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  • Le Québec la province la plus corrompue?

    Le Québec la province la plus corrompue!

    Voilà une déclaration qui ne peut passer inaperçue au Québec, surtout quand c’est un magazine anglophone torontois qui nous la jette à la figure! C’est là que le bas blesse. Le journaliste Martin Patriquin a frappé un coup double dans le cœur des Québécois, tout d’abord en utilisant notre Bonhomme Carnaval pour représenter la corruption au Québec et en affirmant que le Québec est la province la plus corrompue.

    Primo, il y des symboles qu’il ne faut pas toucher. Martin Patriquin se défend bien de ne pas être l’auteur du choix de la page couverture… mais il ne nous fera pas croire qu’il ne l’endosse pas! Quand tu enlèves la goupille et que tu lances une bombe, tu dois t’attendre à des dommages collatéraux! Secundo, j’ai toujours trouvé risibles les concours de beauté où l’on affirmait avoir élu la plus belle femme du monde… encore faudrait-il avoir parcouru le monde! Mais je crois que la phrase qui m’a le plus dérangée est celle où il dit que les Québécois sont génétiquement incapables d’agir avec intégrité! Là, je me sens personnellement attaquée et c’est à ce moment-là que l’expression « faire du Québec Bashing » prend tout son sens!

    Au Québec, on préfère « laver notre linge salle en famille ». Nous ne sommes pas dupes, nous déclarons haut et fort toute apparence ou naissance de corruption, mais on n’a surtout pas besoin qu’un voisin mal intentionné vienne en rajouter! On peut critiquer ouvertement sa famille, mais on ne laissera jamais personne d’autre le faire. Sachant que cette dénonciation repose sur une « prépondérance de preuves » et non sur le fruit d’une analyse digne d’un travail journalistique honnête, on ne devrait pas lui accorder autant d’importance.

    Le 18 septembre dernier, le chroniqueur du journal Les affaires écrivait l’article « Assis sur des trésors, le Québec joue au quêteux », personne n’en a fait un plat. Pourquoi, pour les raisons que je viens d’invoquer. Tout vient de l’intention du message. On pourrait se dire qu’il n’est pas flatteur d’être traité de quêteux, et ce fut ma première réaction. J’ai ensuite parcouru l’article pour y trouver d’autres citations dérangeantes, telles que;

    « … au Québec : nous préférons l'aumône au travail, la péréquation à la mise en valeur de nos ressources. »

    « Le Québec possède de fabuleuses richesses naturelles. Mais pas touche! … comment parvenons-nous à vivre aussi bien sans mettre davantage à contribution notre riche patrimoine naturel? C'est simple : parce que les autres Canadiens font le travail pour nous. »

    Ne ressentez-vous pas là le même malaise que moi en lisant ces lignes? Pourquoi personne n’a réagi à cet article alors qu’une semaine plus tard, le Québec entier, incluant son gouvernement, se sent outré par l’article publié dans le MacLean’s? Tout simplement parce que René Vézina, lui, n’avait pas de mauvaise intention et qu’il a prouvé que nous étions capables d’autocritique. René Vézina a tout simplement réagi à la réaction de Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, lorsqu’il a reproché, une fois de plus, au gouvernement Charest de freiner son projet hydroélectrique sur le bas du fleuve Churchill. La déclaration de Dany Williams soulève en effet des questions importantes et comme québécois, nous devons faire preuve d’introspection et nous questionner sur les motivations profondes de nos gouvernements.

