Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Blogue 2, France Bastien, L'eldorado québécois

    L’eldorado Québécois

    par France Bastien

    La question démographique est un enjeu important dans la majorité des pays occidentaux. Pour y faire face, ces pays ont ouvert leurs portes à l’immigration. Le défi, pour ces gouvernements, « est de définir les besoins et de concevoir des politiques d’accueil efficaces »[1]. On parle de défi parce que malgré les lois et programmes mis en place au Québec, notamment, des failles existent à ce niveau. Comme plusieurs de mes concitoyens, je n’en étais pas consciente jusqu’à ce que j’aie personnellement l’occasion de le constater.

     

    J’étudie depuis 3 mois à la prestigieuse École nationale d’administration publique de Montréal. Depuis mon arrivée, j’y ai fait un tas de rencontres enrichissantes, tant parmi mes collègues étudiants que parmi le corps professoral. Quelques rencontres m’ont cependant troublée, soit celles que j’ai eues avec des étudiantes marocaines. À distance, je les voyais souriantes. Elles paraissaient être bien, heureuses. La réalité des choses est pourtant bien différente. Toutes celles qui m’ont parlé ont prononcé les mots découragement, discrimination, humiliation. Elles vivent de l’angoisse et souvent même une très grande détresse. Moi qui pensais qu’elles devaient être mieux ici que dans leur pays d’origine, disons que mes discussions avec elles et les lectures que j’ai faites pour écrire ce blogue ont remis mes pendules à l’heure. Mon souhait est qu’après avoir lu mon texte, vos pendules tendent aussi à se remettre à l’heure juste, le tout dans l’espoir que ceux et celles qui viennent ici enrichir notre société n’aient plus l’envie d’en repartir au plus s… vite. 

    Des gens instruits

    Il faut savoir que plus de 60 % des immigrants arrivant au Québec sont sélectionnés en fonction de leur scolarité, leurs compétences professionnelles et de leur langue[2]. En 2006, les chiffres officiels démontraient que 27 % chez la population immigrante avait fait des études universitaires. En comparaison, ce taux était de 14,7% dans la population québécoise[3]. Ils sont donc, en général, plus scolarisés que la moyenne d’entre nous.

     

    Un bon nombre de ces immigrants occupaient dans leur pays d’origine des emplois professionnels. Ils vivaient bien sur le plan matériel, et faisaient partie des couches sociales favorisées.

    Leur situation ici

    En arrivant ici, contrairement à ce que je pensais, leur situation ne s’est pas améliorée. Ils vivent souvent dans la précarité et sont affectés par le sous-emploi et la pauvreté[4]. Plusieurs études démontrent qu’une majorité d’entre eux ont de la difficulté à se trouver un emploi de qualité, à la hauteur des compétences et de l‘expérience acquises dans leur pays d’origine[5]. À cet égard, on calcule que « chez les immigrants âgés de 25 à 54 ans et établis depuis moins de cinq ans au Québec, le taux de chômage est près de trois fois supérieur à celui des natifs. Après cinq à dix ans, il demeure plus de deux fois supérieur »[6].  On se demande alors pourquoi faire venir ici des gens hautement qualifiés s’il n’est pas possible de leur offrir rapidement une place à la dimension de leurs qualifications?  

    Parmi les facteurs explicatifs, on constate qu’il est souvent difficile pour eux de faire reconnaître ici la formation et l’expérience obtenues à l’étranger. De même, l’accès aux métiers et aux professions leur est difficile en raison des conditions trop sévères régissant cet accès. Par ailleurs, une des raisons importantes réside malheureusement dans les pratiques discriminatoires exercées à leur endroit. À cet égard, de nombreux témoignages recueillis durant la Commission Bouchard Taylor vont dans le même sens des propos que j’ai entendus à l’ÉNAP. Des ingénieurs et des architectes qui sont maintenant chauffeurs de taxi, des avocats et même des juges qui font désormais de la plonge ou des livraisons[7].

