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  • Blogue # 2 EFFO Judith : La décentralisation pour un meilleur service aux citoyens? Cas de la ville de Montréal

    La décentralisation tire son origine dans la crise des finances publiques ainsi que dans la perte de confiance en l’État qui va incité les gouvernements centraux, dans la majeure partie des pays occidentaux, à se délester de certaines attributions au profit des administrations locales. C’est alors qu’un nouveau mode de prestations des services publics, plaçant le citoyen au centre des préoccupations administratives, sera mis en place [1]. Le nouvel ordre organisationnel de la Ville de Montréal s’inscrit dans ce courant. Amorcée au début des années 2000, à l’initiative du gouvernement provincial et en vertu de la Loi sur l’organisation territoriale municipale, la réorganisation des municipalités du Québec avait comme objectif la fusion de plusieurs municipalités québécoises. L’île de Montréal, se verra ainsi fusionnée avec vingt huit autres villes, cités et paroisses. La nouvelle ville de Montréal sera dotée d’un système à trois paliers : la Communauté métropolitaine de Montréal comme palier supra-municipal, la Ville de Montréal comme organe central et les arrondissements comme palier infra-municipal [2].

    L’une des principales lignes directrice de la réorganisation structurelle de la Ville de Montréal, était de fournir aux citoyens des services de qualité au meilleur coût et de rapprocher la prestation de services des citoyens [3]. Ainsi en 2003, une révision sera opérée dans la charte de la Ville de Montréal, afin de décentraliser des pouvoirs de gestion, de prestation des services et pour assurer l’autonomie et le respect de la spécificité et de l’identité des arrondissements. La décentralisation va entrainer un affaiblissement des services centraux de la Ville de Montréal, au profit des arrondissements qui se verront confiés l’ensemble des services de proximité [4]. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il serait intéressant d’analyser les retombées, de ce nouveau mode de gestion publique, sur les citoyens. Cette redéfinition du pouvoir opérée par la Ville de Montréal, représente-t-elle vraiment un avantage pour le service au citoyen ? La décentralisation a-t-elle permis l’amélioration du rapport entre les décideurs et les citoyens ?

     

    L’équité fiscale représentait l’un des plus grands défis de la fusion [5]. En effet, l’instauration d’un taux unique d’imposition sur tout le territoire devait permettre d’assurer une meilleure équité pour les contribuables, en termes de rapport qualité-prix. La nouvelle Ville de Montréal s’est orientée vers un taux d’imposition harmonisé et commun. Jusqu’en 2002, le «central» assurait le financement des investissements effectués par les arrondissements, en répartissant le coût selon son assiette fiscale. Ce mode de fonctionnement favorisait la mise à niveau des infrastructures de la ville, puisque des enveloppes plus importantes étaient accordées aux quartiers les moins fortunés mais désireux de moderniser leurs infrastructures. Cependant, depuis l’entrée en vigueur de la Loi modifiant la Charte de la Ville de Montréal, les arrondissements doivent assumer eux-mêmes les services de la dette des financements effectués par la Ville, en leur faveur. Les arrondissements ayant une faible base fiscale, et indirectement leur citoyens par l’augmentation des taxes, se retrouvent ainsi pénalisés [6].

     

    Par ailleurs, le partage des compétences entre le niveau local et central a conduit à une complexité dans la gestion publique, en raison notamment, de l’enchevêtrement des structures et des compétences au niveau du palier central et local. Un rapport datant de 2004 de l’OCDE soulignait que la région de Montréal est l’une des métropoles les plus fragmentées politiquement. On avance même que, malgré les fusions, la région métropolitaine demeure, sur le plan institutionnel, plus fragmentée qu’il y a 25 ans. Les difficultés de communication entre les instances, qui peuvent en découler, nuisent grandement à la qualité de services offerts aux citoyens. Cette prolifération des structures administratives nécessite l’instauration de règles decoordination entre chacune des instances pour être plus efficaces.

     

    En outre, la réorganisation municipale sera accompagnée, majoritairement dans les grandes villes, de la mise en place de nouveaux mécanismes de démocratie participative [7]. Désormais, les citoyens peuvent faire valoir leurs points de vue via les commissions des instances politiques ou même l’Office de consultation publique de Montréal. Ces derniers peuvent également poser directement des questions aux élus lors des séances publiques du conseil municipal, du conseil d’agglomération et des 19 conseils d’arrondissement. Aussi, les technologies de l’information, particulièrement Internet, permettent un accès direct et rapide des citoyens aux documents des instances politiques [8].