    L’article publié dans le MacLean’s nous est tombé dessus à un bien mauvais moment. On a crié au racisme envers le peuple québécois et certains de nos représentants politiques ont même accusé le magazine de vouloir faire du Québec Bashing. Les fondements historiques de notre nation y sont pour quelque chose. Notre fibre nationaliste s’est sentie attaquée et c’est la minorité francophone qui était visée. Il faut le dire, notre entêtement à protéger notre langue et notre désir profond de souveraineté dérange. Toutefois, ces deux dernières années, un scandale n’attend pas l’autre et le peuple québécois en a marre! Le message de Martin Patriquin en fait l’étalage et ce n’est qu’une simple énumération de faits que nous connaissons déjà. Dans les entrevues qu’il a accordées sur le réseau TVA, il ne regrette rien de ce qu’il a écrit et clame l’avoir fait pour dénoncer la stagnation gouvernementale. Il dit que le Québec a arrêté d’évoluer et que les élus n’apportent rien de neuf et qu’ils sont plus soucieux de satisfaire leurs ambitions personnelles que celles du Québec.

    Aie! Il y a là des vérités que nous préférerions ne pas nous faire dire!

    Avons-nous perdu confiance dans le « pouvoir judiciaire » de notre gouvernement? Continue-t-il à remplir le mandat qu’il lui a été confié? Qu’arrive-t-il quand le « pouvoir exécutif » s’implique dans le droit judiciaire? Les citoyens doivent avoir foi en la justice et c’est le message qui est lancé au gouvernement par tous les libres penseurs de ce monde.

    Il doit y avoir apparence de justice pour que l’État de droit fonctionne et c’est ce que le premier ministre Charest tente de prouver en témoignant à la commission Bastarache. Mais y arrive-t-il vraiment? Le premier ministre Charest doit faire face à un nouveau degré de difficulté en matière d’administration publique, le pouvoir du « papier ». Eh oui! Comme le dit le dicton, les écrits restent! En passant du quotidien aux multiples moyens de communication sur le Web, la liberté de presse ouvre les portes à toute forme d’expression qu’il ne faut pas sous-estimer. L’administration publique est comme dans un aquarium. Avec le pouvoir des médias et des nouvelles technologies, nous élus sont constamment cités, scrutés, dénoncés et facilement envoyés à l’abattoir public au moindre courant d’air suspect!

    Dans notre état de droit, il existe deux principes fondamentaux au bon fonctionnement de l’État. Nous avons assisté à la démonstration de l’un de ces principes, soit celui de la solidarité ministérielle. L’ensemble de nos élus politiques ont fait front commun par dénoncer les propos du journaliste Martin Patriquin. Cette dénonciation de corruption visait toute la machine gouvernementale. Celui qui aujourd’hui est au banc des accusés sera éventuellement appelé à la barre pour défendre un de ses membres. L’heure est au « serrage de coudes » et cette solidarité est essentielle afin de ramener la confiance du peuple québécois dans les membres qu’ils ont élus.

    Le second principe fondamental de l’administration publique est la responsabilité ministérielle. Quand le peuple québécois vote pour élire un gouvernement, il a des attentes. L’État doit s’organiser pour prendre des décisions, les mettre en œuvre, en contrôler les résultats, gérer les fonds publics, et ce, pour le mieux-être de l’ensemble des citoyens et citoyennes.

    Les derniers évènements suggèrent au peuple québécois que l’État a failli à la tâche qu’il lui a été confié. C’est toute la machine gouvernementale qui est ébranlée. Gérer en administration publique est drôlement plus complexe que dans une entreprise privée. À l’instar du gouvernement, l’entreprise privée peut fermer ses portes du jour au lendemain, se faire oublier pour un certain temps et revenir en force sous une autre raison sociale et il y a des chances que ça fonctionne. L’État, lui,  est là pour rester, pour le meilleur et pour le pire! Dans les années à venir, il faudra être plus prudent quand il sera temps d’utiliser notre pouvoir individuel, soit celui de voter.