    Les femmes immigrantes musulmanes, même celles qui détiennent un diplôme universitaire, sont malheureusement encore plus affectées par le sous-emploi et la pauvreté, en particulier celles qui portent le foulard[8]. C’est là, selon de nombreux témoignages entendus à la Commission Bouchard Taylor, une cause importante d’échec dans leurs démarches d’embauche. Le rapport de la commission cite en exemple le cas d’une jeune musulmane portant le voile, étudiante en pharmacie, a vu sa demande de stage rejetée par 50 pharmaciens avant de trouver accueil chez un pharmacien arabe. Le rapport relate également l’histoire d’une immigrante, première de classe à l’Université de Montréal, qui a fait 200 demandes de stage et essuyé autant de refus[9]. Ici même à l’ÉNAP, des étudiantes portant le voile m’ont confié qu’il était pratiquement impossible pour elles de se trouver un stage. 

     

    Idées préconçues

    Même si nous n’osons souvent l’avouer, à soi-même ou encore en public, un certain nombre de Québécois entretiennent à propos de l’ensemble des minorités ethniques une image négative. « Les moindres incidents sont exploités pour nourrir et perpétuer les représentations négatives que la machine médiatique reprend souvent à son compte, les accréditant en quelque sorte »[10]. On croit par exemple, et à tort, que de nombreux immigrants ne veulent pas s’intégrer et qu’ils ne songent qu’à recréer ici la société qu’ils ont quittée [11]. Pourtant, toutes les étudiantes qui m’ont parlé m’ont assuré qu’elles étaient venues ici pleines d’ouverture, avec l’intention de s’intégrer à leur nouvelle patrie et de vivre dans un esprit de communauté au sein de la société québécoise.

     

    Reconnaissant cette problématique, le rapport Bouchard Taylor constate que ce qui est déterminant, c’est notre capacité d’accueil elle-même que notre volonté d’accueil, « c’est-à-dire les perceptions ou l’attitude des membres de la société d’accueil envers l’immigrant et les ressources qu’on est disposé à consacrer à son intégration »[12].

     

    Les outils existent pourtant

     

    L’État québécois possède de nombreux outils pour combattre la discrimination et le racisme[13] :

    ·         la Charte des droits et libertés de la personne, la Déclaration de 1986 sur les relations interethniques et interraciales,

    ·         les programmes d’accès à l’égalité en emploi pour les groupes défavorisés,

    ·         les programmes visant à l’épanouissement des minorités ethniques,

    ·         l’adoption de politiques antiracistes par de nombreuses institutions publiques

    ·         divers programmes du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, 

    ·         la lutte contre le profilage racial

    ·         la politique gouvernementale La diversité : une valeur ajoutée, permettant de lutter plus efficacement contre le racisme et la discrimination (2008).

     

    Les grandes orientations de la politique québécoise d’intégration ont été définies dans l’Énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration, en 1990. L’immigration y est présentée comme une condition essentielle du développement du Québec. Quant à la diversité culturelle, elle est perçue comme une richesse et l’État s’engage à faciliter son intégration[14].

     

    Comment se fait-il que 20 ans après cet énoncé, et malgré toutes les mesures mises en place, le problème de l’intégration des immigrants soit toujours aussi grand?

     

    Une piste de réponse

     

    Le texte de Claude Morin, L’interaction politiciens-administrateurs[15], apporte une piste de réponse à cette question, en traitant du lien qui existe entre le politique et l’administratif.  Selon Morin, le processus de production menant à la prestation de biens et services administratif par le gouvernement comporte quatre phases :

     

    1.                  La politification : Les problèmes sociaux deviennent des enjeux politiques.

     

    2.                  L’officialisation : La reconnaissance de enjeux mène à l’établissement de plans d’action étatiques, et donc de politiques. Les administrateurs y contribuent en fournissant aux politiciens des données, des analyses et même des propositions d’action aux politiciens.

