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  • Comment assurer la relève pour la fonction publique?

    Plusieurs phénomènes sont inquiétants en ce qui concerne le marché du travail. Je pense à l’économie du savoir, les départs à la retraite des baby-boomers, la pénurie du personnel dans certains secteurs, la pénurie de compétences, le roulement du personnel, l’exode des jeunes, la concurrence au niveau mondial qui recrute les talentueux… Dans un contexte de mondialisation, la fonction publique n’est pas à l’abri de la concurrence. Nous assistons à une guerre inter organisationnelle pour attirer les meilleurs candidats et les retenir. Mercier  soulève aussi que les nouvelles contraintes financières de la fin du XXe siècle ont eu pour effet direct de diminuer la croissance du personnel au sein de la fonction publique. Les départs et la baisse des effectifs ont notamment comme effet d’engendrer un vieillissement de la main d’œuvre. Au cours des prochaines années, nous pourrions assister à une diminution du personnel et à une augmentation des besoins. Or, la conjoncture oblige les gestionnaires à réfléchir aux moyens de se démarquer de ses concurrents, d’attirer et de retenir la relève. Il faut se pencher sérieusement sur la question, car des coûts importants entrent en jeu. La qualité des services publics et le rendement des organisations pourraient aussi être affectés.    

    On dit qu’il est plutôt difficile d’apporter des changements dans le secteur public. Étant de grosses organisations, il y a une structure rigide, beaucoup de normes, de résistances au changement, de contrôles, l’influence des groupes de pression comme les syndicats... La fonction publique rencontre déjà des difficultés dans certains secteurs d’activité comme la santé. Il faudra nécessairement qu’il y ait des changements à la conjoncture du marché du travail pour relever le défi. Il faudra envisager des stratégies différentes pour attirer la relève et pour fidéliser le personnel. Avant d’envisager une révolution, des petits pas peuvent être faits au niveau des stratégies de recrutement et de rétention du personnel par exemple.

    L’imagination et la créativité : les clés du succès

    « L’ensemble des contraintes fait en sorte que l’administrateur public doit en général faire preuve de plus d’imagination et de créativité. » [1] Les gestionnaires doivent être créatifs afin de compenser le manque de ressources. Les générations X et Y constituent la relève. Il est intéressant de se pencher sur la mentalité et le système de valeurs qui caractérisent ces générations. La qualité de vie au travail est un facteur important à considérer. L’organisation doit donc offrir un milieu de travail où l’employé pourra maintenir l’équilibre entre le travail et la vie personnelle. 

    Devenir un employeur de choix

    Les nombreuses transformations de l’environnement internes et externes ont des impacts importants sur les organisations publiques. De ce fait, les organisations doivent s’adapter et réagir. L’une des façons de faire est de devenir un employeur de choix. Les avantages d’être un employeur de choix seraient de diminuer les coûts reliés au recrutement, au taux de roulement, de fidéliser les employés et de les mobiliser ainsi que d’avoir une meilleure performance organisationnelle.

    1re piste de solution : conciliation travail-famille

    Bien que l’on dise qu’il soit difficile d’innover dans le secteur public, voici un exemple qui montre le contraire. Le CLSC-CHSLD de la Petite-Nation[2] est un milieu syndiqué. Des mesures de conciliation travail-famille ont été mises de l’avant. Entre autres,

    · allaitement : 30 minutes supplémentaires à la période de repas pendant deux mois suivant le retour au travail après un congé de maternité et, par la suite, aménagement possible de la période de dîner pour allaitement ou extraction du lait;

    · congés sans solde : 4 semaines après un an de service et un an après 5 ans de service ;

    · diverses mesures liées aux avantages sociaux dont six jours de congé sans solde pour responsabilités familiales;

    · aménagement du temps de travail possible puisque les heures supplémentaires peuvent être converties en temps chômé. Pour les personnes ayant des responsabilités familiales, cette mesure peut faciliter la conciliation travail-famille;

    · horaire rotatif permettant aux travailleurs et travailleuses de bénéficier d’une fin de semaine de quatre jours toutes les deux semaines;

    · une gestion souple qui permet de quitter rapidement le travail pour des raisons familiales urgentes;

    · l’accès à une garderie à proximité du lieu de travail;

    · une attitude généralement compréhensive de la direction en ce qui touche les obligations familiales du personnel.

