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  • Criminalité a col blanc

     

    L’affaire Norbourg et l’affaire Earl Jones ont soulevé beaucoup plus qu’un scandale. La population vieillissante, la crise économique et ces événements ont placé la société dans un état de panique et a nécessairement entraîné une crise de confiance. Vincent Lacroix,  13 ans d’emprisonnement concurrent à la sentence prononcé par l’AMF, il sera sans doute éligible à une libération conditionnelle au sixième de sa sentence. Earl Jones soupçonné d’avoir orchestré une fraude de 50 millions de dollars. Peut-être faudrait-il se demander si l’obsession de l’argent et du profit n’est pas devenue trop omniprésente ?

     

    Alors que certains citoyens voient s’envoler en fumée leur économie de toute une vie. Les conséquences sont dramatiques et provoquent des drames familiaux, des suicides et amène parfois des maladies incurables. Les pressions sociales deviennent fortes face à la criminalité à col blanc.

     

    Le 13 septembre 2009, le Ministre de la sécurité publique Jacques Dupuis annonce la création d’une toute nouvelle escouade qui aura pour mission d’enquêter sur toute forme de malversation et de corruption concernant les institutions publiques du Québec. Le gouvernement met en place une première escouade qui travaille sur des crimes financiers et feront de la Cybersurveillance. L’escouade répondant de la Sûreté du Québec sera composé de vingt-six enquêteurs et travailleront sur des dossiers de malversations et les problèmes d’éthiques au sein des instances municipales et dans le domaine de la construction.

    Depuis combien de temps avons-nous pris conscience du manque de pouvoir et de contrôle de l’autorité des marchés financiers? Or, le 11 septembre 2007, la ministre des finances avait annoncé l’amendement à la loi sur les valeurs mobilières permettant à l'AMF d’intervenir plus rapidement et de façon musclée. Et pourtant, cet organisme public indépendant a pour mission de veiller à la protection de l'épargne investie dans les produits financiers et tout autre placement donnant lieu à appel public à l'épargne ; à l'information des investisseurs et au bon fonctionnement des marchés d'instruments financiers.

    Sans doute, vous serez surpris d’apprendre que l’AMF a présentement 112 spécialistes qui tentent de contrer  les malversations économiques. Les efforts mis pour élucider ces crimes favorisent certainement une croissance des cas médiatisés et favorise certainement la délation.

    Les enjeux sont grands en matière d’économie car les Québécois devront compter sur leurs épargnes pour assurer leur qualité de vie et surtout leur retraite. Les fonds communs de placements représentent le premier choix d’investissement d’une grande majorité de Québécois et de Canadiens. Ces choix se font dans l’épargne-retraite, les épargnes liées à l’éducation et les épargnes courantes. Il s’agit du cœur de l’épargne du Québec.

    Le phénomène de la convergence fiduciaire est entrain de faire son apparition éliminant l’approche classique de l’épargne par les institutions financières et laissant la place aux investisseurs individuels. Le gouvernement du Québec doit revoir les fondements qui encadrent l’ensemble des modes d’épargnes et des placements. Le défi du gouvernement du Québec est de procurer à ses citoyens un cadre d’épargne favorisant l’innovation et la concurrence tout en assurant la protection des épargnes. D’ailleurs, l’efficacité de la politique du gouvernement du Québec en matière de protection de l’épargne représente un enjeu critique pour la Société Québécoise. 

     

    L’ouverture des marchés financiers en dehors de nos frontières permettra l’accès aux produits innovateurs, performants et entraînera une concurrence à l’intérieur des produits financiers Québécois qui sont d’ailleurs les plus dispendieux du monde. Le libre échange des produits financiers de l’ALENA permettra une vigilance sur les produits tels qu’en Europe et aux États-Unis et permettra d’avoir des produits financiers moins dispendieux.Le Québec devra adopter des mesures de contrôle aussi sévère que nos voisins les Ontariens ou dans certains pays d’Europe tel que Londres. Le gouvernement devra t-il interdire les paradis fiscaux, tel que le Bloc Québécois, le propose?