     

    3.                  La transposition : Dans cette phase, les administrateurs participent à la transposition des politiques en projets de lois ou de règlements, à la planification, la réalisation opérationnelle et la budgétisation des ressources nécessaires.

     

    4.                  La réalisation : Il appartient aux administrateurs de le réaliser les programmes et opérations, notamment en gérant les ressources humaines, financières et matérielle.  Cette phase s’effectue cependant sous le contrôle politique des ministères.

     

    En résumé, ces quatre phases vont de l’identification de problèmes sociaux à la prestation de biens et services conçus pour y apporter remède.

     

    Si on transpose le processus de Morin à la problématique liée à l’immigration, les faits nous amènent à comprendre que la difficulté se situe au niveau de la phase 4, celle de la réalisation.

     

    En effet, les propos que j’ai entendus à l’ÉNAP de même que ceux qui ont été recueillis lors de la Commission Bouchard Taylor expriment qu’il y a un problème au niveau de la  nature de l’information diffusée aux candidats à l’immigration avant leur arrivée au Québec. Plusieurs se plaignent de ne pas avoir été suffisamment informés de la nécessité de connaître l’anglais pour occuper divers emplois et du fait que leur diplôme ou leurs compétences ne seraient peut-être pas reconnus.  Plusieurs affirment même qu’on leur a carrément menti à propos des possibilités qui les attendaient à l’arrivée (ils parlent d’« un portrait idyllique », d’un « eldorado », etc.)[16].  

     

    Le décalage entre ce qu’entendent les immigrants au sujet du Québec avant de s’installer ici et la réalité concrète qui les attend a sans doute plusieurs causes, tel que le mentionne le rapport de la commission[17]. Parmi celles-ci, le rapport mentionne l’optimisme exagéré des agents d’information du Québec à l’étranger qui, soumis à des objectifs importants de recrutement, sont sans doute tentés de forcer le trait sur les côtés positifs du Québec. Le rapport stipule également que lorsque les futurs immigrants ont comme unique source d’information les employés des ambassades canadiennes, ils obtiennent un portrait peut-être imprécis de la spécificité culturelle du Québec.

                 

    Il est donc impératif et urgent, selon moi, que le ministère de l’Immigration et  Communautés culturelles apporte des correctifs au niveau de la justesse de l’information donnée à ceux qui ont envie de venir s’établir chez nous, et ce, à chaque étape du processus de recrutement et d’immigration. De même, il impératif que la population québécoise prenne conscience de la richesse des connaissances et de l’expérience des immigrants qui sont déjà ici, et qu’elle réussisse à se défaire des préjugés à leur égard. C’est aussi une question de justesse de l’information, mais dans l’autre sens. Nous sommes sensé être une société ouverte et progressiste, prouvons-le en cessant notamment de discriminer celles qui ont fait le choix de porter un carré de tissus.  On aurait tous à y gagner.

     



    [1] GAUTHIER, Madeleine,  Enjeux démographiques contemporains, sous la direction de MICHAUD, Nelson, Secrets d’états?, Les presses de l’Université Laval, 2011, p.674.

    [2] BOUCHARD, Gérard et TAYLOR, Charles, Fonder l’avenir : le temps de la conciliation, Commission de consultation sur les pratiques d’accomodement reliées aux différences culturelles, Rapport abrégé, Gouvernement du Québec, 2008, p. 82.

    [3] Idem, p. 84

    [4] Idem, p. 84

    [5] Idem, p. 85

    [6] Idem, p. 85

    [7] Idem, p. 85

    [8] Idem, p. 86

    [9] Idem, p. 88

    [10]Idem, p. 88

    [11] BOUCHARD, Gérard et TAYLOR, Charles, Fonder l’avenir : le temps de la conciliation, Commission de consultation sur les pratiques d’accomodement reliées aux différences culturelles, Rapport intégral, Gouvernement du Québec, 2008, p. 215.

