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  • Blog#2; Y. D. SOMDA: Le Pôle de croissance de Bagré ou le Plan Nord à la sauce Burkinabé

    Au début des années 90, de nombreux pays en développement à l’instar du Burkina Faso ont été contraints par les institutions de Bretton Woods, et cela est un truisme, de mettre en œuvre des programmes d’ajustement structurel (P.A.S.). La finalité de ces reformes était entre autres choses que l’Etat devait réduire ses dépenses dans les secteurs non productifs et se désengager de ceux certes productifs mais qui ne relèvent  pas stricto sensu de ses prérogatives régaliennes. Il s’en est suivi par conséquent, comme on le sait, une vague de privatisation à la volée. En somme, ces Etats venaient de faire ainsi, du moins officiellement pour la plupart d’entre eux, leurs premiers pas dans l’ère de l’économie libérale. Il ne s’agira pas ici de discuter du bien fondé ou non de l’idéologie libérale ; le débat ayant perdu non pas définitivement son intérêt, mais progressivement son caractère passionnant, et, par suite, son intensité depuis la fin de la guerre froide et l’institutionnalisation  du phénomène de la mondialisation avec l’avènement de l’Organisation mondiale du commerce.  Il s’agira plutôt de s’interroger sur le rôle et la place de l’Etat face aux enjeux de développement économique dans cet ère mondialisé. Plus singulièrement, au regard des aspirations légitimes des populations à un niveau de vie de plus en plus élevé et des impératifs de favoriser une croissance économique continue et durable et une répartition juste et équitable des revenus, on est en droit de s’interroger sur la nécessité pour l’Etat de jouer  un rôle important à cet effet.  Sans remettre en cause le principe du libre marché, je pense que l’Etat doit jouer un rôle dynamique et proactif, de catalyseur  de la croissance économique et de réduction de la pauvreté. C’est sans doute dans cette même veine que le Plan Nord du gouvernement de Jean Charest s’inscrit. Il  existe des exemples de telles interventions étatiques dans nombre de pays développés.

    Cependant, la question mérite d’être posée, car il me semble que cela n’a pas toujours été le cas au Burkina Faso. Bien au contraire, l’évolution montre un désengagement progressif de l’Etat dans des secteurs essentiels comme l’agriculture qui occupe plus de 90% de la population active. En effet, ce secteur jadis au centre des préoccupations des autorités publiques, surtout sous la Révolution de 1983 à 1987, a cessé d’être la priorité des gouvernants. Certes, la filière coton a toujours bénéficié de l’appui des autorités. Par ailleurs, on a pu observer une multitude de programmes et des projets divers au profit de ce secteur. Cependant, force est de constater que la mauvaise gestion et les détournements des fonds alloués ont conduit le plus souvent à des échecs cuisants. Le suivi et l’évaluation de ces programmes ou projets, quant ils existent pour les projets les mieux gérés, révèlent des résultats  mitigés. L’échec du secteur agricole est sans doute l’une des causes majeures de l’échec du Cadre stratégie de lutte contre la pauvreté mis en œuvre de 2000 à 2010.  Il a fallu attendre, la crise alimentaire de 2008 et les émeutes de la faim qui en ont résultées pour observer un sursaut de volonté  de la part des autorités politiques pour appuyer le secteur de l’agriculture.

    Ainsi, avec la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable1 adoptée en 2010 pour la période 2011-2015, programme de développement très ambitieux d’un coût global de 7.496,2 milliards de FCFA - et comme pour nous rappeler la loi de Wagner et le  recours à la dette, il a fallu organiser une conférence internationale à Paris du 1er au 3 février 2012 pour mobiliser les 973,15 milliards qui manquaient au financement auprès des Partenaires techniques et financiers et des opérateurs privés – L’Etat Burkinabé semble jouer désormais le rôle approprié qui est sien pour la croissance économique. Par ailleurs, il faut dire que, en tirant les leçons des échecs antérieurs,  l’agriculture semble avoir retrouvé  une place prioritaire. A ce sujet, le Projet pôle de croissance de Bagré (PPCB) en est une preuve. Le Projet consiste pour l’essentiel en une mise en valeur des terrains situés en aval du barrage hydro-électrique de Bagré d’une capacité de retenue d’environ 1,7 milliard de mètre cube d’eau. Il s’agira d’aménager des parcelles pour la culture en irrigation totale des céréales comme le riz et le maïs etc., des fruits et légumes ainsi que des zones pour les activités pastorales, la pisciculture, l’agro-industrie etc.  Entrée en vigueur le 1er novembre 2011 et inauguré seulement le 5 avril dernier, le PPCB devrait permettre à terme la création d’au moins 30.000 emplois. Selon le site d’information lefaso.net :