     

    2e piste de solution : mode de gestion, favoriser la participation

    Mercier propose le modèle participatif pour apporter des correctifs au modèle libéral « Public Choice ». Le fonctionnaire gère et il prend les décisions en misant sur la participation des employés. L’autorité et la contrainte sont mises de côté pour accorder une place importante aux échanges et la négociation. Les employés se sentent valorisés lorsqu’ils sont consultés avant que des décisions soient prisent. Prévoir des réunions d’équipe où les gens peuvent exprimer leurs opinions peut amener une dynamique intéressante. Selon un rapport produit par le Forum des politiques publiques[3], les jeunes employés souhaitent d’être inclus dans les discussions sur la planification organisationnelle, de pouvoir offrir leurs idées et leurs contributions.

    En conclusion, je suis d’avis que la créativité permet de développer de nouvelles stratégies. Il faut oser et innover. L’implantation du modèle participatif au niveau de la gestion est également une recommandation intéressante pour la fonction publique. Je pense qu’en étant un gestionnaire à l’écoute, en ayant une approche humaniste, en étant centré sur les besoins, il est possible de combler son personnel. Qui dit être bien dans son milieu, dit meilleure performance, dit atteindre de meilleurs résultats… Parmi les solutions identifiées, le développement de mesure de conciliation travail-famille est une voie prometteuse. Il faut être flexible et s’adapter aux nouvelles réalités de la relève. Il faut avoir une approche « client » dans la gestion du personnel, c'est-à-dire être centré sur les besoins de ses employés si l’on souhaite qu’ils soient satisfaits et qu’ils demeurent fidèles. Il faut « faire autrement, agir différemment »!  

     

    Isabelle Rouleau-Danis

    Groupe du jeudi matin

    ENP-7505



    [1] MERCIER, J. (2002). L’administrateur publique, de l’école classique au nouveau management public, Québec, Presses de l’Université Laval, p. 365.

  • La succession au sein de l’état de père en fils >

    M. Abdoulaye Wade  président du Sénégal a été élu en mars 2000. Après plus de vingt ans de règne du parti socialiste, la population attendait ce grand jour avec impatience. Elle qui rêvait d’un changement qui était tant attendu par les jeunes, les femmes, les hommes. C’était une victoire de la nation sénégalaise, des africains de voir se dérouler des élections  démocratiques où le président sortant félicite le nouveau. Le Sénégal  est paru dans tous les médias du monde comme un exemple de démocratie où le peuple peut choisir son président sans bain de sang comme cela se passe dans les grandes démocraties occidentales.

    Abdoulaye Wade était comme un sauveur. Il faut dire qu’il y avait toute une coalition de partis politiques qui l’avait soutenu. L’une des premières décisions du président nouvellement élu était la dissolution du Sénat  et du Conseil économique et social pour des raisons économiques.  C’était une manière de remettre les pendules à l’heure.  Parmi ses promesses électorales, il y avait l’emploi des jeunes comme élément essentiel de son programme.

    Peu à peu, la population a commencé à perdre espoir. On remarque une gestion malsaine de l’État. La constitution du Sénégal a été modifiée plusieurs fois.  Parmi ces modifications, il y a la durée du mandat présidentiel initialement de sept ans qui a été ramené à cinq ans par la Loi n° 2001-03 du 22 janvier 2001 portant Constitution de la République du Sénégal telle qu’issue du référendum constitutionnel du 7 janvier 2001.