     

    La complexité des produits financiers  oblige les consommateurs de produits  d’épargne et d’investissement à être informé davantage par l’utilisation des outils mis à leurs dispositions. Le défi de l’investisseur est d’évaluer la légitimité de la société de gestion qui gouverne les fonds, la fiabilité du fond et des stratégies utilisées. 

     

    A l’intérieur de ces drames, les acteurs principaux de la société peuvent se responsabiliser et d’ailleurs améliorer les processus. Par contre, le gouvernement du Québec refuse depuis le début de faire toute la lumière sur la saga Lacroix. Il refuse l’idée de tenir une enquête publique et indépendante comme le réclame les victimes et parti politique à l’opposition. Le gouvernement de Jean Charest n’a aucun intérêt de connaître les rôles joués par l’autorité des marchés financiers, le ministère des Finances et la Caisse de dépôts.

     

    Les victimes encore plus amères, mécontentes de la tournure des événements et floués par ce scandale financier. Les victimes fondent maintenant leurs espoirs sur un éventuel recours collectif qui permettrait aux victimes de revoir la couleur de leur argent. La liberté d’une retraite planifiée s’est envolée! 

    La criminalité à col blanc, n’est-il pas relié à un problème d’éthique? Les dictons tels que « voler ou frauder le gouvernement en ne payant pas complètement ses taxes ou impôts, n'est pas voler, car le gouvernement c'est nous ». Notre société de consommation nous amène à vouloir obtenir nos biens rapidement. Dans les milieux d’affaires, la corruption, la malversation et la fraude sont très présents.Chose certaine, la société, s’attend désormais de ses dirigeants, élus ou non, qu'ils suivent les balises de l’intégrité.

    La justice n’a-t-elle pas été trop clémente dans ce dossier? Vincent Lacroix n’a ni commis d’homicide ou de voies de fait, néanmoins il n’en demeure pas moins que l’ampleur de son crime à des impacts tragiques, souvent violents, à l’intérieur de notre société. Le scandale Norbourg est à mon sens un crime violent  par le nombre de vies détruites et des gens devenus en profondes détresses psychologiques. Plusieurs critiques ont dénoncé le manque de sévérité des peines imposées au Canada lors d'infractions reliées aux marchés financiers. Cette tolérance de notre système judiciaire, reflète un laxisme et une perception que les «crimes économiques» sont moins répréhensibles que les crimes contre les personnes Que faudra t-il faire pour amender les lois plus sévères? N’est-il pas légitime de demander au parlementaire de revoir la politique de la sortie des détenus après le sixième de la sentence? A mon sens, il faut évaluer les facteurs aggravants du crime tel que l'ampleur de la fraude, la durée, la complexité, son caractère prémédité, les conséquences et le nombre de victimes, l’impact sur la population, l’impact sur la confiance du système financier. Le système de justice au Québec est complètement détraqué !

     

    Signé : Catherine H.

                 Jeudi AM 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Pour l'avenir du Québec

    Les prochaines années pourraient être déterminantes pour l’avenir du Québec.  Par-delà le conflit qui perdure et les affrontements qui divisent la population sur le plan constitutionnel, le Québec fait face à un problème nouveau qui menace la stabilité du fonctionnement de toutes les organisations de la province : le vieillissement de la population et sa conséquence, la diminution de la main-d’œuvre active sur le marché du travail.

             L’Institut de la statistique du Québec nous révèle des données fort significatives, relativement à cette problématique : en 1961, 6% de la population était âgé de plus de 65 ans, le double en 1991, et on prévoit que près d’un citoyen sur quatre sera âgé de plus de 65 ans en 2015.  Or, ces vieux sont plus en santé, et vivent plus longtemps.  La pression sera alors forte sur les finances publiques, en regard notamment de l’offre de services à proposer à cette catégorie de population.  Les répercussions seront importantes, allant même jusqu’à surpasser les difficultés les plus sérieuses que le Québec ait connues à ce jour.