        « L’on attend de la mise en œuvre du Projet 450 000 tonnes de production agro-pastorale (céréales, légumineuses, fruits et légumes) ; 1 250 tonnes de poissons ; 2 400 tonnes d’aliments pour bétail. De quoi contribuer significativement à l’autosuffisance alimentaire. En effet, Bagré dispose de grands atouts dans le domaine agricole. Le potentiel irrigable atteint 57 800 hectares avec des possibilités de sécurisation foncière sur 500 000 hectares déclarés d’utilité publique. Le barrage de Bagré a une capacité d’environ 1,7 milliards de mètres cubes. Les terres de la localité sont favorables à plusieurs types de production agro-sylvo-pastorale. L’on peut y faire de la production céréalière, la production horticole, la production d’oléagineux, la production d’aliments de batail avec l’existence d’une usine d’une capacité de 3 000 tonnes et l’aquaculture. »2

    D’un coût total de 133,7 millions de Dollars US, dont 115 millions soit 86%  du coût total est financé par la Banque Mondiale et le reste partagé entre l’Etat (8%) et les bénéficiaires (6%), le PPCB fait « du secteur agricole un levier de la croissance économique »3. Ce qu’il est intéressant de noter, c’est le fait que ce Projet reçoit un soutien conséquent de la Banque Mondiale, comme quoi, cette intervention de l’Etat est de bon goût. Et ici l’endettement de l’Etat semble ne pas correspondre à un « payement d’épicerie », mais plutôt un investissement productif à la condition que le projet soit très bien géré. Car, à la différence du Plan Nord québécois, sur lequel il ne peut peser à priori une présomption de mauvaise gouvernance, en raison notamment du contrôle très parcimonieux du Conseil du trésor et de l’Assemblée Nationale et même de la vigilance de l’opinion nationale, on ne peut accorder un tel bénéfice du crédit à la mise en œuvre du PPCB. Ici, le principe c’est la présomption, sans doute réfutable, de la mauvaise gouvernance qui pèse sur la mise en œuvre d’un tel Projet, au regard bien entendu des antécédents en matière de gestion des projets. Ainsi, même si le projet suscite de fortes espérances au sein de la population, il n’en demeure pas moins que l’opinion nationale en générale reste sceptique quant à sa mise en œuvre efficiente. Et cette donne semble ne pas échapper aux autorités qui s’emploient à prendre toutes les mesures pour assurer le succès de sa mise en œuvre. Cela d’autant plus que du succès de « Bagrépôle » dépendent la mise en œuvre d’autres pôles de croissance dans différente régions du Burkina Faso. Cette prise de conscience ne peut être exprimée plus clairement qu’en reproduisant ici in extenso un extrait d’un article du journal Bandré paru dans la presse nationale :

    « Lors du lancement du Bagrépole le 05 avril dernier, le Premier ministre Luc Adolph TIAO, a évoqué avec une certaine insistance, la nécessité de mettre des soins dans l’exécution des projets en cours car le Président du Faso voudrait qu’à l’heure de son bilan, il puisse effectivement dire qu’il a apporté quelque chose de positif et de substantiel dans le développement de son pays. On remarque que le régime fait un point d’honneur, l’aboutissement des actions déjà engagées. (…) Pendant une bonne partie de sa présidence, les actions de Blaise dans le domaine économique, ont été marquées par des approximations, de l’improvisation et du populisme. Résultat, à la veille de la fin de son règne, le Président se rend compte de la misère extrême de ses concitoyens. On peut certes, contempler les immeubles de Ouaga et les villas dans les villes du Burkina mais la réalité reste implacable. C’est-à-dire que la prise de conscience du Président et de ses hommes du fait qu’une minorité de Burkinabé dont ils font partie s’est enrichie mais que la population est plus pauvre et qu’il faut travailler à améliorer ses conditions d’existence, cette prise de conscience, disons-nous, est un grand pas ! »4.