    En mai 2007, le président Wade rétablit ces deux institutions (Sénat  et du Conseil économique et social) qui avaient été supprimées au début de son mandat. Un choix d’ailleurs très contesté par l'opposition et l'opinion publique d'autant plus que les 65 membres du  Sénat ont été choisis par Wade lui-même. La taille de l’État ne cesse de grossir,  le président Wade (en dix ans de pouvoir) a nommé cinq premiers  ministres, quatre présidents de l’Assemblée Nationale, trois chefs d'état-major généraux des armées et plus d'une centaine de ministres, dont certains ne sont restés en poste que quelques mois. Il a promu plus de généraux en dix ans de pouvoir que ses prédécesseurs,  les présidents Abdou Diouf et Senghor en 40 ans.

    On assiste aussi depuis plusieurs années au Sénégal à un recul  des libertés individuelles malgré la pression de l’organisme des droits humains la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme) : journalistes emprisonnés, manifestations sauvagement réprimées, gardes à vue et convocations fréquentes devant les tribunaux.

    La situation économique du pays connaît depuis des années une détérioration avec le renchérissement des denrées de première nécessité.  On remarque des troubles liés à la vie chère. 

    On constate le népotisme dans la gestion du pouvoir.  Son fils qui était son conseiller personnel au début de son mandat a été nommé président de l'ANOCI (Agence nationale pour l'Organisation de la conférence islamique).  

    Malgré son bilan catastrophique à la tête de l’ANOCI et sa défaite aux élections locales de 2009, il le nomme ministre d’État dans un super Ministère (ministre d'État chargé de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures et récemment ministre de l’énergie). 

    Jamais dans l’histoire politique du Sénégal, un président  n’est allé si loin dans la gestion familiale de l’État. Tout ceci n’est rien d’autre qu’une énième manœuvre du président qui cherche par tous les moyens à se faire succéder par son fils instituant de fait une monarchie. Il faut dire que la nouvelle tendance ou la mode dans certains pays africains est de se faire succéder par son fils (RDC, Togo, Gabon).

    D’ailleurs le linguiste nord-américain Noam Chomsky dans  à travers les médias issus de ses observations parle de dix stratégies de manipulation de masses. L’ensemble de ces stratégies fait partie du “système d’État” peu importe qui est au pouvoir.  Dans le comportement de Wade, on décèle des stratégies décrites par Noam Chomsky, (le fait de détourner l’attention du public des problèmes touchant la population, s’adresser au public comme à des enfants en bas âge, maintenir le publique dans l’ignorance et la bêtise, créer des problèmes et puis offrir des solutions, encourager le public à se complaire dans la médiocrité, faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion, la stratégie du différé, la stratégie de la dégradation, remplacer la révolte par la culpabilité)

     Bientôt douze années de règne  d’où la souffrance, la déception, le peuple en a assez, l’avenir est obscur. La population est prise en otage par le pouvoir. Après deux mandats de sept ans et de cinq ans peux ton se poser la question à savoir si une fois rendue au pouvoir on peut ignorer le peuple, les lois  mises par la  constitution << abus de pouvoir >  et pourtant on est dans un ÉTAT DE DROIT

    François S

     

  • Une équité pour la femme autochtone ?

    Une équité pour la femme autochtone ?

     

    Un article du journal le Devoir daté du 22 novembre 2010 a attiré mon attention : Des autochtones pourraient retrouver leur statut d'Indiens. On y mentionné que quelques dizaines de milliers d'autochtones devraient bientôt retrouver leur statut d'Indiens inscrits au Canada. Ce sont les petits-enfants des nombreuses femmes autochtones qui ont épousé des non-inscrits dans le passé, et dont les enfants n'ont par conséquent eu qu'un statut métissé, ou de «6-2», comme on les appelle officiellement. Un débat va avoir lieu à la Chambre des communes, le gouvernement canadien devrait en effet se pencher, en troisième lecture, sur une modification à la Loi sur les Indiens qui tenterait, de nouveau, d'éliminer cette discrimination historique envers les femmes autochtones, qui fait en sorte que les petits-enfants des femmes autochtones ayant épousé un non-inscrit n'ont plus de statut. Je trouve que ce projet de  loi C-3 visant à corriger ces inégalités est une belle initiative du gouvernement canadien.