    [12]Idem, p. 222

    [13]Rapport abrégé, p. 87

    [14]Rapport intégral, p. 108

    [15] MORIN, Claude, L’intéraction politiciens-administrateurs, sous la direction de PARENTEAU, R. et al, Management public, comprendre et gérer les institutions de l’État, Presses de l’université du Québec, Sainte-Foy, p.269.

    [16]Rapport intégral , p. 230

    [17] Idem, p 230

  • Blogue #2 - Pigeon-Caron : Le financement des écoles privées au Québec face au modèle nordique

    Le financement des écoles privées au Québec face au modèle nordique

     

     

    Un des plus grands débats actuels de la société québécoise concernant l’éducation se trouve dans le financement des écoles privées par le gouvernement. En effet, le gouvernement du Québec va financer jusqu’à 60% des écoles privées au Québec, qui ont déjà accès à plus de ressources, puisque les parents paient pour que leurs enfants puissent fréquenter l’établissement scolaire. La situation est devenue problématique au tournant du millénaire, alors que les établissements scolaires privés ont vu leurs effectifs croître de manière substantielle, alors que la situation était inverse dans les institutions publiques [1].

     

    Cette situation, pour les partisans d’un désengagement de l’État à ce niveau, crée un système d’éducation à deux vitesses, favorisant les familles mieux nanties qui peuvent donc se permettre d’acheter une éducation de meilleure qualité à leurs enfants, en allant à des écoles ayant plus de ressources, donc plus de soutien et d’encadrement à l’élève. Ils allégueront alors que les 330 millions de dollars qu’injectent l’État annuellement aux écoles privées seraient bien mieux utilisés dans le réseau public, alors que ce serait les familles les plus démunies qui en en bénéficierait, et non plus riches [2].

     

    Les défendeurs du système actuels défendent l’accessibilité au système privé. Pour eux, le fait que l’État participe au financement des écoles privées, n’est pas un désavantage, mais bien une bénédiction pour les écoles publiques. Cela pousse les écoles publiques, qui auraient tendance à devenir paresseuses sans compétition, à se dépasser pour rivaliser et faire compétition avec les écoles privées [3].

     

    Les experts s’adonnant au jeu des comparaisons prennent souvent pour exemple le cas des autres provinces canadiennes, qui, quant à elles, n’accordent aucune subvention à leurs élèves. C’est pour cette raison, par exemple, qu’une école «d’élites» comme pourrait l’être Jean-de-Brébeuf, à Montréal, coûte 3,400$ dollars par année aux parents québécois, alors qu’une école similaire comme le Upper Canada College à Toronto, coûte 27 000$ aux parents ontariens.

     

    Quand les pays nordiques en rajoutent...

     

    Les pays nordiques sont un exemple de cette dichotomie dans les points de vue, alors que malgré des populations similaires et des modèles économiques comparables, les suédois et finlandais ont des systèmes d’éducation complètement différents.

     

    Tout d’abord, la Suède, pourtant réputée selon certains comme étant un modèle de social-démocratie et d’État-Providence, fait partie des pays les plus en faveur du financement du privé. En effet, l’État Suédois depuis les années ’90 a grandement favorisé la création d’établissements privés. Il les a favorisés à un tel point que sur une période de dix ans entre 1991 et 2001, le nombre d’écoles privées a augmenté de 725%. La Suède offre un financement variant entre 85 et 100% pour les écoles privées afin que ses fonds bénéficient aux élèves. Cependant, en contrepartie, depuis que l’État Suédois offre un tel financement aux écoles, celles-ci ne peuvent plus exiger de frais de scolarité à leurs étudiants, comme c’est le cas présentement au Québec. Les administrateurs suédois sont d’avis que la concurrence créée entre les écoles privées et publiques sont bénéfiques pour tout le monde, et le fait de financer complètement certaines écoles privées donnent la chance à tous les étudiants de pouvoir choisir soi-même son école, peu importe si elle est privée ou publique [4].