    Cette prise de conscience est d’autant plus un grand pas qu’il s’agit ici d’enjeux essentiels tels que la croissance économique, la réduction de la pauvreté, la lutte contre le chômage, et par delà tout , l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Car comme aime à le répéter le politicien Laurent Bado, la priorité des priorités, la locomotive doit être l’agriculture et l’élévage. Il se  justifie en ces termes :

    « … pendant la campagne présidentielle de 2005, tous les candidats, pour plaire aux pauvres, disaient que leur priorité, c’est la santé et l’éducation. J’étais seul à dire que c’était l’agriculture et l’élevage pour la simple raison que ceux qui tombent malades sont ceux qui ne mangent pas ou qui mangent mal ! C’est vrai ou faux ? Donc, plus l’agriculture et l’élevage augmenteront, plus la maladie diminuera. De même, à quoi sert de développer l’éducation, si c’est le chômage qui attend nos diplômés ? Par contre, quand l’agriculture et l’élevage d’abord, quand l’industrie et le commerce ensuite se porteront bien, la santé et l’éducation se porteront très bien »5

    Les responsables politiques semblent partager aujourd’hui son point de vue.

    En définitive, je souligne ici l’importance des enjeux économiques et le rôle positifs que doit jouer l’Etat. L’Etat doit intervenir certes, non pas avec amateurisme, mais avec professionnalisme. A cet effet, le mode de désignation des concepteurs et gestionnaires des programmes et projets y relatifs doit reposer sur des critères sérieux et non plus seulement sur les affinités politiques. L’Etat doit disposer non seulement de personnel bien formé et hautement compétent, mais aussi et surtout intègre. Et c’est là un autre enjeu !

     

     



    2Projet pôle de croissance de Bagré : Une opportunité de tendre vers l’autosuffisance alimentaire, http://www.lefaso.net/spip.php?article47407&rubrique3

    3 Pôle de croissance de Bagré : faire du secteur agricole un levier de la croissance économique » ;  http://www.lepays.bf/?POLE-DE-CROISSANCE-DE-BAGRE,5017

    4 Blaise Compaoré hâte le pas ; http://www.lefaso.net/spip.php?article47434&rubrique21

  • Blog # 2 Consuelo Coronel. Programme de travailleurs agricoles saisonniers

    PROGRAMME DE TRAVAILLEURS AGRICOLES SAISONNIERS

     

    Le 18 mars dernier le journal la presse a publié l’article «L’exploitation tranquille des travailleurs étrangers». Cet article fait état des problèmes, des injustices et des désavantages inhérents  aux travailleurs étrangers temporaires au Canada. Soulignons que cette parution n’a pas tenu compte des éléments d’ordre international, d’intérêts publiques ou privés des parts involucrés dans les relations internationales.

     

    Notons que le manque de main-d’œuvre au Canada dans le domaine de l’agriculture contribue au recrutement de travailleurs agricoles étrangers temporaires. Les conditions de travail de cette catégorie dépendront de la provenance du permis du travail qui est émis par le pays d’accueil. Précisons que le gouvernement est le responsable de contrôler le flux de l’immigration. Par conséquences les politiques sont fondées sur le droit international privé.

     

    Le ledit article stipule que les travailleurs étrangers temporaires n’ont pas les mêmes droits que les résidents permanents ou les citoyens; en mentionnant que les droits et les libertés son violés étant donné que les travailleurs sont obligés de résider chez l’employeur. Ils sont vulnérables aux mauvais traitements de part de l’employeur et à être expulsés à son pays d’origine sans leur consentement. De plus, ils ne comptent pas de couverture en assurance santé, dentaire et de l’indemnité en cas d’accident. Le permis de travail est autorisé pour une durée limitée et lié à un employeur assigné. L'article mentionne aussi que les travailleurs sont mal rémunérés en travaillant plus de 40 heures par semaine, sans avoir le droit des journées congés, de maladie, de vacances et de cours de français aussi que de demander la résidence permanente. Dans plusieurs cas les travailleurs ont recouru à une agence de recrutement en payant un fort prix  afin qu’elle leurs trouve un emploi au Canada.