    Comme dans le cadre de notre cours nous avons affirmé que les droits aborigènes au Canada et au Québec doivent toujours être pris en considération en administration publique, il me semble que ce changement de statut va inévitablement avoir un impact sur tous les citoyens du Canada. Il faut mentionner que la femme qui obtient ce statut va bénéficier de la possibilité de rester sur les réserves et aura droit aux services du conseil de bande. Ainsi, on doit se questionner à savoir si nous sommes prêts à payer plus pour permettre à quelques milliers de femmes de retrouver leur dignité ?  Pour moi, oui , il faudra être prêt à payer puisque le Canada s’est engagé à verser certaines sommes d’argent aux aborigènes. Il est clair que cette décision va avoir des impacts financiers sur le reste des canadiens, je considère cela normal.

    De plus, ne rien changer s’agirait d’encourager la discrimination. Imaginez la souffrance que ces femmes et enfants on vécu ? Mettre fin à ce châtiment n’a pas de prix. Le Canada a des responsabilités à prendre et ne doit pas encourager cette ségrégation.  De plus, cette situation va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés.

    Il est temps que le gouvernement accorde par voie des tribunaux, des droits aux premières nations, un peuple visiblement laisse pour compte dans notre société. On oublie souvent qu’ils ont contribué à la survie du peuple canadien ce territoire en partageant leur savoir, en aidant à découvrir ce continent et  en combattant dans nos guerres.

    D'autre part, comme quelqu’un a déjà donné comme exemple imaginez que, sous prétexte qu'une Québécoise épouse un Non-Québécois, ses petits-enfants perdent leur citoyenneté, et deviennent Haïtiens, Coréens, ou autre, selon le mariage contracté (cela dit sans mépris de quiconque). Ceci, tout en étant élevés ICI, avec les valeurs et coutumes propres aux Québécois. Ne croyez-vous pas que vous seriez les premiers à crier à l'injustice? Ne croyez-vous pas que les lois canadiennes et québécoises auraient prévalence sur les leurs? Forcément que oui !

    C’est ainsi que je considère qu’une modification à la loi éliminerait une discrimination envers les femmes mariées à des non autochtones doit être faite. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi cette modification n’a pas été faite avant ? Après tout il s’agit aussi de la dignité de tout un peuple qui est en jeu ici ! N’est-ce pas ?

     

    Naima

  • Crise d'identité à la Société Radio-Canada

    Suite à l'arrivée du nouveau gouverneur général du Canada, monsieur Daniel Johnston, nommé par le Parti conservateur en septembre dernier, nous avons remarqué une brisure dans le choix des représentants de la monarchie constitutionnelle. Les quatre derniers gouverneurs nommés depuis 1984 ont un point en commun, ils ont tous été employés par le même employeur, la Société Radio-Canada (SRC). Cette fonction n'a rien d'ordinaire de par sa symbolique. Il n'est pas ici question de remettre en doute leur parcours émérite, mais simplement de questionner le caractère privilégié qui pourrait exister entre la Société Radio-Canada et le précédent gouvernement libéral. Présumée indépendante et primée pour la qualité de ses débats publics, cette affirmation pourrait inquiéter certains d'entre nous. D'autant plus, si l'on considère la proportion d'indépendantistes au Québec. A première vue, ces choix pourraient être perçus comme de la partisanerie. Mais pourquoi le gouvernement prendrait-il un risque, si non peu calculé, de miner volontairement la réputation et la confiance des citoyens envers la SRC ?