             L’enjeu démographique se pose dorénavant avec plus d’acuité que jamais auparavant : déjà les besoins des employeurs sont criants, et la rareté de la main-d’œuvre qualifiée se fait sentir dans tous les champs d’activités, et dans toutes les régions du Québec.  Conséquemment, des villages de la province luttent pour leur viabilité.  Les entreprises de ces milieux sont menacées de fermeture, ne pouvant combler leurs besoins croissants de main-d’œuvre. 

             Indubitablement, on reconnaît que l’immigration devient le levier stratégique le plus approprié pour le maintien et la survie de la société québécoise.  Bien plus, alors que l’immigration représentait environ 60% de la croissance de la population active du Québec au tournant du siècle, on projette qu’elle représentera la totalité de la croissance dès les prochaines années.

             Aujourd’hui, l’économie du Québec, malgré les soubresauts de la récession, est diversifiée, avec une classe moyenne grandissante, dotée d’un bon pouvoir d’achat, et ouverte sur le monde.

             Pour assurer sa croissance ou simplement maintenir la qualité de vie de ses citoyens, la société québécoise doit pouvoir compter sur des industries compétitives et un personnel spécialisé. Ceci étant dit, il apparaît évident que la survie démographique de la société québécoise et sa vitalité financière sont directement dépendantes de l’immigration.

              Cette affirmation est criante de vérité!  Jusqu’à quel point en est-on conscient?  Les enjeux d’une telle réalité sont-ils validés?

             Avec un taux de fécondité de 1,6%, soit bien en-dessous du taux de remplacement de 2,1%, des efforts colossaux doivent dès lors être entrepris pour renforcer l’action des instances gouvernementales et des organismes affiliés pour recruter davantage de personnes immigrantes. 

             Dans le cas contraire, le Québec aurait un poids politique de moins en moins lourd dans la confédération canadienne, et sa population, de plus en plus vieille, diminuerait au point de rendre les finances publiques ingérables.  Selon Statistique Canada, la population du Québec pourrait représenter 21% de la population du Canada en 2014, comparativement à 24% en 2006, et à 28% en 1971. 

             Le Québec a accueilli 217,043 personnes immigrantes entre 2003 et 2007, comparativement à 163,391 entre 1998 et 2002. (1)  La volonté gouvernementale est d’augmenter les nombre de personnes à être admises chaque année : l’objectif est de dépasser les 60,000 nouvelles venues.  Là se posent les vraies questions : quelles personnes accepter? Quelles procédures adopter?  L’avenir du Québec en dépend. 

             Les immigrants qui venaient jadis d’Europe ou d’Amérique latine provenaient de pays dont les coutumes avaient beaucoup en commun avec celles du Québec.  Ces bassins de recrutement se sont taris maintenant que ces pays offrent à leurs citoyens des conditions de vie fort acceptables, les enjoignant à demeurer dans leurs pays d’origine.

     

             De plus en plus, le Québec reçoit des gens qui viennent de pays où les valeurs et les croyances religieuses sont très éloignées de celles des Québécois.  Les récentes consultations publiques ont fait ressortir certaines inquiétudes, relativement à l’intégration de cette nouvelle clientèle immigrante. 

             L’incompréhension et la frustration montent chez les Québécois : voile islamique, kirpan à l’école, piscines réservées aux jeunes filles musulmanes, locaux de prière, etc.…  Il apparaît évident que plusieurs communautés d’arrivée plus récente revendiquent le droit de recréer intégralement ici le mode de vie de leur pays d’origine.

             Le Québec représente une terre d’accueil prometteuse, encore faut-il que les personnes immigrantes acceptent de s’approprier les valeurs communes de la société québécoise. 

             Le Québec n’est pas une province comme les autres.  En raison de la langue et de la culture de la grande majorité de sa population, le Québec se perçoit comme une société distincte.  Le poids démographique du Québec reste faible, et la crainte de l’assimilation linguistique et culturelle reste présente.  Sachant qu’un peu moins de 60% des immigrants connaissent le français en arrivant ici, et que près de 85% de ces personnes s’établissent dans la région métropolitaine de Montréal, il y a fort à parier que, si des mesures urgentes ne sont pas mises en place, la menace de l’anglicisation à moyen terme est tout à fait réelle.