     

    A contrario, on retrouve le modèle finlandais, où aucune subvention n’est accordée aux écoles privées. En fait, l’État Finlandais ne finance pas le réseau d’éducation privée parce qu’il n’existe simplement pas. Le système est entièrement public et, comme en Suède, les étudiants ont véritablement le choix de leur école, contrairement à ce qui se fait au Québec, avec notamment les tests d’entrées dans certaines écoles privées, qui se limitent donc à prendre les élèves les plus talentueux [5].

     

    Le fait de ne pas avoir de compétition entre le privé et le public et de ne pas faire passer de tests pour créer une élite étudiante année après année semble bien marcher pour les finlandais, puisque ceux-ci sont continuellement parmi les 5 meilleurs pays aux tests PISA [6], la référence mondiale en terme d’évaluation des acquis des étudiants. En fait, les seuls étudiants pouvant rivaliser avec les finlandais se retrouvent en Asie, notamment la Corée du Sud et Singapour. La Suède, quant à elle, se retrouve dans le premier tiers du classement, aux environs de la 30e position...

     

    Il y a donc lieu de se questionner sur les bienfaits de la présence du privé en éducation. Certes, il y a définitivement lieu d’agir au Québec d’agir, voyant le taux de décrochage scolaire augmenter année après année. Est-ce que le financement au privé a un effet sur le décrochage ou les liens n’ont aucune corrélation? La question se pose.

     




    SOURCES

     

    [1]http://www.ledevoir.com/non-classe/78115/agora-quebec-doit-mettre-fin-au-financement-public-des-ecoles-privees

     

    [2]http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/modesFinancement/pdf/etablissements_prives.pdf

     

    [3]http://www.brebeuf.qc.ca/public/c41d68f5-9dba-45bb-9799-679a6ea1e45b/manchettes/de-l-importance-de-l-enseignement-prive-au-quebec.pdf

     

    [4] http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/paquin-8.pdf

     

    [5] PAQUIN, Stéphane (2008). La nouvelle économie politique internationale, Paris, Éditions Armand Collin, p. 255.

     

    [6] http://nces.ed.gov/surveys/pisa/

  • Blogue 2 , Nadine Gharios - Immigration durable

    " Pour les personnes qui choisissent de s’établir au Québec, l’accès à un emploi qui correspond à leurs compétences est la pierre angulaire d’une intégration réussie. Sur ce plan, nous savons bien, au gouvernement, que les améliorations doivent se poursuivre et que, collectivement, nous devons continuer d’innover pour mieux soutenir les personnes immigrantes dans leur intégration»[1], tels sont les paroles de la ministre Catherine Weil, dans son plan d’immigration pour l’année 2012, un plan dont les objectifs découlent des orientations d’une planification pour l’immigration  2012-2015 ayant pour grands axes, entre autre, le développement économique, la pérennité du français et l’intégration socioprofessionnelle.

     

    L’immigration présente où l’amélioration est possible.  Sur ce point presque toutes les instances sont d’accord. Sortie 13, dans leur 4iéme sortie[2], traitant de leur idées et suggestions sur l’immigration, mentionne que le plan d’immigration est à réviser. Michael Vineberg, élabore sur ce sujet un mémoire avec des avis qui se rapprochent de celles du gouvernement pour l’âge, les études et les expertises des immigrants, ainsi que pour le développement économique et l’importance de la langue française. Il aborde de plus,  un autre enjeu d’une grande importance pour la société québécoise,  la culture québécoise. Il souligne " l’importance qu’a la politique en matière de l’immigration sur la culture d’une société et ses valeurs".  Pour  lui, l’immigration peut être un moteur de croissance économique et vise sur l’immigration durable, en adoptant des critères de recrutement et de sélection, d’intégration et de suivi.  Son approche par contre, vise essentiellement le développement de l’économie et le processus de l’intégration étant un des moyens pour atteindre ce développement.

