportant les résultats d’un récent sondage américain,  24% des élus républicains taxent Obama d’antéchrist pour avoir fait adopter la reforme de santé. Dans le même élan, la candidate malheureuse aux dernières élections présidentielles américaines,  la sénatrice Sarah Palin,  n’est pas allée de main morte, en mobilisant les « the blooded American » pour s’opposer à la reforme lors d’un regroupement politique d’un  groupe extrémiste (le Tea party) dans le Nevada. Bien plus que sa présence à ce meeting, ce type de discours questionne d’une part, les  rapports du parti « républicain »  des États-Unis d’Amérique avec l’extrême droite  et d’autre part,  son attachement aux valeurs démocratiques. Si ces dérives verbales ne peuvent suffire  pour remettre en cause l’attachement du parti « républicain » aux valeurs démocratiques, on peut cependant s’interroger sur leur bien-fondé dans un État de droit ;  Penser et dire qu’un adversaire représente le diable construit-il la démocratie ou permet-il de conquérir le pouvoir?  La citoyenneté dans les états de droit est-elle liée au sang ou au droit?  Ces dérives ne remettent-elles pas  en cause l’orientation libérale des États –Unis que la reforme qu’ils combattent?  La violence est-elle un moyen de contestation politique dans un État de droit? Comme on le constate déjà, par la présence de la Sénatrice Sarah Palin à la réunion du « Tea party », l’enjeu majeur de ce type de combat ne revient-il pas  à faire le lit aux valeurs de l’extrême droite?

     Pour notre part,  nous en sommes convaincus ;  la situation politique  française, voire européenne, fonde notre conviction

    Les vielles démocraties européennes ont du mal à redistribuer les richesses collectives. En Franc, malgré les efforts des gouvernants,  à travers des outils comme le Revenu Minimum d’Insertion(RMI) ou le Revenu de Solidarité Active (RSA), la «fracture sociale» reste une réalité palpable dans toutes les grandes villes françaises. On y trouve presque toujours, face à des quartiers huppés, des grandes  banlieues de concentration de la pauvreté sociale.  L’échec ou l’incapacité de tout  État de droit à réaliser une  transition réussie de la création de la richesse à sa redistribution équitable, favorise le dépit et le découragement des populations. Les citoyens doutent des instruments démocratiques et se  refugient dans les valeurs simplistes prônées par l’extrême droite. 

     La montée de l’extrême droite en France

    Si l’on doit retenir deux faits essentiels de dernières élections françaises, ce sont  la victoire de la gauche et la remontée du Front National (FN), un parti d’extrême droite. Les valeurs  affichées du FN sont le nationalisme et la remise en cause de l’ordre mondial actuel. Ce parti en remettant en cause les chambres à gaz, affiche clairement son attachement à l’antisémitisme et au nazisme. Il ne cache pas son attachement au racisme et à la xénophobie. « Lors des dernières élections, il a confectionné une affiche représentante  une femme intégralement voilée à côté d'une carte de France recouverte du drapeau algérien sur laquelle se dressent des minarets en forme de missiles. Sur l’affiche, il était mentionné : «non à l'islamisme» - Cette affiche a été interdite par la justice française. Son leader,  Monsieur Jean-Marie Le Pen,  répète souvent qu’il « préfère les étrangers quand ils sont chez eux ». Le FN étale au grand jour son anti parlementarisme et son apposition de principe au système de libre-échange  qui fonde la mondialisation. A juste titre, rejoignons Michel Winock[2]   (2004) à partir d’une analyse descriptive du FN, pour dire :

     « les partis d’extrêmes droite se caractérisent par   la haine du présent, considéré comme une période de décadence,  par l'anti-individualisme, conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel et par  la peur du métissage génétique et de l’effondrement démographique ».