     

    Avant tout, il est important de se rappeler quelques points importants qui décrivent cette société d'État très familière à tous les Canadiens, et ce, d'un océan à l'autre. Créée le 2 novembre 1936 suite à la transformation de la Canadian Radio Broadcasting Commission (CRBC) de 1932, elle voulait contrecarrer l'expansionnisme américain dans le domaine de la radiodiffusion. Aujourd'hui, elle comprend des services radiophoniques, télévisuels, audio numériques et même internet. Elle possède aussi 40% du diffuseur par satéllite Sirius au Canada. Elle a reçu, à elle seule, en 2009 1,1 milliard de dollars en subventions étatiques et 41 millions en redevances. De plus, ses réseaux répartis au pays recevront globalement la modique somme de 96,5 millions du Fonds canadien de télévision (FCT) pour financer de nouvelles productions. Régie par la Loi sur la radiodifussion de 1991, elle relève directement du Ministère du Patrimoine canadien à Ottawa. Comme tous les services publics, au grand plaisir des enquêtes chocs de ses fins compétiteurs du secteur privé, elle doit se soumettre à la Loi sur l'accès à l'information. Cet épineux sujet nous amènerait malheureusement dans un débat tout autre.

     

    Revenons à la prémices initiale de notre propos. On apprenait en 2005, par l'analyse des différentes plaintes formulées à l'ombudsman de Radio-Canada, que certains Canadiens doutaient déjà de l'indépendance et de l'intégrité journalistique face au gouvernement canadien. Cette analyse a aussi permis de révéler que Radio-Canada est encore aujourd'hui, perçue comme une institution fédérale ayant pour objectif de protéger et de promouvoir l'unité nationale. Cette impression n'est guère énigmatique, car en 1991, le rôle de la SRC, qui lui demandait de promouvoir l’unité nationale, a été modifié par le législateur par « contribuer à la conscience nationale et l'identité partagée  » (Société Radio-Canada/Canadian Broadcasting Corporation). Nous ne pouvons qu'en déduire qu'il voulait en finir avec les critiques d'ingérence, de pressions politiques ou la partisanerie. Dans les années 70, les libéraux de Pierre Eliott Trudeau, n'ont jamais caché leur intention d'utiliser SRC pour contrer le mouvement indépendantiste du Québec. Fait important, le gouvernement libéral ne s'est pas empêché non plus de demander en 1993, des comptes à SRC pour connaître le nombre d'employés séparatistes et ceux qui prônaient fièrement l'unité canadienne.

     

    Il est important de rappeler que tous les membres du conseil d'administration de cette société d'État, dite autonome, sont choisis par le Premier ministre du Canada. Donc, sommes nous surpris de lire dans le rapport annuel de l'ex-présidente du conseil d’administration, madame Guylaine Saucier que «… de toutes les institutions d’importance qu’a créées le Canada, aucune autre que Radio-Canada ne constitue un instrument aussi unique et essentiel pour maintenir les valeurs partagées, favoriser une compréhension commune et promouvoir l’unité du pays.» (Message du président du Conseil 1999 -2000). Nous pouvons ainsi mieux comprendre pourquoi les journalistes ne sont pas imperméables dans l'exécution de leur fonction à cette culture intrinsèque sur le traitement de l'identité nationale.


    Le questionnement de l'indépendance politique de la SRC ne date pas d'hier. Lors de la conscription de 1942, les dirigeants ont refusé de donner gratuitement accès aux ondes radiophoniques pour le clan du NON. Toujours en 1993, au nom de la crédibilité de la SRC, le syndicat des journalistes s'était opposé à l'embauche d'un ex attaché de presse du ministre conservateur, car selon la règle celui-ci devrait avoir quitté la vie politique depuis plus de deux ans, période de purgatoire. La même situation s'est produite à d'autres reprises soit avec l'ex députée du Parti libéral du Canada et ministre du Patrimoine canadien, madame Liza Frulla, où le journaliste spécialisé en économie, monsieur Claude Beauchamp, qui était un membre actif du Conseil de l'unité canadienne. Mais les requêtes en lien avec la période de purgatoire ont toutes été rejetées.