             Une analyse sommaire de la situation suggère qu’il faut envisager d’adopter des procédures de sélection et d’intégration beaucoup plus contraignantes.  Au minimum, le Québec serait en droit d’exiger que les immigrants respectent ses politiques linguistiques et culturelles.  Il devrait être clair que les immigrants doivent souscrire à nos lois fondamentales, notamment celles portant sur le principe de l’égalité des hommes et des femmes, sur l’obligation d’envoyer leurs enfants dans les écoles publiques françaises, et sur l’adhésion au principe de la laïcité voulant que toute pratique religieuse soit réservée à des lieux privés.

             Sur le plan linguistique, dans plusieurs pays d’Europe, l’intégration est obligatoire et le nouvel arrivant doit rapidement s’assurer d’une connaissance acceptable de la langue du pays, sous peine d’être reconduit à la frontière. 

             Sur le plan culturel, les personnes provenant de certaines régions du monde semblent poser davantage de problèmes.  Certaines communautés sont infiltrées par des activistes fondamentalistes animés par la haine de l’Occident.  D’autres comptent dans leurs rangs des membres qui prônent une vision puritaine de l’Islam. Dans ce contexte, la vigilance est de mise : les demandes provenant de citoyens de certains pays pourraient être refusées d’emblée.

              Le Québec constitue la seule société en Amérique du Nord où les francophones sont majoritaires.  Plus qu’un symbole culturel, la langue française au Québec est l’essence même de sa spécificité.  Aussi l’immigration au Québec doit imposer l’obligation de parler le français. 

             Ce même Québec, après des années de grande noirceur, s’est affranchi des oppressions religieuses : on a laïcisé la vie publique pour la libérer de son carcan catholique.  On ne saurait tolérer la reprise d’un nouvel encadrement religieux, cette fois imposé par les diverses communautés ethniques qui arrivent chez nous. 

             Après la Charte des droits de la personne et la Charte de la langue, le moment est venu pour le Québec de se doter d’une Charte de la laïcité, à l’exemple de la France. 

             S’ouvrir au monde en accueillant chez nous plus de citoyens étrangers est une nécessité.  Faciliter l’accès et l’implantation de ces nouveaux-venus est impératif.  Faciliter les francophones est obligatoire, dans ce contexte.  Il faut que le Québec précise ses paramètres de sélection, afin de conserver sa culture, son histoire et ses racines françaises. 

             Cette identité québécoise doit être préservée à tout prix. 

                

    VM cours du mardi soir

     (1) Québec, Ministère de l’Immigration, Tableau sur l’Immigration au Québec, 2003-2007.

  • Blog 2 - CISSÉ. De la vision dans les organisations publique. Y a-t-il encore des Tommy Douglas ?

     

     

     

     

    Présenté par : Amadou Lamine CISSÉ

    Blogue 2

    Automne 2009

    Groupe du lundi soir

     

     

     

     

    « Mes amis, surveillez bien les petites gens qui ont des idées » - Tommy Douglas, 1961

     

     

    Depuis quelques années maintenant, avec l’avènement du nouveau management public, bien des organisations, qu’elles soient publiques ou privées, se sont lancées dans l’élaboration de documents de planification stratégique.

     

    Ceci suppose, le plus souvent, une formalisation collective de la « vision » de l’organisation dans un document écrit. Cependant, sans être élaborée formellement, la vision peut aussi se retrouver sous la forme d’un processus mental individuel, un « rêve d’objectifs » que tout dirigeant d’organisation peut poursuivre. Notre réflexion portera sur ces deux aspects et cherchera à savoir si la vision est une œuvre collective ou le produit d’une inspiration individuelle.

     

    Dans le chapitre 7 de leur ouvrage, Bazouz et Leclerc(1) penchent plutôt pour la première option en postulant que la vision, dans une organisation publique, doit être « définie par l’ensemble des acteurs, gestionnaires et personnel compris.»(2)

     

    En effet, dans une démarche participative et concertée, il est nécessaire et pertinent que tous les acteurs se retrouvent autour d’une vision commune pour s’assurer de leur engagement.