    Cette implantation de réformes participatives dans le secteur municipal vise la promotion de l’implicationdes citoyens dans la formulation des politiques, afin d’assurer le caractère démocratique et d’encourager la pertinence des politiques. La participation des citoyens à la vie politique demeure, malgré tout, presque marginale. En effet, bon nombre d’analystes sont unanimes à constater que cette restructuration municipale n’a pas réussi à faire adhérer les citoyens au concept de région métropolitaine, ni à y développer un sentiment fort d’appartenance. L’idée d’une citoyenneté métropolitaine reste utopique. La communauté métropolitaine demeure ainsi un espace public de délibération politique, mais uniquement pour les élus et n’arrive pas à rejoindre efficacement les citoyens [9].

     Il revient donc aux gestionnaires et aux élus municipaux de remédier à la situation, en repensant la démocratie municipale, pour permettre aux citoyens intéressés de construire leur milieu de vie et leur ville, plutôt que d'avoir uniquement des outils pour s'opposer et bloquer aux volontés politiques [10]. De plus, une meilleure coordination par le « central » qui serait chargé d’édicter des lignes directrices relatives aux méthodes dans la prestation des services aux citoyens permettrait d’assurer une meilleure uniformité entre les arrondissements. En effet, une organisation qui se décentralise doit rechercher une certaine homogénéité dans l’organisation de l’offre. L’adaptation aux contraintes et particularités locales ne doit donc pas se faire au détriment de l’efficacité et de l’équité dans les services reçus.

     

     

    [1] BEAUGARD, Claude (2003) « La gestion municipale dans un monde en ébullition », Gestion 3/2003 (Vol. 28), p. 10-12 [en ligne], http:// www.cairn.info/revue-gestion-2003-3-page-10.htm (Page consulté le 29 novembre 2011).

    [2] FOUROT, Aude-Claire (2006). « Processus de « fusions » et « défusions » municipales : témoins d’une tension entre métropolisation et démocratie locale. » Les refontes institutionnelles municipales au Canada, Paris, Institut de recherche et débat sur la gouvernance [En ligne], http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-170.html (Page consultée le 04 novembre 2011).

    [3] QUÉBEC (2005). La décentralisation, Projet gouvernemental d’autonomie régionale et municipale»,  Bibliothèque nationale du Québec.

    [4] FOUROT, Aude-Claire (2006). « Processus de « fusions » et « défusions » municipales : témoins d’une tension entre métropolisation et démocratie locale. »

    [5] OCDE, (2004), « Examens territoriaux de l’OCDE –Montréal, Canada », OCDE, 2004, 193 pages.

    [6]CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN (2010). Une métropole à la hauteur de nos aspirations, Rapport.

    [7] BHERER, Laurence et autres (2005). Jeux d’échelle et transformation de l’État : le gouvernement des territoires au Québec et en France, Québec, Presses de l’Université Laval, 527 p.

    [8] http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/fusions/nouvelle-ville/index.shtm

    [9] CLICHE, Paul (2008). Montréal dans la perspective d’un Québec décentralisé,  Colloque organisé par la section montréalaise de la Coalition pour un Québec des régions, Libérer les Québec.

    [10]L'ALLIER, Jean-Paul (2011). « Quel avenir pour Montréal? Penser autrement », La Presse, [En ligne] http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201111/01/01-4463415-quel-avenir-pour-montreal-penser-autrement.phpl (Page consultée le 30.11.2011)

  • Blogue 2: Manal Saidi Quelques idées sur la mondialisation

     


    Quelques idées sur la mondialisation


    À partir des années 1990, la mondialisation a pris un essor extraordinaire qui a ouvert la voie à une intégration planétaire sur les plans économiques, financiers, culturels et écologiques. De ce fait, il faut dire que cet espace mondial, ouvert et interdépendant n’est pas une création récente, ou du moins un processus qui a commencé au cours de la dernière décennie du XXème siècle. En effet, le XIXème siècle et le début du XXème siècle (bien que certains auteurs pensent que la genèse du phénomène remonte au XVème siècle avec la découverte des Amériques), en posèrent les premiers jalons avec l’industrialisation des pays européens, l’ouverture de nouvelles voies maritimes et de canaux de navigation ce qui a aidé à quadrupler les échanges commerciaux mondiaux. Ce mouvement était, aussi, à l’origine de l’ouverture et l’annexion de territoires formant ainsi des empires coloniaux. Toutefois, ce processus a du s’arrêter à la suite de la première guerre mondiale et la grande crise économique de 1929, et à cause de la montée des nationalismes. Le déclenchement de la deuxième guerre mondiale et la création de bloc idéologiques n’étaient pas propices à l’ouverture des économies et des frontières. La création d’organisations internationales comme l’ONU, le FMI, la Banque Mondiale et le GATT, a néanmoins permis une ouverture partielle des pays, jusqu’à 1990 et la chute du mur de Berlin, pour que le train de la mondialisation reprenne sa marche.