    Diane Plante

    Boucherville

    Étudiante à la maîtrise

    ÉNAP - Montréal

  • L'évaluation de la performance: le défi du secteur public

    La performance est un mot importé de la langue anglaise qui signifie accomplir de façon exceptionnelle une tâche ou une activité. Sont associés à la performance le succès, l'exploit, les résultats optimaux (RE: Dictionnaire Petit Robert). Appliquée au secteur privé, la performance d'une entreprise se mesurera à son objectif ultime, soit la réalisation des profits. Ainsi, une entreprise privée sera performante lorsqu'elle vendra le plus de produits ou de services pour le coût le plus faible possible en assurant une qualité suffisante pour que le client en soit relativement satisfait, sans retour de marchandise ou de résiliation de contrat de service.  

    Mesurer la performance dans le secteur public est un exercice éminemment plus complexe. L'objectif du secteur public étant de répondre à l'intérêt public, la qualité des services prendra une importance beaucoup plus grande. En revanche, les moyens dont dispose l'État ne sont pas illimités et proviennent entre autres de la poche même des contribuables qui tantôt seront les usagers des réseaux publics. Il faut donc que la qualité soit au rendez-vous mais à des coûts s'inscrivant dans un budget équilibré. 

    Plusieurs éléments compliquent l'évaluation de la performance du secteur public. Ainsi l'efficience du personnel doit tenir compte des conditions rigides du cadre des conventions collectives. Les règles qui encadrent la structure des établissements empêchent également d'explorer des structures allégées qui pourraient mieux convenir au rendement de certains établissements ou organismes. 

    Dans les années 2000, on a ajouté un élément de difficulté à la performance du secteur public: la gestion par résultats. Or, si certains services sont relativement simples à évaluer, notamment dans le secteur de la santé (une jambe brisée - on replace - on immobilise - l'os se ressoude- le patient est guéri = service "performant") d'autres nécéssitent un exercice beaucoup plus périlleux. Ainsi l'évaluation des services à la population ne se limite pas à répondre à la question: les services ont-ils été rendus? On doit aussi s'interroger à savoir s'ils ont atteints leurs cibles en relation avec le bien-être de la population. Par exemple, la performance d'un régime d'aide sociale ne peut être uniquement évaluée selon le nombre décroissant de bénéficiaires. Ce régime doit surtout assurer que les personnes réellement dans le besoin reçoivent toute l'aide financière qui leur est nécessaire, pour le temps requis et selon la situation propre à chaque bénéficiaire, afin d'assurer leur sécurité et leur survie.

    L'analyse de la performance dans le secteur public nécessite donc l'identification d'indicateurs qui témoigneront de l'efficience des services. En cette matière, les services sociaux posent un défi important. Quand l'âme humaine a été meurtrie par les abus, la négligence ou l'abandon et que la guérison est lente et souvent impossible; comment évalue-t-on les services que l'on rend à ces personnes? Au plus, les intervenants sociaux peuvent aider une personne à vivre avec ses cicatrices, à lui permettre de continuer de contribuer à la société à la mesure de ses capacités.  Pour un enfant, la stabilité sera un indicateur important de la qualité des services rendus. Un enfant dont la stabilité est assurée sera alors à même de se développer et de devenir un adulte qui s'intègrera à la société. Mais ce dernier élément ne pourra être évalué que dans un avenir à moyen ou long terme. Or la recherche dans le domaine des services sociaux est à des années lumières de la recherche en matière de santé. Un hôpital s'associe nécessairement à une université pour développer la recherche. Les données en matière de services sociaux sont toujours fragmentaires et commencent seulement à donner des indicateurs de performance.