     

    En effet, au  risque d’altérer la substance du modèle axé sur la gestion des résultats, on ne saurait le dépouiller d’une de ses caractéristiques essentielles qui est le principe de concertation. La nouvelle démarche peut alors être tout à fait valable, mais il faudrait lui trouver un autre cadre d’exercice

     

    De même, il est généralement admis que le nouveau management public introduit de facto de nouvelles façons de faire qui induisent le changement. Pour faciliter le changement aux individus, il est souvent recommandé de définir avec eux les nouvelles normes, les nouvelles façons de faire, etc.

     

    Henri Mendras, sociologue français, ne dit pas autre chose quand il affirme : « Si les individus ne veulent pas changer, c’est parce qu’ils ne veulent pas transgresser une norme de groupe. »(3) Pour faciliter aux individus le changement, il suggère donc d’introduire de nouvelles normes qui font consensus.

     

    Pertinence et applicabilité

     

    Il faut donc admettre que la responsabilisation des acteurs ne doit pas être soulignée uniquement au moment de la reddition finale. Mais elle doit se situer plus en amont au moment où les engagements initiaux se prennent.

     

    De même, les acteurs ne s’engagent réellement que s’ils sont émotionnellement affectés, rassurés par la vision de l’organisation. Si on ne leur présente qu’un énoncé creux, dépouillé de « rêve » et conçu « entre quatre murs », ils restent figés sur leurs processus quotidiens, mais ne s’approprient pas l’esprit de la vision.

    Cette conception est aussi d’autant plus pertinente qu’elle n’obstrue pas le « leadership visionnaire » d’un quelconque dirigeant. Il suffit qu’il puisse puiser dans l’ « imaginaire collectif » de l’organisation et des acteurs qui la composent les éléments qui lui permettent de proposer une vision. Donc, la vision n’est pas considérée ici comme une aventure individuelle, mais bien la capitalisation d’une réflexion commune.

     

    Dans le secteur privé, le fait que la vision précède la mission permet de donner plus de latitude à cet esprit entrepreneurial qui fait souvent éclore des « génies » tels que Georges Soros, Bill Gates, Armand Bombardier, etc.

     

    Dans le secteur public, on a encore très souvent tendance à faire précéder la mission de la vision. Or, la mission du service public est décrétée par l’appareil d’État. Cette situation restreint le « champ de la vision », c’est le cas de le dire, et l’astreint à une certaine conformité à des règles établies, des décrets, etc. Le génie est donc tué dans l’œuf.

     

    L’applicabilité est aussi limitée dans le sens où le principe de concertation vient avec des défauts qui lui sont inhérents : lourdeur et lenteur de la prise de décision, palabres incessants, difficulté de faire émerger un consensus, influence des leaders d’opinion, etc.

     

    Réserves

     

    Mais nous pouvons aussi être d’avis qu’un gestionnaire, ou même un élu, peuvent fort bien avoir une vision qui irradie l’ensemble de l’organisation, rallie l’ensemble des acteurs et être porteuse de progrès. On peut, par exemple, citer la vision de Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan de 1944 à 1961, considéré par certains comme le « père de l’assurance-maladie au Canada ».

     

    De même, l’empressement à postuler que la vision ne peut être qu’une œuvre collective est à éviter. Ce d’autant que la consultation tous azimuts peut scléroser le gestionnaire qui ne peut plus faire prévaloir son leadership auprès des employés; sa crédibilité peut en prendre un coup à force d’être incapable de prendre des décisions qui l’engagent lui et lui seul.

     

    Il faut donc éviter de penser que toute décision découlant d’une vision individuelle est tyrannique ou arbitraire. En d’autres termes, un décret, une directive ministérielle, peut souvent générer des résultats bien plus satisfaisants qu’un long processus de consultation, quelle que soit, par ailleurs, sa plus grande valeur « normative ».