     

    La mondialisation est un processus qui est caractérisé par la diffusion des mouvements des biens et services, des capitaux, des technologies et la libre circulation des individus. Trois aspects sont à étudier :

     

    -          sur le plan économique : suite à l’abolition des barrières douanières, les échanges économiques entre l’ensemble des pays du monde, et plus particulièrement entre les pays riches et les nouveaux pays industrialisés, tels que la Chine, le Taiwan, l’Inde et l’Indonésie, se sont accentués. C’est ainsi que le commerce mondial et passé de 12 % en 1973 à 23 % en 2005, avec plus de 8000 milliards d’euro. La montée en flèche des échanges commerciaux s’explique en partie, par la création de zones de libres échanges et de zones économiques. À priori, l’ouverture sur les marchés mondiaux stimule les économies et augmente les revenus des pays exportateurs, comme elle bénéficie aux simples consommateurs, à qui sont offertes de grandes possibilités de choix, des biens et services, à des prix compétitifs. Sur le plan financier et monétaire, la mondialisation a favorisé le financement des entreprises et des balances des paiements. La suppression des obstacles à la libre circulation des capitaux, a été très favorable aux marchés financiers. Cependant, il serait utile de mentionner que les multinationales, les trésors publics et les banques sont les premiers bénéficiaires de cet aspect financier.

     

    -          Sur le plan technologique : les grands progrès que la planète a connue au niveau des nouvelles technologies de l’information et de la communication ont été, sans doute, la grande nouveauté de la mondialisation. La diversité des produits qu’offrent les NTIC, de l’internet, intranet, téléphonie mobile, etc.. touche autant les personnes que les organisations et les États. Ces technologies permettent aussi, une grande volatilité des capitaux à l’échelle planétaire. Quant aux individus, l’internet et les autres médias leur offrent une ouverture sur les cultures du monde, avec une prépondérance de la culture américaine. Ceci pose un sérieux problème culturel et identitaire des autres populations mondiales qui subissent les cultures des pays industrialisés et notamment celles des États-Unis.

     

    -          Sur le plan identitaire et culturel : la diversité des supports et des sources d’information, a crée une interdépendance culturelle entre l’ensemble des citoyens du monde. Cela a favorisé une meilleure connaissance de l’autre, mais a permis aussi la vulgarisation des enjeux planétaires, comme celui de l’environnement, la paix dans le monde, etc. Toutefois, cette ouverture a crée chez certains, un sentiment de rejet de la culture de l’autre, notamment celle de l’occidental. Le rejet se traduit parfois par des réactions trop brutales et des fois par des actes terroristes.

     

     

     

    Pour conclure, il faut retenir que la mondialisation est un processus qui a mis du temps pour se concrétiser de la façon qu’on connait aujourd’hui. Elle est l’affirmation de l’idéologie américaine. La mondialisation n’est pas non plus un cliché auquel on attache plus d’importance, et elle n’est pas due à un hasard, elle n’est pas non plus juste un effet de mode. Et comme M. Lévesque l’a bien exprimé «on n’a pas une attitude fataliste par rapport à la mondialisation. On sait qu’elle est là pour rester. On veut essayer de trouver des manières de la domestiquer.»1

     

    Le Devoir: Les entrevues HEC Montréal- Doméstiquer la mondialisation.


    ENAP Lundi soir, Principes et enjeux de l'administration publique

     

     

     

  • Blog #2 Sánchez, G. L’eau est gratuite, elle ne coûte rien…vraiment ?

    L’eau est gratuite, elle ne coûte rien…vraiment ?

     

    La disponibilité de l’eau au Canada, et surtout au Québec, n’est pas un problème car la ressource, à nos jours, est abondante. Néanmoins, les défis et les problèmes reliés à sa gestion efficiente sont aussi, abondants. Les informations au sujet des frais peu élevés payés pour l’eau[1] peuvent être mal comprises en raison d’une vision globale de la situation.

