Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Critique du modèle québécois de démocratie participative

    Lorsqu’il est question de démocratie, nous datons habituellement sa naissance à la Grèce antique. Athènes est l’exemple habituellement cité pour démontrer l’importance de la démocratie et la nécessité de s’approche le plus possible de la démocratie directe à travers des audiences publiques. Nous oublions toutefois que cette pratique eu quelques critiques donc celle de Platon, qui après avoir assister au procès de Socrate, l’homme qui se proclamait le plus juste du monde. Platon écrivit La république .Il explique dans son utopie que les sociétés devraient être gouverné par des philosophes-roi, qui recevraient une éducation très poussée, étant donné que le peuple n’est pas apte à voir la vérité(la lumière).

    De nos jours, l’équivalent de ses philosophes serait les technocrates qui, sans être rois, possèdent une éducation supérieure dans un domaine spécifique à leur travail. Ils sont consultés par les ministres afin d’être bien informés sur les enjeux actuels. Toutefois, afin de légitimiser ses décisions, les différents paliers de gouvernements demandent l’opinion des citoyens à travers divers moyens. La méthode québécoise est de procéder par audiences publiques. Cette pratique est inefficace, ralentit le processus décisionnel et empêche complètement l’aboutissement de certains projets qui seraient bénéfiques à la population québécoise.

    Pour bien comprendre la pertinence de la bureaucratie, nous devons débuter par comprendre les principes fondamentaux de ce type d’organisation. Selon Weber, il y aurait trois types d’autorités possibles qui pousseraient les individus à obéir à une personne(Weber 36). Premièrement, il y a l’autorité charismatique qui repose comme son nom l’indique sur la «la supériorité d’une personnalité, d’un leader providentiel »(Dion 168). Ce type d’autorité peut être vu dans certaines sectes ou dans certains groupes militants. Son problème réside lorsqu’il est temps de choisir un nouveau chef. Deuxièmement, il y a l’autorité traditionnelle qui se fonde sur les us et coutumes. Ce type d’autorité n’est plus vraiment important dans nos sociétés. Finalement, il y a l’autorité rationnelle-légale qui tire sa légitimité des règles et lois qui régissent les actions de chacun. C’est à ce type d’autorité que s’inscrit la bureaucratie, car son «idéal type serait une organisation où ni la tradition, ni le charisme n’enteraient en ligne de compte.» (Dion 169), c’est le cadre rationnel-légal qui permet d’être le plus efficace possible, car il suit une démarche rationnelle.

    Par conséquent, un des dangers des audiences publiques en amont est l’utilisation des autres types d'autorité. Par exemple, lors des audiences publiques, les mémoires déposés aux commissaires sont majoritairement faits par des groupes de militants qui sont représentés par une personne qui s’est vue promue à ce poste grâce à son charisme et à sa personnalité. Grâce à sa popularité, le président du groupe pourrait imposer ses positions. Donc, les citoyens participants à des formes d’audiences publiques peuvent facilement être induits en erreur par des gens charismatiques émettant des propos qui sont faux et peut-être même démagogiques.

    Contrairement à ce type de démarche, celle des bureaucrates se veut neutre et efficace. Elle est efficace, car, selon Weber elle repose sur des principes structurés et scientifiques. La première caractéristique de la bureaucratie et la formalisation des règles soient que la bureaucratie repose sur des règles écrites qui sont impersonnelles et clairement définies.(Dion 170) La définition des tâches de chacun, des rapports d’autorité, des sanctions possibles lors de mauvaises conduites est codifiée et connue à l’avance de chacun. Ce qui évite les décisions subjectives et personnelles. De plus, la bureaucratie tire sa pertinence de sa spécialisation. La spécialisation des tâches selon les catégories d’employés fait en sorte qu’il y a une complémentarité dans les postes «il faut que les attributions de chacun soient claires et couvrent l’ensemble des domaines d’actions, de sorte qu’il n’y ait pas de domaines laissés à l’abandon ou de dédoublement. »(Ibid.) De plus, cette spécialisation des tâches permet d’utiliser efficacement l’expertise de chacun en séparant les tâches selon le niveau d’expertise.

    Du côté de la population et des organisations militantes, nous n’atteignons pas la même efficacité, car contrairement à la technocratie qui se basait sur un savoir technique, la population se base sur un savoir profane. Les citoyens n’ayant pas les connaissances techniques des concepts ou des normes utilisées, ils débattent donc sur de faux concepts ou de fausses prémisses qui n’aident aucunement la réflexion collective. Par conséquent, il se forme une certaine incompréhension entre les experts invités et les citoyens qui comprennent mal les enjeux complexes du gouvernement. Même si chacun de ces mémoires peut amener quelque chose d’original à la discussion il est fort probable qu’ils se répètent souvent. Ce dédoublement est inutile surtout lorsqu’on considère le peu de budget ou d’expertise de chacun des organismes afin de faire sa propre étude d’impact. Il est beaucoup plus bénéfique d’en faire une seule qui est plus rigoureuse.