    La performance du système public sous-tend également la performance des lois, l'efficacité des politiques et des programmes publics. Comme pour l'évaluation des services le degré de complexité de l'évaluation de l'effet des lois peut être plus ou moins grand selon l'objectif poursuivi. Ainsi, une loi pénale visant à empêcher un comportement que la société considère inacceptable remplira sa mission lorsque le comportement aura sensiblement diminué ou même cessé dans le meilleur des cas. Mais une loi qui a pour objet de changer les structures afin que les services soient mieux organisés sera beaucoup plus difficile à évaluer. Quel indicateur parlera le mieux de la meilleure organisation des services publics? La création des agences locales dans le réseau de la santé et des services sociaux a-t-elle eu un effet positif sur l'organisation du réseau? En quoi font-elles mieux que leurs prédécesseures: les régies régionales? Un indicateur pourrait être que les argents nécessaires pour chaque programme soient livrés au bon service. Or les établissements reçoivent maintenant des enveloppes globales pour l'ensemble des services (il n'y a plus d'enveloppes "étiquettées" pour un programme précis). Ces considérations financières contribuent d'ailleurs à la difficulté d'évaluer un programme sous-financé.

    Ainsi:

      "Au Québec enfin, l’étude sur la mise en oeuvre de la Loi sur l’administration publique (LAP) enseigne d’une part que la définition de cibles et d’objectifs précis et mesurables reste laborieuse et, d’autre part, que le suivi de la gestion et des effets des programmes, à l’aide d’indicateurs pertinents, mérite d’être consolidé." ("L'évaluations de politiques et de programmes publics", Télescope, vol 13 no.1, printemps-été 2006)

     Malgré tous les écueils qui se présentent sur le chemin de l'évaluation de la performance du secteur public, l'exercice demeure essentiel afin de s'assurer que les dépenses publiques atteignent l'objectif poursuivi qu'est le bien-être de la population.   

     En 2007, l'OCDE s'est penchée sur cette question. Dans un document intitulé "Mieux mesurer l'administration publique" (GOV/PGC (2006) 10), qui lançait un projet d'évaluation de la gestion publique, cet organisme s'exprimait ainsi:

    «Compte tenu de la taille de l'administration publique et de son rôle dans l’économie, la contribution de l’administration à la croissance économique nationale est d’une importance considérable, en particulier lorsque l’on envisage les taux d’évolution sur le long terme. (...) Ses réalisations, ou absence de réalisations, se définissent par la qualité et la nature des biens et des services qu’elle fournit, par ses activités de redistribution et par la nature de la régulation qu’elle exerce sur les comportements du marché et ceux des individus." (p.8)

    L'administration publique doit rendre des comptes de sa performance chaque jour sur la place publique. Présentement, le réseau de la santé et des services sociaux est particulièrement sur la sellette puisqu'on lui reproche un trop grand nombre de cadres dans son réseau. (Voir série d'articles dans La Presse: André Pratte, 24.09.2010, Ariane Lacoursière, Mario Roy, 29.09.2010, Rima Koury, 30.09.2010 et The Gazette, éditorial du 30.09.2010) et un manque d'effectif clinique de premier niveau dans l'intervention. Le ministre, responsable de son réseau envers la population doit donc faire la démonstration de l'efficience de son réseau grâce à ses gestionnaires qui veillent à la qualité des services. En espérant qu’il soit convainquant… 

    Pascale Berardino

     

     

     

  • Le rôle du gouvernement dans le développement minier au Québec

    Blog 1 du cours Principes et Enjeux de l’Administration Publique, ENAP

    Professeur : M. Rémi Trudel

    Écris par : Émilie Lemieux – cours du lundi soir

     

    L’Actualité du 1er juin 2010 soulignait que le Québec vit un nouveau boum minier qui coïncide avec une hausse sans précédents des besoins en métaux des économies émergentes d'Asie. Les enjeux de cette nouvelle expansion de l’industrie minière soulèvent inévitablement des questionnements concernant la répartition des richesses, le développement local durable du territoire et la relation avec les populations autochtones. Et surtout, quel rôle devra jouer le gouvernement du Québec dans cette nouvelle ruée vers l’or ?

    Selon l’Institut Fraser, le Québec est le meilleur endroit au monde pour exploiter des mines. Le gouvernement du Québec offre un ensemble de politiques favorables soutenant le fort potentiel minéral de la province. Si cette position sert au gouvernement pour attirer les investissements étrangers, elle nuit à sa crédibilité lorsqu’il est temps de négocier des redevances équitables pour les populations du Québec.