     La gestion de l’eau est notamment un service public décentralisé du gouvernement provincial étant donné que les municipalités sont responsables de prendre les décisions et une partie très importante des charges financières reliées à l’approvisionnement de l’eau potable, ainsi que de ses services connexes (exploitation, traitement, distribution, assainissement, épuration, etc.). Malgré ce fait, le gouvernement du Québec intervient très fréquemment dans ce domaine par l’octroi des subventions pour la construction ou les modifications de l’infrastructure hydraulique. En dépit de l’intervention approfondie du gouvernement provincial, le déficit budgétaire dans le domaine hydraulique s’accroît de plus en plus et se transforme trop souvent en dette. Alors, est-ce que l’eau est véritablement « gratuite » quand la dette est payée avec des impôts? Il se peut que les Québécois paient l’eau plus cher de ce qu’ils pensent. 

     Afin de mieux rentabiliser les investissements élevés nécessaires dans le domaine et pour diminuer la consommation de la ressource,  le Québec a publié très récemment sa Stratégie d’économie d’eau potable et elle est destinée à doter les municipalités ainsi que les organismes, les institutions et l’administration publique de mesures, plans et initiatives, entre autres, pour l’atteinte de ces objectifs[2]. Cependant, ces directives ne sont que quelques-unes parmi un univers beaucoup plus vaste, ce qui ajoute de la complexité pour les appliquer de façon efficiente et, en plus, elles sont basées sur la participation volontaire de plusieurs intervenants, ce qui ralentit l’atteinte des buts.

     La Stratégie propose, parmi d’autres actions, d’adopter des règlements contre le gaspillage de l’eau, d’encourager les équipements économiseurs d’eau, de mesurer l’utilisation de la ressource et d’appliquer une tarification sur la consommation (sauf qu’elle vise exclusivement les bénéficiaires non résidentiels).Ces directives obéissent —peut-être—aux groupes de pression qui défendent leur droit à la ressource puisqu’elle est un bien commun. Néanmoins, il est important de considérer premièrement que la consommation du secteur résidentiel est plus élevée que celle du secteur industriel[3]. Est-ce qu’il est juste qu’un bien commun dont toute la population profite soit payé juste par quelques personnes ?

     Un deuxième élément à considérer dans cette Stratégie est au sujet de ses objectifs. Selon le document, si la diminution de la consommation de la ressource naturelle n’est pas atteinte en 2017, la tarification des services dans les municipalités pourrait être considérée (toujours pour les grands consommateurs uniquement). Cette situation est étonnante car les tarifs ont été suggérés plusieurs fois et dans différents documents depuis très longtemps (Plan d’action national 1994, Politique Nationale de l’eau 2002, Mieux tarifer pour mieux vivre ensemble 2008, etc.) et jusqu’à maintenant, ils n’ont pas encore été mis en place.  

     Par conséquent, la situation devient critique quant à la brèche financière existant entre les besoins d’investissements dans le domaine hydraulique et les montants d’argent disponibles. Cela fait au moins 18 ans qu’il est jugé nécessaire de tarifer les services et, encore une fois, il va falloir attendre 6 ans de plus pour voir si on a réussi à diminuer la consommation.

     D’après la Stratégie, si la diminution de 20% sur la consommation n’est pas atteinte, le pas suivant à faire sera de tarifer les industries, les commerces et les institutions (ICI); le secteur résidentiel n’est pas encore visé même si  les chiffres démontrent qu’il en utilise  plus que l’ensemble des grands consommateurs ! À mon avis, le fait d’appliquer la solution lentement et par étapes va plus rapidement fatiguer les citoyens car le sujet sera toujours en suspens… Par contre, la résistance des individus sera plus consistante car il y aura une perception que même avec ses « efforts » pour régler la situation, le gouvernement n’arrive pas à résoudre le problème une fois pour toutes.

     Ensuite, le gouvernement provincial, conscient des financements urgents, vient d’adopter en 2011 un instrument légal pour commencer la récupération de ressources. Toutefois, le règlement sur la redevance exigible pour l’utilisation de l‘eau présente deux inconvénients ; d’abord il vise exclusivement les grands consommateurs (ceux qui consomment plus de 75 m3 par jour, c'est-à-dire les ICI) et après, il n’impose pas des redevances sur les services connexes qui doivent encore être payés par les gouvernements (municipal, provincial et fédéral, parfois).