    En France, ces dernières années, le FN bien qu’aux antipodes des valeurs démocratiques, monte en puissance au plan électoral. En  2002, au premier tour des élections présidentielles,  il devient la deuxième force politique  avec 17 % des suffrages. Son candidat s’est retrouvé au deuxième tour. La même année, la mobilisation des démocrates  contre ses idées non démocratiques, ramènera son score à 4,3 % lors des élections législatives. Alors que l’on était en droit de penser que le FN était en train de disparaitre, il devient la troisième force politique aux dernières élections régionales avec 22% des suffrages. Ce qui questionne l’avenir de la démocratie dans les consciences des électeurs. Les nombreux suffrages exprimés et de façon répétitive   pour un parti dont les fondements idéologiques et la stratégique de conquête de pouvoir, remettent en cause l’État de droit et tous les principes démocratiques,  expriment-ils seulement un dépit ? N’est ce pas également la manifestation d’un péril progressif des valeurs  démocratiques dans les consciences des populations ?  Sinon, comment peut –on comprendre que 22% des électeurs français, c'est-à-dire, un peu d’un électeur sur cinq soutienne la remise en cause du parlementarisme, la remise en cause du libre échange, n’accepte pas les principes des libertés individuelles et du suffrage universel?  La situation en France, loin d’être un cas isolé, reflète une réalité à l’échelle européenne. En 1999[3], en Autriche, le parti  de JorgHaider a remporté les élections et a gouverné avec  le parti conservateur ; il en a été de même en Italie où le président Berlusconi a du s’appuyer sur deux formations d’extrême droite,  « la Ligue lombarde d'Umbcrto Bossi et l’Alliance Nationale de GianfrancoFini » pour gouverner entre 1995 et 1997. En Belgique, l’extrême droite rassemblée dans « le Vlaams Blok »,  a obtenu 33 % des suffrages aux élections communales à Anvers en octobre 2000 et près de 10 % aux dernières élections législatives et européennes. Aux Pays-Bas, l’entrée  spectaculaire de la  liste « Pim Fortuyn » avec 17%, des sièges entre au Parlement, après seulement trois mois d’existence politique. 

    La France,  malgré ces suffrages massifs exprimés pour le FN, reste un État de droit. Cependant le niveau de légitimité de l’extrême droit questionne  la mise en œuvre des principes et valeurs démocratiques en France

    Loin d’exprimer absolument un danger de retour du fascisme dans l’Europe démocratique, les succès électoraux de l’extrême droite illustrent très bien une tendance d’interrogation sur les valeurs et les principes démocratiques. Chaque fois que les populations se sentent exclues des retombées des richesses créées collectivement, elles se refugient dans le populisme de droite. ce qui lui permet d’en faire  un rempart contre un État de droit qui abandonne pour des raisons diverses, ses engagements primaires : l’accessibilité aux soins médicaux, à l’éducation, à un mieux-être et à un mieux-vivre. Tout se passe comme si les populations, lasses d’être toujours pauvres et désespérées par la gouvernance   des partis démocratiques  européens, qu’ils soient de la gauche, de la droite ou du centre,  se retrouvent à utiliser la démocratie pour la fusiller.

    Enfin, les scores de plus en plus élevés de l’extrême droite  en France relativement aux autres pays européens, semblent montrer que, plus la population est hétérogène au plan de sa composition sociale, plus le processus d’adoption des valeurs de l’extrême droite s’amplifient. Cette thèse donne une composante raciale très importante dans le mécanisme  d’évolution des idées de l’extrême droite dans la société. Les États-Unis d’Amérique, appelés pays arc-en-ciel pour mettre en évidence sa diversité raciale, réunirait ainsi  les conditions potentielles d’une évolution plus rapide  à  l’avancée des valeurs de l’extrême droite. les États-Unis d’Amérique peuvent-ils  s’en accommoder? Comment peut on imaginer que les États-Unis d’Amérique remettent en cause le libre échange, la démocratie, les libertés individuelles? Si aujourd’hui, au regard de la culture démocratique américaine,  ces questions paraissent paradoxales, il faut toutefois craindre  que des combats tels ceux des adversaires de la reforme du système de santé ne viennent les légitimer. L’avancée et l’implantation des idées de l’extrême droite dans tout continent, dans toute culture produisent les mêmes effets globaux, toute chose étant égale par ailleurs.

    Au total, pour toutes ses raisons, il faut souhaiter que la reforme de santé du président Obama réussisse.  Ce qui suppose encore plus d’audace et d’ambition.  La référence du voisin canadien, qui s’est affranchi de l’extrême droite, peut servir à approfondir le modèle de régime d’assurance maladie. Pou ce faire, la reforme devra, à terme,  adopter des principes[4] audacieux comme la gestion publique ,  l’intégralité , l’universalité, ,  la transférabilité  et  l’accessibilité  . En d’autres termes,  la gestion de l’assurance maladie est exercée par une autorité publique,  tous les types de soins sont couverts,  les citoyens ont une égale admissibilité dans les structures sanitaires,   les droits sanitaires des citoyens sont transférables dans toutes les provinces et un accès raisonnable aux différents services est assuré pour tous.  La survie de l’État de droit dans le pays arc-en-ciel en dépend.



    [1]Note de cours, Principes et enjeux de l’administration publique de Monsieur  Trudel Rémi, ÉNAP Montréal  (Hiver 2010)

     

    [2] Michel Winock (2004, « l'invention de la démocratie, 1789-1914 »  Seuil, l'univers historique,  2004

    [4] Note de cours, Principes et enjeux de l’administration publique de Monsieur  Trudel Rémi, ÉNAP Montréal  (Hiver 2010)