    L’Actualité rapporte qu’en avril dernier, le vérificateur général a notamment reproché aux compagnies d'utiliser des subterfuges comptables pour ne pas payer les redevances qu'elles doivent à l'État pour compenser l'extraction des ressources. En ce sens, la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine demande que l’industrie soit plus responsable et mieux encadrée par l’État. Pour que les entreprises privées puissent respecter les lois de façon adécuate, elles doivent être encadrées par des lois qui correspondent au contexte actuel de libéralisation de l’économie et d’ouverture des marchés.

    À cet enjeux, l’industrie minière aime répondre que la modernisation des lois sur les mines n’est pas nécessaires, et que l’industrie, maintenant moderne, est en mesure de s’autoréguler selon des principes volontaires de la responsabilité sociales de l’entreprise (RSE). Pourtant, le concept de la RSE est clairement insuffisant. L’entreprise privée crée la richesse mais elle ne peut la répartir équitablement. De la même façon, l’entreprise minière peut appuyer le développement mais elle ne devrait pas être l’entité responsable du développement. Le secteur public a donc encore toute sa place dans une économie de marché car en plus de soutenir la création de la richesse, elle vise à sa répartition. L’État doit reprendre ses droits et la place qui lui revient dans l’économie, en étant à la fois leader et responsable du développement local et régional, et en réduisant les asymétries entre la population et les entreprises.

    La gestion publique doit être alimentée par une vision à long terme et non uniquement par un souci de popularité électorale. Cette vision doit être partagée avec la population, et doit valoriser une diversification des économies locales en harmonie avec l’environnement et le mode de vie de la population. Comme le mentionnait Nathalie Normandeau, ministre des Ressources Naturelles et de la Faune et responsable du Plan Nord, les citoyens expriment de plus en plus leur opinion sur l’exploitation des ressources naturelles et énergétiques, et le gouvernement doit trouver les moyens de les associer à la prise de décision.

     

    Ainsi, la population n’a pas seulement le droit d’être informée, mais qu’elle a aussi le droit d’émettre son opinion pour permettre d’influencer la réalisation des projets miniers dans la province. De cette façon, la participation citoyenne ne peut se limiter à approuver ce qui est déjà décidé ; elle doit aussi servir à négocier les bénéfices mutuels qui seront obtenus grâce à l’activité minière. Ceci est particulièrement vrai pour les populations autochtones, trop souvent écartées quand il est question de tirer profit du potentiel économique du territoire.

     

    Les promoteurs miniers devraient donner une importance capitale au consentement des communautés autochtones et à leur implication dans le développement de leur territoire. Les droits autochtones ne sont pas un obstacle au développement économique, et les communautés sont souvent dépeintes à tort comme étant opposées aux projets d’exploration et d’exploitation de ressources naturelles. Raphaël Picard, chef du Conseil des Innus de Pessamit, anciennement appelé Betsiamites, près de Baie-Comeau sur la Côte-Nord, mentionnait que les communautés autochtones sont prêtes à contribuer au développement du territoire lorsqu’il se fait de façon respectueuse de l’environnement et des droits ancestraux des populations.

     

    La dernière édition du journal Les Affaires rapporte qu’en mai dernier, le Conseil des Innus de Pessamit a conclu une entente avec les petites sociétés minières Argex et St-Georges qui ont entrepris des travaux d’exploration visant à découvrir des gisements de fer, de titane, de cuivre, de platine et de nickel. L’entente qui prévoit notamment la construction d’une usine de transformation sur le territoire de Pessamit, entraînera la création de 450 emplois dont une centaine parmi la communauté innue. M. Picard, qui déplore que les gens de la communauté soient exclus de l’employabilité dans les grandes entreprises de la région, qualifie d’historique l’entente conclue avec les deux entreprises minières. Cette entente serait-elle un exemple à suivre pour l’avenir? Faut-il encore que le gouvernement puisse en garantir la durabilité.