     Pourtant, il faut savoir que les redevances imposées sont symboliques par rapport aux coûts réels des services et des besoins de placements de capital pour continuer la prestation des services d’eau. Par exemple, la recette des redevances en 2012 sera seulement de 9,6 M$ (provenant de toute la province) alors que les obligations monétaires dans le domaine, seulement pour la ville de Montréal, sont d’environ 700 M$ par année[4] !…avec toutes ces données, il est difficile de comprendre l’hésitation du gouvernement à adopter une mesure solide par rapport à une situation aussi délicate…

     Est-ce que le gouvernement attend un meilleur moment pour le faire? Jusqu’où est-ce que le déficit et la dette devront arriver pour encourager la prise d´une décision fortement importante? Est-ce que des groupes très puissants exercent de la pression pour ne pas résoudre l’affaire? Ou sinon est-ce qu’il y a des mouvements sociaux qui menacent une stabilité nationale? Quelle pourra être la goutte qui fera déborder le verre pour que le gouvernement agisse?

     Il se peut que la décision soit jugée comme risquée pour la popularité des gouvernements, étant donné la nature si sociale et sensible du sujet, mais il faudra trouver, sinon créer, une fenêtre d´opportunité pour introduire les mesures indispensables. Cela peut se faire puisque la problématique existe ainsi que les solutions et les orientations autour du sujet, autrement, comment est-ce que le règlement sur les redevances a été approuvé? Il ne faut pas laisser la solution et le bon moment nous couler entre les doigts…

     Il sera crucial aussi de sensibiliser la population afin de l´impliquer dans la solution de cette problématique. La solidarité ministérielle et l’effort des différents paliers du gouvernement accompagnés d’un plan bien dessiné seront un  départ convenable. Après tout, il y a déjà d’autres provinces au Canada et même des municipalités au Québec, telle que Brossard, qui ont instauré des tarifications au secteur résidentiel avec des bons résultats.

     Le défi est énorme mais il faut se rendre compte que nous payons tous déjà l’eau à travers le paiement de la dette et le service nous coûte déjà cher, car il faut ajouter les intérêts qui en résultent…L’endettement n’est plus adéquat; ne serait-il pas plus approprié de prévenir et d’appuyer des solutions solides que de faire payer beaucoup plus les générations futures et le regretter ?

     Seriez-vous de l’avis que la société soit capable de diminuer la consommation en sachant qu’il ne faut rien payer pour consommer n’importe quelle quantité de la ressource ? Est-ce que vous avez des exemples réels pour démontrer qu’il est possible de prendre soin d’un bien commun pour lequel personne n’est responsable ?

     Gabriela Sánchez.

     


    [1] L'eau du Québec écoulée à peu de frais http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/06/20110620-055103.html

    [2] Stratégie québécoise d’économie d’eau potable. http://www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/grands_dossiers/strategie_eau/strategie_eau_potable.pdf

    [3] Ibis

    [4] Enjeux, orientations et objectifs pour une nouvelle stratégie de l’eau.

    http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/EAU_FR/MEDIA/DOCUMENTS/RAPPORT%20VERSION%20INTEGRALE.PDF

  • Blogue 2 Beuleu E. Enjeux d'un État de Droit après Kadhafi en Libye

    La Libye après Kadhafi : les conditions d’établissement d’un État de droit

    De nombreux scenarii sont actuellement possible quant à l’évolution de la situation en Libye au cours des prochains mois. L’arrivée au pouvoir du nouveau régime libyen ne doit pas masquer la réalité. La Libye reste un pays fragile et instable. Afin qu’elle remplisse les principaux critères d’un État dit de droit, il lui faut reussir à asseoir le principe fondamental en administration publique : tout doit être approuvé. De nombreuses études ont insisté sur la configuration sociologique de la Libye qui est un conglomérat s’appuyant sur une structure tribale fractionnée en plusieurs centaines de groupes. Au sein de ce conglomérat, les tribus dites arabes sont majoritaires, mais au sud de la Libye il existe des tribus non arabes (Touaregs et Toubous). Souvent méprisés par les arabes, les Touaregs et Toubous vivent en marge de la société. Au déclenchement de la rébellion, la fracture était nette entre tribus de l’Est de la Libye très engagée dans la lutte contre Kadhafi et celles de l’Ouest demeurées majoritairement loyales.  Le jour où la Libye commencera à faire la distinction entre les pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire et assurer l’indépendance de chacune de ces trois parties, nous commencerons à parler de la Libye comme un État où règne le droit.