    Dans le même ordre d’idée, une autre faille de la consultation publique est le manque de rigueur des citoyens. Ce manque de rigueur n’est toutefois pas volontaire il est dû en partie au processus d’audience publique québécois qui ne laisse qu’un mois entre la séance d’information et la séance qui permet de déposer des mémoires. De plus, les citoyens ayant leur travail les autres tracas de la vie à s’occuper ne peuvent donc pas consacrer beaucoup de temps à réfléchir sur les enjeux de la consultation. Par exemple, lors de la consultation sur l’Aménagement du site Contrecoeur dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, les documents par les promoteurs, les personnes ressources et de la commission totalise 2621 pages (OCPM) (donc nous excluons les mémoires par les citoyens). Il est pratiquement impossible pour une personne de lire et de comprendre toute cette documentation technique en un seul mois. Néanmoins, la lecture de ces documents est nécessaire afin de bien comprendre la situation d’ensemble et de formuler une opinion valable qui prendra en compte tous les concepts en jeux dans la décision.

    Ce constat réaffirme donc l’importance de la technocratie. En faisant carrière dans l’administration publique, le technocrate peut donc se pencher efficacement sur les enjeux en cause. De plus, le principe de permanence dans l’administration publique favorise la neutralité et la stabilité : « l’esprit libéré de toute inquiétude quant à leur avenir professionnel, les participants peuvent se concentrer sur leur travail de tous les jours.» (Dion, 172) Cette stabilité permet d’être conséquent dans toutes les décisions prises contrairement au processus d’audience publique qui n’a pas une évaluation stratégique globale, mais bien très spécifique selon un territoire donné. Par exemple, une région pourrait être très en faveur de la création d’une autoroute tandis qu’une région voisine s’y opposerait pour des raisons d’intérêt personnel. Donc, l’autoroute ne se ferait pas due à une petite région tandis que si les dossiers sont dans les mains des technocrates ils évalueront la globalité du dossier avant d’émettre une décision.

    L’utilisation des audiences publiques afin de déterminer l’emplacement d’un projet qui comporte beaucoup de répercussions négatives a plusieurs conséquences. Cette méthode renforce les inégalités entre régions. Par exemple, si un projet ayant des effets négatifs sur l’environnement est proposé à deux endroits devront débattre des raisons pour rejeter le projet. Toutefois, chaque région ne dispose pas des mêmes ressources économiques et intellectuelles afin de défendre son point de vue. Ce qui ferait en sorte que les régions moins riches argumenteraient moins biens son point de vu étant donné que les organisations de citoyens provenant de région plus pauvre ne disposent pas des mêmes ressources que les organisations citoyenne des régions riches. De plus, comme il a été mentionné ci-haut il y a une confrontation entre le savoir profane et le savoir scientifique. Partant de ce constat nous pouvons donc croire qu’une région où la scolarisation est plus grande va pouvoir déposer des mémoires de meilleure qualité qu’une région moins scolarisée. Le projet de barrage hydro-électrique de la Romaine pourrait être un exemple de ce principe, car certains avancent qu’Hydro-Québec a cherché à acheter l’appui des élus régionaux.(Francoeur) Donc, les ressources financières ainsi que la scolarité moyenne d’une région pourraient l’avantager ou la désavantager devant le processus d’audience publique et par conséquent le modèle québécois permet des inégalités entre citoyens selon les ressources de la région.

    L’administration publique ne favorise pas cette séparation, car elle agit «selon la même norme d’impersonnalité qui prévaut en son sein.»(Dion 172) Ces relations avec la population sont codifiées et selon Dion cette codification comporte quatre avantages soit l’équité dans le traitement des personnes, l’honnêteté, la continuité, car les règles ne sont pas causées par le bureaucrate il ne fait que les appliquer et finalement l’efficacité puisque les bureaucrates vont pouvoir analyser plusieurs situations semblables comme un tout et non comme des cas particuliers ce qui accélère le processus.

    Bref, le modèle de participation publique québécois doit être modifié en minimisant l’importance de la participation populaire qui n’est pas nécessairement bénéfique à la collectivité.