    Peut-être que, pour certains, notre discours sur l'ingérence du Gouvernement ne tient pas la route, mais tout de même, des réformes majeures seraient à prévoir à la société d'État afin de maximiser son indépendance et éviter tout soupçon concernant son l'intégrité journalistique. Nous croyons tout d'abord que la nomination du Président de la Société Radio-Canada ne devrait pas être faite par le Premier ministre du Canada, mais plutôt par le Parlement. Ce qui permettrait d'avoir, par le même fait, d'adjoindre l'appui des parties de l'opposition. De plus, le délai d'abstinence de la vie politique ou partisane des candidats, en vue d'un poste d'importance, devrait être majorée à cinq ans. Cette mesure raisonnable serait, selon nous, bien perçue par le public, car il correspondrait en fait à la durée actuelle d'un mandat en politique.



    Autre fait, la SRC a nommé à sa tête, un ombudsman comme instrument de responsabilité publique et d'auto régulation. Celui-ci a pour mandat depuis 1991 de devenir le représentant des auditeurs et des téléspectateurs. Une analyse des décisions de l'ombudsman de la SRC a identifié une certaine « complaisance de l’acteur en question ». En effet, ce dernier se montre souvent plus « compréhensif à l’égard de son employeur et de ses journalistes, comparativement aux tribunaux civils, et ce, sur l'étude de plainte de même nature » (Le mandat de l'ombudsman : perspectives d'avenir). Afin de répondre plus adéquatement aux critiques légitimes du public, son rôle devrait être renforcé. Ce n'est pas en jouant le rôle d'un simple médiateur entre le public et les journalistes, que l'imputabilité des journalistes sera assurée. Comme autre mesure, pour renforcer sa transparence, l'ombudsman ne devrait pas provenir des services de la société et ne jamais être engagé après son mandat à titre de contractuel. Ce qui aurait pour effet de le mettre dans une situation de conflit d'intérêt.

    En conclusion, si la SRC veut obtenir la confiance, le niveau de crédibilité souhaitée et être reconnue pour la qualité de son travail journalistique, elle devra réfléchir aux possibilités de réformes qui s'offrent à elle afin de se rendre moins vulnérable. Tel que repris par le défunt cinéaste Pierre Falardeau, qui avait rebaptisé SRC de Société Radio-Cadenas qui prenait la société comme le repère fédéraliste qui veut nous vendre les Rocheuses à chaque bulletin de nouvelles (Les boys : Falardeau 1, Kovalev 0).

    Tel que nous le savons maintenant, la gestion d'une entreprise publique, n'a rien de simple si on la compare avec celle du privé.

    Qu'en pensez vous ?



    Rapport sur l’application de la Loi sur l’accès à l’information 2009-2010, Site de Radio-Canada [en ligne] http://www.cbc.radio-canada.ca/aai/pdf/ATIP1.PDF

     

    Colloque MÉDIAS ET DÉMOCRATIE Université du Québec en Outaouais 17 octobre 2002 (page consultée le 19 novembre 2010) [en ligne]

    http://www4.uqo.ca/observer/DevLocal/Gouvernance/Medias.pdf

     

    Le mandat de l'ombudsman : perspectives d'avenir (Rapport spécial) – Bureau de l’ombudsman des Services français, Montréal, le 9 août 2007 [en ligne]

    http://www.radio-canada.ca/apropos/lib/v3.1/pdf/Rapport_special.pdf

     

    Société Radio-Canada/Canadian Broadcasting Corporation, (page consultée le 15 novembre 2010). Site de l'Encyclopédie canadienne [en ligne]

    http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0000632

     

    Message du président du Conseil - Rapport annuel 1999-2000 - SRC (page consultée le 19 novembre 2010), Site de Radio-Canada [en ligne]

    http://www.cbc.radio-canada.ca/rapportsannuels/1999-2000/6_2_1_3_00.shtml

     

    Les boys : Falardeau 1, Kovalev 0, (page consultée le 25 novembre 2010). Site de Rue Fonctenac [en ligne] http://ruefrontenac.com/index.php