    Ces personnes, qui ont choisi de s’établir au Québec, ils l’ont fait en passant des critères de sélection établie par le gouvernement du Québec. Dans son plan de sélection le Québec vise une moyenne de 77% de travailleurs qualifiés et selon les statistiques du MICC pour l’année 2010[3], 65.7 % du nombre d’immigrants admis avaient plus que 14 années d’étude. Donc, le gouvernement choisi des personnes qualifiées, scolarisés et francophones pour leur accorder le certificat de sélection du Québec (SCQ). Le but est de faire avancer le développement économique en ayant

    "L’accès a un emploi qui correspond à leur compétences" selon la ministre de l’immigration ou bien faire avancer le BIP brute, selon sortie 13.  Pourtant les immigrants, une fois dans la société d’accueil, voient les portes se fermer en ce qui concerne leur accès à l’emploi. Selon Fraiser Institute dans son étude sur le taux de chômage des immigrants pour les 5 premiers années, pour l’année 2008, ce taux est de 17.4 % [4](à noter que cette moyenne rejoint la moyenne des " québécois de souche " après 5 ans).

    Le gouvernement  bénéficiera d’une révision de son plan à ce niveau pour offrir plus d’opportunité d’accès au marché de travail, en l’appliquant différemment que de la manière dont ca se fait actuellement. La sélection effectuée, suit le plan d’action, sauf qu’elle ne permet pas d’atteindre des objectifs directs liés à la réalité du travail. Les immigrants ont de la difficulté à intégrer le marché du travail, surtout dans leur champ de compétences et cela malgré les efforts de préparation, ce qui mènera à des impacts  négatifs  dans leurs processus d’intégration des ces immigrants dans cette société d’accueil,  qui ont adopté comme la leur.

    L’immigration reste, malgré la grande controverse, les pour et les contre, les comment et les pourquoi, un enjeu important dans la réalité de la société québécoise, d’autant plus qu’elle est connecté à tous les aspects et les niveaux du secteur public : le constitutionnel, l’exécutif et le judiciaire. Les choix dans la politique de l’immigration ont des impacts sur le reste des instances des autres secteurs, tel que l’éducation, la santé, l’employabilité d’où l’importance et donc la complexité de cet enjeu.

    Les choix  peuvent être variés et les méthodes diversifiés pour l’administration des moyens en matière de l’immigration, n’empêche, l’enjeu majeur dans l’immigration, dont il faut ne pas négliger l’ampleur c’est l’aspect culturel, qui contribue à la création de cette diversité, caractérisant le Québec et surtout Montréal, tout en intégrant l’identité culturelle québécoise, qui est avant tout, la société culturelle d’accueil.



    [1] http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/planification/Plan-immigration-2012.pdf

    [2] http://www.sortie13.com/documents/sortie13-immigration_fr_en.pdf

    [3] http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/BulletinStatistique_2010trimestre4_ImmigrationQuebec.pdf

    [4] http://www.fraserinstitute.org/uploadedFiles/fraser-ca/Content/research-news/research/publications/immigration-and-the-canadian-welfare-state-2011.pdf

  • Blogue # 2 - SALL - L'administration publique québécoise dans le contexte de la mondialisation

     

    Avant de définir l’administration publique québécoise et ses caractéristiques qui lui sont propres, nous devons constater le contexte mondial qui représente les prémisses à tout changement. Bien que chaque pays possède sa propre culture administrative, le dernier siècle a bouleversé les mentalités et les façons de procéder. L’effondrement du communisme, le triomphe du dogme capitalisme, l’emprise des technologies, la chute du mur de Berlin, la crise économique de 2008-2009, la mondialisation, etc.…. sont tant d’événements historiques qui ont transformé le rôle de l’État.