     

    Récemment, auprès de la Chambre des Communes, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a dénoncé la discrimination systémique de laquelle sont victimes les travailleurs étrangers temporaires. Elle a aussi fait des recommandations, en considérant que les modifications aux programmes de main-d’œuvre sont requises afin de respecter les droits et les libertés de la charte québécoise. Ces travailleurs arrivent au Canada dans le cadre des programmes tels que le programme des aides familiales résidents, le programme des travailleurs agricoles saisonnier (PTAS), le projet-pilote relatif aux professions exigeant un niveau réduit de formation et le programme d’expérience canadienne. Dans tous ces programmes les employeurs sont ceux qui font la sélection du travailleur. 

     

    Considérons que cette situation est conséquence de l’inexistence des échanges internationaux entre les états, les organisations gouvernementales ou les organisations non gouvernementales. Les enjeux des relations internationales sont importants par suite de la mondialisation qui prévoit le libre transit. Toutefois certain pays ne peuvent pas ouvrir ses frontières à la libre circulation des personnes, tels que le Canada. Le gouvernement du Canada et du Québec ont signés des ententes de travail avec plusieurs pays, parmi lesquels se trouve le Mexique. Le Canada a ratifié plusieurs instruments internationaux en respectant les droits des individus et du travail, par exemple la Charte international des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droit économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, la Convention relative aux droits de l’enfant et le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.  

     

    À la suite analyserons le Programme de Travailleurs Agricoles Saisonniers notamment l’entente entre le gouvernement du Canada et du Mexique. C’est un Instrument Politique bilatéral nommé  le Mémorandum d’entente relatif au programme des travailleurs agricoles mexicains saisonniers qui a été signé par le gouvernement canadien et le mexicain en 1974 et  révisé le 27 avril 1995. Précision que cet instrument international est  une entente administrative intergouvernementale qui ne constitue pas une entente internationale. Cette entente inclut les règles opératives et le contrat de travail ce qui est signé par l’employeur et le travailleur. Les gouvernements doivent se réunir chaque année afin de réviser l’entente. Grâce à cette entente les citoyens mexicains viennent à travailler au Canada dans le domaine de l’agriculture, de l’aviculture et de l’apiculture ainsi que de la laitière. Les travailleurs agricoles mexicains  bénéficient des conditions de travail acceptées par la Commission des normes du travail. Cette situation diffère des conditions exposées dans le journal la presse.  

     

    A grosse mode, le programme consiste l’embauche de travailleurs agricoles mexicains saisonniers au Canada afin de satisfaire les besoins du marché du travail agricole canadien. Le Canada est responsable d’informer au Mexique avant 20 jours ouvrables le numéro de travailleurs requis pour faciliter leurs processus de documentation et permettre leurs arrive dans les dates demandés par les employeurs. L’ambassade du Canada à Mexico révise la documentation des travailleurs et autorise le permis de travail. Afin de étayer à l’administration du programme, la Direction de Ressources Humaines Canada (DRHC) alloue ce fonction à  la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME) au Québec et  à FARM, organisme à but non lucrative aux provinces de Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

     

    Le Ministère de Travail et de l’aide social du Mexique en coordination avec les agences gouvernementales de services d’emploi sont responsables de la sélection et de l’embauche des travailleurs ainsi que d’informer à l’ambassade canadien et à la FERME ou FARM les renseignements des travailleurs agricoles sélectionnés. Les consulats du Mexique au Canada facilitent et aident à l’administration des processus de sélection et d’embauche ainsi que surveille et étaye aux travailleurs, en vérifiant que le contrat soit respecté par les employeurs.

     

    En ce qui concerne aux travailleurs mentionnés dans l’article, les conditions qui prévalent entre eux et les travailleurs mexicains sont différentes. Les travailleurs agricoles mexicains demeurent chez les employeurs parce que les employeurs doivent gratuitement fournir le logement et les utensiles de cuisine. Cela permet aux travailleurs mexicains faire des économies afin d’envoyer  de l’argent à leurs familles au Mexique. Le gouvernement canadien et mexicain vérifient que le logement soit en bon état. Cela représente des avantages par les travailleurs agricoles saisonniers, selon le contrat de travail. Considérons qu’ils ne sont pas contraints de loger chez l’employeur et qu'il ne serait pas rentable louer un appartement quand les travailleurs peuvent résider au Canada moins 240 heures dans six semaines et huit mois maximum.