     

    Par Dominic Fontaine

     

    Bibliographie

    Dion, Stéphane. 1992.«La Bureaucratie». Dans Gow, J.I., M Barrette, S. Dion Introduction à l’administration publique Montéral : Édition Gaétan Morin. 164-172

    Francoeur, Louis-Gille. 2008. «Projet hydroélectrique de la rivière Romaine - Roy Dupuis reproche à Hydro-Québec d'avoir acheté l'appui des élus régionaux». Le Devoir(Montréal). En ligne. http://www.ledevoir.com/2008/11/12/215545.html 

    OCPM. Aménagement du site Contrecoeur dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. En ligne. http://www.ocpm.qc.ca/consultations-publiques/amenagement-du-site-contrecoeur 

    Weber, Max.1971. Économie et société Paris : Plon

  • Mieux gérer notre système de santé

    par Caroline Landry

    ENP-7328

     

    Le Québec s’est doté d’un système de santé universel garantissant à ses citoyens la gratuité de la majorité des services et des soins qu’ils reçoivent sur le territoire de la province. Afin de rencontrer son obligation d’universalité des soins de santé, le gouvernement a vu ses dépenses en santé croître de 8% par année depuis les dix dernières années et consacrera pour l’année 2010-2011 44,7% de son budget à la santé. Malgré cette portion importante consacrée à la santé, le réseau de la santé n’est pas en mesure de répondre à la demande. Pourquoi? Est-ce parce que le réseau de la santé est mal géré? Est-ce parce que le panier de services est trop large? Est-ce parce que les citoyens utilisent mal le système? Est-ce parce que les conventions collectives sont trop limitatives des droits de gérance? Je réponds « oui » à toutes ces questions. Dans un rapport qu’elle a publié en septembre dernier, la très prestigieuse Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est prononcée la situation du système de santé au Canada.  Selon l’OCDE, une réforme en profondeur du système de santé canadien et québécois est nécessaire. Le système de santé est très coûteux mais les citoyens n’en retirent pas le maximum. Selon l’OCDE, la problématique ne se situe pas dans les investissements que nous faisons dans notre système de santé mais plutôt dans sa gestion. Le système de santé coûte trop cher pour la qualité qu’il donne en retour. Cette évaluation est principalement faite à partir des constats suivants : pénurie de médecins de famille, engorgement des urgences et délai d’attente trop long pour les chirurgies. L’OCDE y va avec une liste de recommandations, qui, selon elle, solutionneraient les problématiques du système de santé canadien. Parmi ses recommandations, on y retrouve les suivantes : réduire la croissance des dépenses en santé de 8% à 4% par année; procéder à une réforme de la Loi canadienne sur la santé afin de permettre la couverture privé des services de base;  procéder à une réforme du système de financement des hôpitaux en procédant sur la base du niveau d’activités et introduire une participation financière des patients. Évidemment, il ne s’agit que d’une liste de recommandations. À nous de choisir lesquelles nous conviennent. L’OCDE a fait une belle « job » de nous placer devant une réalité que nous ne pouvons plus ignorer.  Notre système de santé est un gouffre sans fond!

     

    Il faut se rendre à l’évidence qu’un changement radical dans la façon dont nous administrons le réseau de la santé s’impose. Cessons de demander aux établissements de santé des redditions de compte à n’en plus finir et consacrons-nous à ce qui est important, les soins et les services à offrir aux citoyens. Syndicats, aidez nous à réorganiser le travail en mettant la clientèle au cœur de nos préoccupations. La solution ne se trouve pas dans l’imposition d’un ticket modérateur ou dans une franchise santé. Les contribuables québécois sont parmi les plus imposés au Canada. À cela s’ajoute, les contributions au Régime québécois d’assurance parentale, à la Régie des rentes du Québec, à l’assurance-emploi et les taxes de toutes sortes (TPS, TVQ, taxes municipales et scolaires). En bout de ligne, plus de 50% de nos revenus vont au gouvernement. C’est assez!  Cessons de saigner à blanc la classe moyenne. Arrêtons d’investir dans des futilités comme un super amphithéâtre à Québec. Demandons aux citoyens corporatifs de contribuer plus en haussant leur taux d’imposition ou encore en exigeant que les soins de base soient couverts par les régimes d’assurances de groupe des employeurs au même titre que les médicaments. En tant que société, il faut faire un choix et déterminer ce qui est important : la santé ou la culture? Si la réponse est la santé et on peut s’imaginer qu’elle le sera, prenons les moyens en conséquences. Oui, les budgets des autres ministères s’en verront réduits, mais ce sera notre choix. Est-ce vraiment nécessaire d’avoir 20 ministères? Pourquoi ne pas procéder à une cure minceur et en regrouper certains afin de diminuer les coûts opérationnels du gouvernement. Ces économies pourraient être investies dans la santé. Avant de puiser dans les proches des patients comme le suggère l’OCDE, regardons les autres recommandations et tentons de solutionner le problème en procédant à une saine gestion de notre système. C’est trop facile d’augmenter les impôts et d’imposer des franchises santé ou un ticket modérateur. Ces solutions que je considère « band-aid » ne feront que panser le bobo et ne règleront rien à long terme.