    Avec la croissance économique fulgurante des pays en émergence que l’ont appelle maintenant le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la consommation d’acier connaît une montée historique. Du jamais vu depuis les trente dernières années. Le développement économique accéléré notamment de la Chine et de l’Inde et la forte demande de ces pays pour le minerai de fer entraîne des répercussions importantes sur l’économie de la Côte-Nord. De nouvelles mines feront naître ou renaître des villes plus au nord du Québec, sous l'impulsion du Plan Nord du gouvernement Charest. Une nouvelle mine de fer sera bientôt exploitée à Schefferville, ville abandonnée au début des années 1980 à la fermeture de l’Iron Ore, par un groupe dirigé par l’indienne Tata Steel.

    Le Plan Nord vise à mettre en valeur les richesses minières, forestières et hydroélectriques au nord du 49e parallèle. Bien que le Grand-Nord québécois représente pour nous, Montréalais, une contrée lointaine de territoires pratiquement inhabités, il est occupé par des populations qui ont leur mot à dire dans le développement de cette région. Cinq communautés autochtones refusent toujours d’adhérer à la démarche du gouvernement car selon eux, le Plan Nord met en péril leurs droits sur le sol et le sous-sol du territoire.  

     

    Le Plan Nord illustre bien la course à la productivité du travail maintenant entamée par le Québec. Comme le rapporte le journal Les Affaires, le vieillissement de la population québécoise, plus accentuée qu’ailleurs, aura pour effet qu’en 2026, pour 10 personnes actives, il y en aura 7 inactives. Ce sont des baisses de revenu considérables pour l’État qui devra continuer de financer un système de santé de plus en plus coûteux, l’éducation et les infrastructures de la province. Selon une étude du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP), l’investissement direct étranger (IDE) est une façon d’augmenter rapidement la productivité d’une région. Pourtant, l’IDE ne règle pas les enjeux de répartition de la richesse et de la qualité de vie, surtout chez les populations pauvres et marginalisées. Les élus ne doivent pas perdre de vue leurs responsabilités qui vont bien au-delà des seules forces du marché.

    La ministre Normandeau se vante d’un Plan Nord novateur, où le gouvernement travaille en synergie avec les communautés. Elle dépeint cette démarche comme un nouveau modèle d’affaires entre le gouvernement, les industries, les communautés et les groupes environnementaux. Le défi est de taille, si l’on veut favoriser un développement qui soit inclusif, en respect des droits autochtones et de l’opinion populaire. Sans oublier l’épineux dossier du nucléaire, qui fait face à une vive opposition citoyenne à Sept-Îles, où la démission collective d’une vingtaine de médecins a eu une incidence considérable sur la perception de la population face à cette activité risquée. On peut bien en vanter les retombées économiques, l’activité minière demeure menacée par des conflits qui surgissent dans sa propre nature et dans son histoire de dislocation sociale et de contamination environnementale.

     

    Sources :

    Les Affaires, semaine du 2 au 8 octobre 2010. www.lesaffaires.com

    « Productivité : le Québec doit passer à la vitesse supérieure », par Suzanne Dansereau

    « Une mine de projets », par Pierre Théroux

    « Des projets grandeur nature », par Pierre Théroux

    « Le Québec de René Vézina. Aux pays des grandes ambitions »

    « Enfin des jobs pour les Innus de Pessamit! », par Pierre Théroux

    « Soyez à l’affût des occasions d’affaires », par Suzanne Dansereau

     

    L’Actualité, 1er juin 2010. www.lactualite.com

     

    « À qui profite le boom minier? », par Valérie Borde

     

    « La bataille de l’uranium », par Jonathan Trudel

     

    L’Actualité, 15 juin 2010. www.lactualite.com

     

    « Elle milite en faveur de l’indépendance…énergétique du Québec! », par Mélanie Saint-Hilaire.  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le Québec la province la plus corrompue!