    Plus concrètement, en quoi consiste la mondialisation ? La mondialisation se définit en trois volets : l’aspect économique et commercial, l’avènement des technologies et l’aspect identitaire. En premier lieu, l’aspect économique et commercial permet à tous les pays de prospérer, car on assiste à l’élargissement des échanges de toutes sortes. De plus, les traités économiques se multiplient (ALENA, Union européenne, etc.) L’avènement des technologies est un autre volet de la mondialisation qui révolutionna le secteur des communications. Maintenant, le monde entier est à un clic de souris ; le mode de vie de l’individu est changé. Le troisième volet de la mondialisation se rapporte à l’identité des individus. Avec la montée des aspects économiques et technologiques, l’individu doit combler son vide identitaire. Certains affirment que la mondialisation crée un nouvel ordre de citoyen à l’égard de la race, de la religion ou du continent. Tandis que d'autres pensent plutôt que l’individu à besoin de s’enfouir dans ces repères identitaires. Bref, une définition concise de la mondialisation serait une ouverture sur le monde qui se produit par l’avènement des technologies et d’une nouvelle façon de faire économiquement parlant qui changeront la perception qu’a de lui-même l’individu de ce monde.

    L’administration publique québécoise quant à elle s’inspire ou est influencée par d’autres États bien qu’elle possède sa propre identité. En premier lieu, elle est sous l’influence du gouvernement britannique de type Westminster et de l’administration publique Whitehall qui constituent en quelque sorte, les assises historiques du gouvernement québécois. Pour sa part, la modernisation de l’administration québécoise en 1960 est grandement inspirée de l’influence française qui est une administration forte et nombreuse. L’administration publique québécoise est aussi collée au modèle américain qui promulgue une administration efficace et pragmatique.

    L’évolution de l’administration publique québécoise s’est produite en deux temps : nous identifions l’année 1983 comme étant le point de rupture. C’est dans les années 60 que le Québec se modernise à grandes pompes. L’État est le pourvoyeur d’emploi, l’identité québécoise est mise de l’avant, les syndicats et les tenants du centre gauche pullulent. Bref, la période nommée Révolution tranquille a changé les mœurs québécoises. Si bien qu’aujourd’hui, l’État et l’administration publique sont des points de référence identitaire pour les Québécois. En 1983, l’administration publique se modifie considérablement. Le contexte mondial imputable à la crise économique et la montée de la droite en Grande-Bretagne changent le rôle de l’État; celui-ci agit maintenant par souci de saine gestion. Les dépenses de l’État sont de la sorte grandement diminuées. En ce qui a trait au Québec et à son administration publique, la Loi sur la fonction publique de 1983 qui encadre les employées change la culture administrative. Outre cette loi, mentionnons la Loi sur le déficit zéro de 1996 qui constitue concrètement l’intégration du mouvement de réforme mondial en obligeant l’équilibre budgétaire. Cette loi est fondamentale, car elle a forcé le changement en imposant des coupures dans le but de rétablir la crédibilité de l’administration publique. De plus, nous ne pouvons guère passer sous silence la Loi sur l’administration publique, qui pour la toute première fois, instaure un nouveau cadre de gestion provenant des agences britanniques. Bref, si la Loi sur le déficit zéro et la Loi sur l’administration publique constituent surement les deux plus grandes mesures de réformes, nous passons sous silence une panoplie de lois et de politiques gouvernementales qui ont eu un impact moindre sur l’administration publique québécoise. De puis l’entrée au pouvoir des libéraux en 2003, la contribution du gouvernement en matière de réformes a été moindre que les gouvernements péquistes précédents. Par exemple, les projets de partenariat public-privé et le concept de réingénierie, cher aux libéraux, n’ont pas eu la cote auprès de la population et semblent aujourd’hui tablettés. Un paradoxe se dresse : les péquistes ont été plus dynamiques et proactifs que les libéraux en matière de réforme, et pourtant les péquistes ont toujours été plus près de l’État comparativement à son principal adversaire. 

    En somme, comme nous avons pu le constater, l’administration publique québécoise s’est modifiée et se redéfinie au fil des ans. Dans le contexte actuel qui est la mondialisation, les frontières sont inexistantes et l’État s’ajuste et modifie son administration en conséquence. Cependant, les postulats de l’État québécois et de son administration publique sont bien encrés, si bien que nous parlons plus de réformes, mais bien de modernisation; il s’agit ici d’incorporer la modernisation  profitable au Québec.