    Les atrocités commises avant et après la chute de Kadhafi ont renforcé les tensions communautaires déjà très vives. Les prochains mois seront cruciaux. La communauté internationale doit maintenir un regard attentif sur la période actuelle et jouer sa partition dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la coordination de la réponse humanitaire. Le nouveau régime doit prendre des décisions courageuses dans les registres de la sécurité, de la justice, du dialogue politique, du redémarrage économique et intégrer un élément de réconciliation dans chacun de ces domaines. La Libye doit reussir à asseoir un État où règne l’information, la prévision, la planification, la programmation, l’exécution et le contrôle des activités de l’État. L’État Libyen doit arriver à présenter sur le plan économique comme producteur, investisseur, consommateur, régulateur, employeur ainsi que leader et promoteur.

    Le premier défi pour le nouveau pouvoir est celui de la sécurité. Les évènements meurtriers qui se sont déroulés entre février et octobre 2011 ont fait voler en éclats l’appareil de sécurité. Les forces armées ont été divisées entre défenseurs acharnés et violents de l’ancien régime et les insurgés. Pour le moment, la création des nouvelles forces armées reste un projet aux contours très flous. Fusionner l’armée régulière et plusieurs milliers d’éléments des insurgés au sein de ce nouvel appareil de sécurité doit être la priorité. Les forces rebelles sont mal formées et désordonnées. Si le nouveau régime n’arrive pas à rétablir totalement l’ordre dans les mois à venir, sa crédibilité sera fortement diminuée. De plus, la crise a laissé derrière elle des tonnes d’armes à feu qu’il est impératif de neutraliser. Cet arsenal est une menace immédiate et grave pour la Libye et ses voisins. Le nouveau pouvoir doit reussir à instaurer les principes fondamentaux du fonctionnement de l’exécutif (le gouvernement) à savoir la responsabilité ministérielle, la solidairité ministérielle, les organismes centraux qui filtrent tout, la centralisation et la décentralisation de l’application des décisions et la dévolution ou le principe de la subsidiarité.

    Dans un pays où des milliers de personnes ont été tuées en quelques mois, souvent de manière atroce et hors combats, la réconciliation et la justice sont des impératifs et constituent la seconde priorité du nouveau pouvoir. Une justice de vainqueur ne doit pas être mise en place. Plusieurs proches de Kadhafi ont été arrêtés et la justice enquête sur les crimes commis par son clan. Il n’y a aucun doute sur l’extrême gravité des actes posés par les principaux alliés militaires et civils de l’ancien président et sur la nécessité d’enquêter sur ces crimes. Mais, alors que des crimes graves ont été également perpétrés par des membres des forces favorables au nouveau régime, aucune mise en accusation n’a été jusque-là annoncée.

    Le troisième défi du nouveau régime est de résister à la tentation d’un pouvoir trop fort qui ne laisserait aucune place à une opposition politique. Les fonctionnaires doivent être considérés comme des employés de l’État et non d’un gouvernement en particulier. Ils doivent se mettre au service du gouvernement du jour et le servir objectivement, de manière impartiale, non partisane et loyalement.  Défait militairement les partisans de Kadhafi sont en état de choc. Le nouveau régime doit créer les conditions d’une normalisation progressive de la vie politique en ménageant un espace d’expression pour ceux qui, anciens partisans de Kadhafi ou non, voudraient s’inscrire résolument dans l’opposition. Toutes les forces politiques, à condition qu’elles renoncent à la violence et aux propos haineux, doivent pouvoir s’organiser.

    La relance d’une économie qui a durement souffert de la guerre est le quatrième défi du nouveau régime. Les bailleurs de fonds sont prêts à aider un pays au potentiel conséquent, producteur de pétrole depuis des décennies et disposant d’une base d’infrastructures intéressante. Le nouveau régime doit abandonner les pratiques anciennes qui freinent depuis plusieurs décennies le développement économique du pays et alimentent les frustrations. La communauté internationale doit aider la Libye à traverser sans heurts la délicate période actuelle. Il est essentiel pour la Libye de reussir à instaurer le fonds unique et consolidé du revenu comme seule unité comptable du gouvernement. L’annualité des crédits de dépenses  l’unité du budget et la spécificité des crédits de dépenses doivent y être respectées. Enfin, le nouveau régime doit travailler conjointement avec les partenaires internationaux de la Libye et le gouvernement sur la remise sur pied rapide de l’économie.

                                                                                                                Erica Beuleu