    Le Québec la province la plus corrompue!

    Voilà une déclaration qui ne peut passer inaperçue au Québec, surtout quand c’est un magazine anglophone torontois qui nous la jette à la figure! C’est là que le bas blesse. Le journaliste Martin Patriquin a frappé un coup double dans le cœur des Québécois, tout d’abord en utilisant notre Bonhomme Carnaval pour représenter la corruption au Québec et en affirmant que le Québec est la province la plus corrompue.

    Primo, il y des symboles qu’il ne faut pas toucher. Martin Patriquin se défend bien de ne pas être l’auteur du choix de la page couverture… mais il ne nous fera pas croire qu’il ne l’endosse pas! Quand tu enlèves la goupille et que tu lances une bombe, tu dois t’attendre à des dommages collatéraux! Secundo, j’ai toujours trouvé risibles les concours de beauté où l’on affirmait avoir élu la plus belle femme du monde… encore faudrait-il avoir parcouru le monde! Mais je crois que la phrase qui m’a le plus dérangée est celle où il dit que les Québécois sont génétiquement incapables d’agir avec intégrité! Là, je me sens personnellement attaquée et c’est à ce moment-là que l’expression « faire du Québec Bashing » prend tout son sens!

    Au Québec, on préfère « laver notre linge salle en famille ». Nous ne sommes pas dupes, nous déclarons haut et fort toute apparence ou naissance de corruption, mais on n’a surtout pas besoin qu’un voisin mal intentionné vienne en rajouter! On peut critiquer ouvertement sa famille, mais on ne laissera jamais personne d’autre le faire. Sachant que cette dénonciation repose sur une « prépondérance de preuves » et non sur le fruit d’une analyse digne d’un travail journalistique honnête, on ne devrait pas lui accorder autant d’importance.

    Le 18 septembre dernier, le chroniqueur du journal Les affaires écrivait l’article « Assis sur des trésors, le Québec joue au quêteux », personne n’en a fait un plat. Pourquoi, pour les raisons que je viens d’invoquer. Tout vient de l’intention du message. On pourrait se dire qu’il n’est pas flatteur d’être traité de quêteux, et ce fut ma première réaction. J’ai ensuite parcouru l’article pour y trouver d’autres citations dérangeantes, telles que;

    « … au Québec : nous préférons l'aumône au travail, la péréquation à la mise en valeur de nos ressources. »

    « Le Québec possède de fabuleuses richesses naturelles. Mais pas touche! … comment parvenons-nous à vivre aussi bien sans mettre davantage à contribution notre riche patrimoine naturel? C'est simple : parce que les autres Canadiens font le travail pour nous. »

    Ne ressentez-vous pas là le même malaise que moi en lisant ces lignes? Pourquoi personne n’a réagi à cet article alors qu’une semaine plus tard, le Québec entier, incluant son gouvernement, se sent outré par l’article publié dans le MacLean’s? Tout simplement parce que René Vézina, lui, n’avait pas de mauvaise intention et qu’il a prouvé que nous étions capables d’autocritique. René Vézina a tout simplement réagi à la réaction de Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, lorsqu’il a reproché, une fois de plus, au gouvernement Charest de freiner son projet hydroélectrique sur le bas du fleuve Churchill. La déclaration de Dany Williams soulève en effet des questions importantes et comme québécois, nous devons faire preuve d’introspection et nous questionner sur les motivations profondes de nos gouvernements.