     

    Autre contradiction avec l’article ledit est que les travailleurs mexicains ont le droit aux services de santé. Ils comptent avec une assurance qui couvre les soins médicaux et dentales, les médicaments, l’indemnisation pour maladie ou accident les premières deux semaines et le coût de billet d’avion en cas de rapatriement. Les travailleurs agricoles sont exposés à des risques associés aux mauvaises postures, aux gestes répétitifs, aux efforts excessifs, à la chaleur et aux pesticides ainsi qu’à risques des blessures. Par conséquences, en cas d’accident de travail, ces travailleurs  ont les mêmes droit et responsabilités que les résidents permanents ou citoyens auprès de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). Malgré qu’’il n’existe pas une entente internationale en matière de sécurité sociale entre la CSST et le Mexique.

     

    Effectivement les travailleurs agricoles mexicains saisonniers n’ont pas le droit à demander la résidence permanente, ils sont soumis au permis de travail comme résidents temporaires, selon la loi d’immigration et la protection des réfugiés. Néanmoins, ils acceptent cette condition étant donné que leur objectif est de travailler et d’envoyer de l’argent à leurs familles. De plus, ils ne sont pas intéressés d'avoir une intégration à la société canadienne.

     

    Enfin, soulignons que ces travailleurs contribuent au développement économique du Canada. Les dernières années le numéro de travailleurs agricoles étrangers a augmenté. En conséquence, considérons que les pays qui génèrent des émigrants doivent signer des ententes avec le gouvernement fédéral ou provincial afin que se respecter les droits du travail des travailleurs saisonniers.

  • Blog#2 M.Noëlla/ Le gaz de schiste au Québec: quand les intérêts de l'industrie gazière passent avant ceux de la population !!

    Un schiste est une roche qui a pour particularité d'avoir un aspect feuilleté, et de se débiter en plaques fines ou « feuillet rocheux ». Cette roche peu perméable contient du gaz naturel appelé « Gaz de schiste ».

    Le gaz de schiste est  non conventionnel puisqu'il ne peut être extrait selon les techniques de forage dites classiques. Il est emprisonné dans des formations rocheuses situées entre 1 et 3 kilomètres sous terre, mais étant donné  que celui-ci constitue une source d’énergie moins polluante (30% de moins de Gaz à Effet de Serre),  il bénéficie d'une forte demande dans l'industrie. Cependant, l'exploitation du gaz de schiste au Québec suscite une grande controverse  et l'un des principaux enjeux de l'exploitation du gaz de schiste repose sur la manière de la réaliser sans risques pour l'environnement et les populations locales.

    Le sous-sol de plusieurs régions du Québec contient du gaz de schiste argileux, notamment celui des régions du Centre-du-Québec, de Chaudière-Appalaches et de la Montérégie, réputé contenir les masses minières les plus importantes.

    Bien que les avantages liés à l’utilisation du gaz de schiste soient nombreux, les problèmes que cause son exploitation s’avèrent les plus importants.

    S’agissant des avantages, le gaz de schiste produit moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon ou le pétrole, et le CO2 représente près de 70% des émissions de gaz à effet de serre, principalement issu de la combustion des énergies fossiles. Lorsqu’il est source d’électricité, le gaz naturel produit environ en moitié moins d’émissions de GES que les produits pétroliers (le diesel et le mazout dans ce cas) et près de 60 % moins d’émissions que la filière du charbon. Lorsqu’il est source de chauffage, le gaz naturel émet 26 % moins de GES que le mazout et 71 % moins que le charbon.

    Bien que le gaz naturel ne soit pas une source renouvelable, il pourrait constituer  une énergie de transition vers des énergies renouvelables. L’utilisation du gaz de schiste pourrait donc s’insérer dans une stratégie visant à réduire les émissions de GES, notamment dans les transports urbains, les flottes de véhicules, les procédés industriels et pour le chauffage des locaux, là où son efficacité est très élevée. Cela peut donc diminuer l’enjeu environnemental le plus important auquel le monde entier est actuellement confronté, à savoir le réchauffement planétaire.  