  • Mourir dans la dignité

    Commettre le meurtre d’un patient ou laisser un patient mourir à volonté ?

    La dignité est un terme commun et global, mais sans une définition standard et universel. La dignité peut être très individualisée, liée à une qualité, à une attitude ou au respect de l’autonomie de l’individu. La dignité peut être utilisée dans le contexte des discriminations abusives, dans un contexte moral, éthique ou légal. La dignité donc n’est pas un concept absolu, mais un concept qui doit être approché d’une façon holistique et pluridimensionnelle. Cependant, la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a lancé le débat de société sur le sujet sans bien aborder ses dimensions. Selon vous, est-ce que l’état a amené cette question parce qu’il n’a pas toutes les ressources nécessaires pour répondre à des besoins des souffrantes? Selon vous, est-ce qu’il y a une différence entre l’euthanasie dans le sens active (l’euthanasie volontaire ) et dans le sens passif (suicide assisté)? 

    Une question cruciale est de savoir qui décide et/ou comment on choisit les critères physiques, psychiques ou moraux d’une souffrance ou d’un apaisement ? Il serait naïf de penser que l’euthanasie se fait involontairement pour mettre fin à la souffrance d’une personne. Il serait également naïf de penser que la vie des individus pourrait être contrôlée par la réglementation gouvernementale. Le droit d’imposer ou de s’imposer la mort est un enjeu complexe qui touchent aux plusieurs sujets : la criminalisation, l’éthique, la morale, les valeurs sociétales et la religion et le professionnalisme. Traditionnellement, toutes les versions du suicide assisté, c’est-à-dire toutes les formes de l’euthanasie qui permet à un patient de mourir, étaient des actes considérées comme des actes immoraux, et à cause qu’ils étaient immoraux, ils étaient considérés respectivement illégaux; et aujourd’hui l’euthanasie est égale à un meurtre de premier degré tandis que le médecin offre un plaisir à son patient en mettant fin à ses souffrances. Alors, nos sociétés démocratiques reposent bien sur le principe que nul ne peut retirer la vie d’un être humain. Mais est-ce que l’état    Prends en considération les conséquences sociales que l’acte d’égalisation de l’euthanasie peut causer ? L’égalisation de l’euthanasie peut amener les risques de l’abus ou les risques de pente glissante entre l’euthanasie volontaire ou involontaire. La légalisation de l’euthanasie peut aussi violer le concept de relation entre le médecin et son patient, une violation de la confidentialité. Le patient atteint par une maladie incurable fait confiance à son médecin dans l’espoir qu’il l’aidera à se sentir mieux et qui respectera sa dignité humaine en lui offrant tous les soins nécessaires. Donc, l’état doit envisager des stratégies nécessaires pour prévenir ou alléger les conséquences de l’acte de décriminalisation. 

    Une de ces stratégies pourrait être basée sur les soins palliatifs pour les patients en phase terminale. On sait déjà que le système de santé publique n’accorde pas une somme suffisante pour financer les soins palliatifs et longue durée. Ce qui amène à une disparité dans le système de l’accès aux soins. Ceux qui n’ont pas accès aux services privés font face à une inégalité sociale dans la matière de la santé. Le gouvernement est bien conscient de ce problème. Donc la question de la mourir dans la dignité pourrait être une solution rapide pour s’embarrasser de plusieurs vies souffrantes et innocentes dont leurs continuités, amènent de dépenses supplémentaires et sans de ressources financières, humaines ou logistiques. Cependant, cette solution bien rapide n’est pas conforme à la loi canadienne sur la santé qui confirme que l’équité des services des soins de la santé est un acte obligatoire et un devoir professionnel.

    C’est là qu’un partenariat public-privé prend l’importance et fait face aux manques des ressources publiques. Le gouvernement en appuyant et encourageant ce partenariat effectuera avant tout son rôle de gestionnaire d’état. En même temps, il va assurer la qualité de la fin de vie des personnes en état terminale. 

    Sara Homayounfar

    Étudiante en maîtrise