    L’article publié dans le MacLean’s nous est tombé dessus à un bien mauvais moment. On a crié au racisme envers le peuple québécois et certains de nos représentants politiques ont même accusé le magazine de vouloir faire du Québec Bashing. Les fondements historiques de notre nation y sont pour quelque chose. Notre fibre nationaliste s’est sentie attaquée et c’est la minorité francophone qui était visée. Il faut le dire, notre entêtement à protéger notre langue et notre désir profond de souveraineté dérange. Toutefois, ces deux dernières années, un scandale n’attend pas l’autre et le peuple québécois en a marre! Le message de Martin Patriquin en fait l’étalage et ce n’est qu’une simple énumération de faits que nous connaissons déjà. Dans les entrevues qu’il a accordées sur le réseau TVA, il ne regrette rien de ce qu’il a écrit et clame l’avoir fait pour dénoncer la stagnation gouvernementale. Il dit que le Québec a arrêté d’évoluer et que les élus n’apportent rien de neuf et qu’ils sont plus soucieux de satisfaire leurs ambitions personnelles que celles du Québec.

    Aie! Il y a là des vérités que nous préférerions ne pas nous faire dire!

    Avons-nous perdu confiance dans le « pouvoir judiciaire » de notre gouvernement? Continue-t-il à remplir le mandat qu’il lui a été confié? Qu’arrive-t-il quand le « pouvoir exécutif » s’implique dans le droit judiciaire? Les citoyens doivent avoir foi en la justice et c’est le message qui est lancé au gouvernement par tous les libres penseurs de ce monde.

    Il doit y avoir apparence de justice pour que l’État de droit fonctionne et c’est ce que le premier ministre Charest tente de prouver en témoignant à la commission Bastarache. Mais y arrive-t-il vraiment? Le premier ministre Charest doit faire face à un nouveau degré de difficulté en matière d’administration publique, le pouvoir du « papier ». Eh oui! Comme le dit le dicton, les écrits restent! En passant du quotidien aux multiples moyens de communication sur le Web, la liberté de presse ouvre les portes à toute forme d’expression qu’il ne faut pas sous-estimer. L’administration publique est comme dans un aquarium. Avec le pouvoir des médias et des nouvelles technologies, nous élus sont constamment cités, scrutés, dénoncés et facilement envoyés à l’abattoir public au moindre courant d’air suspect!

    Dans notre état de droit, il existe deux principes fondamentaux au bon fonctionnement de l’État. Nous avons assisté à la démonstration de l’un de ces principes, soit celui de la solidarité ministérielle. L’ensemble de nos élus politiques ont fait front commun par dénoncer les propos du journaliste Martin Patriquin. Cette dénonciation de corruption visait toute la machine gouvernementale. Celui qui aujourd’hui est au banc des accusés sera éventuellement appelé à la barre pour défendre un de ses membres. L’heure est au « serrage de coudes » et cette solidarité est essentielle afin de ramener la confiance du peuple québécois dans les membres qu’ils ont élus.

    Le second principe fondamental de l’administration publique est la responsabilité ministérielle. Quand le peuple québécois vote pour élire un gouvernement, il a des attentes. L’État doit s’organiser pour prendre des décisions, les mettre en œuvre, en contrôler les résultats, gérer les fonds publics, et ce, pour le mieux-être de l’ensemble des citoyens et citoyennes.

    Les derniers évènements suggèrent au peuple québécois que l’État a failli à la tâche qu’il lui a été confié. C’est toute la machine gouvernementale qui est ébranlée. Gérer en administration publique est drôlement plus complexe que dans une entreprise privée. À l’instar du gouvernement, l’entreprise privée peut fermer ses portes du jour au lendemain, se faire oublier pour un certain temps et revenir en force sous une autre raison sociale et il y a des chances que ça fonctionne. L’État, lui,  est là pour rester, pour le meilleur et pour le pire! Dans les années à venir, il faudra être plus prudent quand il sera temps d’utiliser notre pouvoir individuel, soit celui de voter.

    Diane Plante

    Boucherville

    Étudiante à la maîtrise

    ÉNAP - Montréal