    Selon l’ex-ministre des ressources naturelles et de la Faune, madame Nathalie Normandeau, l’exploitation de gaz de schiste permettrait au Québec de limiter sa dépendance à l'Alberta en matière d'approvisionnement énergétique. En produisant sur place le gaz nécessaire,  le Québec réduirait ses importations d'hydrocarbures et selon les calculs de madame Normandeau, celui-ci sauverait pas mal de sous vu qu’il achète à l'Alberta près de 14 milliards de dollars annuellement en pétrole et en gaz.

    Selon André Caillé, président de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), l'industrie du gaz de schiste pourrait créer autour de 7500 emplois locaux.

    Parlons un peu des inconvénients. Ce n’est pas pour rien que la population s’oppose à l’utilisation du gaz de schiste et comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu. Même si le gaz de schiste en soi n’est pas mauvais, les méthodes utilisées dans son extraction sont très dangereuses et polluantes. La technique d’extraction utilisée à savoir la fracturation hydraulique horizontale qui consiste à envoyer à très forte pression le liquide constitué d’eau en grande quantité dans laquelle sont ajoutés des produits chimiques et des microbilles de la taille de grains de sable, occasionne  la contamination  des sources d’eau potable. Le bruit des machines et des camions qui circulent sans arrêt  nuisent à la quiétude des gens environnants et tout cela ne fait que détruire leur qualité de vie.

    Même si le gouvernement québécois soutient l’exploitation du gaz de schiste, il est aussi conscient des impacts environnementaux que ce dernier engendre. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune note trois types d'émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l'exploitation du gaz de schiste argileux :

    -         les émissions dues à l'utilisation de foreuses, de compresseurs, de pompes, de génératrices et de camions, nécessaires aux activités d'exploration et d'exploitation;

    -         les émissions provenant de l'élimination d'impuretés dans le gaz;

    -         les émissions fugitives, c'est-à-dire les fuites de gaz non intentionnelles.

    Lors de la phase exploratoire, les émissions de GES proviennent principalement de l'étape de construction des puits. Lorsque le puits entre en production, les émissions sont générées par les opérations de déshydratation et de compression du gaz.

    Ces exemples sont amplement suffisants pour montrer à quel point le problème est sérieux et mérite une attention particulière de la part du gouvernement. Plusieurs entreprises ont obtenu des permis d'exploration tout le long de la vallée du Saint-Laurent, un territoire où se concentrent, entre autres, la majorité des exploitations agricoles du Québec. Selon l’Association Québécoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA), dans un sondage Hebdos Québec-Léger Marketing, réalisé entre le 20 et le 23 septembre 2010 et rendu public le 27, les résultats montrent que 45% des Québécois pensent que le gouvernement fait passer les intérêts de l'industrie gazière avant ceux de la population alors que seulement 4% des sondés jugent que le gouvernement fait passer les intérêts de la population devant ceux de l'industrie. Dommage, n’est-ce pas ?

    Il est vrai que l’utilisation du gaz de schiste serait bénéfique au gouvernement québécois mais vu tous ces inconvénients liées à son exploitation, le Québec, en tant qu’État de droit, doit prendre les choses en main et se montrer responsable. Des recherches plus poussées et un plan solide d'exploitation de ce gaz sans risques déraisonnables pour l'environnement et pour la quiétude des habitants des régions concernées s’avèrent nécessaires. Aussi longtemps que la population ne sera pas rassurée quant aux moyens utilisés pour extraire le gaz de schiste, le gouvernement doit renoncer à son utilisation et investir davantage dans les énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne, solaire, etc.

    A quoi bon investir dans le gaz de schiste  si pour arriver au résultat final  il faut passer par des méthodes polluantes et préjudiciables à la santé publique? Ce serait déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul!!

    Bonne lecture!

    Noëlla

    ENP7505

    Groupe de vendredi

     

     

    Sources :

    -Wikipédia.org

    -Radio-Canada.ca

    - www.naturalgas.org/overview/resources.asp

    - www.aqlpa.com

    - L'Association pétrolière et gazière du Québec

    - GAGNON, Luc, Émissions de gaz à effet de serre (GES) – Comparaison options de production d’électricité,  Hydro-Québec, janvier 2003