     

     

    Sources

     

    (1) BAZOUZ, B. et LECLERC, J., (2008). La gestion intégrée par résultats, PUQ, pp. 303-344

    (2) Idem, p.310

    (3) MENDRAS, H, Éléments de sociologie, Armand Colin / U, 1967

     

  • ENP7505-LUNDI-LACROIX-BLOGUE2

    UN PEU D’ORDRE M. LE PRÉSIDENT  : QUAND LA DÉMOCRATIE S’EXPRIME

    Manon Lacroix, ENP 7505 (lundi)

    La démocratie, la plus grande invention de l’humanité. Elle nous éloigne de la bête qui sommeille en chacun de nous et qui tend vers la loi du plus fort. La démocratie nous oblige à tenir compte de chacun. Elle est le meilleur remède à la Loi de la jungle.

     

    La véritable démocratie intègre les notions de liberté de parole, de droits sociaux, économiques et environnementaux et  doit nous permettre de faire des choix éclairés. La démocratie doit demeurer le phare de notre système politique et ne pas se limiter pas au seul droit de vote.

     

    Du grec dêmos, qui signifie  peuple, et kratos, pouvoir, autorité, la démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), pour le peuple,  sans qu’il y ait distinctions associées à l’âge, au sexe, à la race ou à la culture, à la richesse ou à la compétence (principe d’égalité). Le pouvoir s’exerce par l’intermédiaire de représentants désignés lors d’élections. Les principes et fondements de la démocratie s’exercent à travers les échanges libres entre les individus par l’intermédiaire des institutions où sont prises les décisions qui s’appliquent de la façon la plus juste possible.

    La période de questions à l’Assemblée nationale est essentielle à un régime démocratique. Elle est un moment où les élus sont appelés à rendre des comptes au public. Le système parlementaire force ainsi le parti au pouvoir à s’expliquer devant l’opposition officielle de son administration, en suivant des Lois et des règlements bien définis.

     

    Les questions, même si elles sont habituellement adressées à un ministre, sont en fait posées à l’ensemble du gouvernement. Ces questions doivent être brèves et ne peuvent :

    §         comporter ni expression d’opinion ni argumentation,

    §         être fondées sur des suppositions

    §         viser à obtenir un avis professionnel ou personnel

    §         suggérer la réponse demandée

    §         être formulée de manière à susciter le débat.

     

    De son côté, la réponse à une question doit aussi être brève, se limiter au point qu’elle touche et ne contenir ni expression d’opinion ni argumentation. Elle doit être formulée de manière à ne susciter aucun débat.

     

    Le ministre auquel une question est posée peut refuser d’y répondre s’il juge contraire à l’intérêt public de fournir les renseignements demandés ou si les renseignements ne peuvent être colligés qu’à la suite d’un travail considérable que leur utilité ne justifie pas. Il ne peut

     

    Les lignes directrices qui régissent la forme et le contenu des questions orales sont fondées sur les conventions, usages et traditions. Le Règlement ne fait état d'aucunes règle écrite régissant les questions, mais la pratique, des précédents et des déclarations que divers Présidents ont faites ont contribué au fil des ans à fixer un ensemble de principes et de lignes directrices. Ainsi, le Président :

    • n’a pas le pouvoir d’obliger un ministre à répondre à une question. Le refus d’un ministre de répondre à une question ne peut être ni contesté, ni faire l’objet d’un rappel au Règlement ou d’une question de privilège.
    • veille à ce que les réponses respectent les règles relatives à l’ordre, au décorum et au langage parlementaire. Évidemment, la période de questions restera le plus possible sur le contenu. Ainsi, les attaques personnelles ou partisanes sont interdites. Il est interdit aux parlementaires de se servir d’un langage violent, injurieux ou blessant à l’adresse de qui que ce soit. Le Président n’est toutefois pas responsable ni de la qualité, ni du contenu des réponses.
    • veille à ce que la période des questions se déroule d’une manière civilisée, à ce que les questions et réponses ne se transforment pas en débat et à ce que les députés qui posent des questions et ceux qui y répondent puissent se faire entendre.
    • a la discrétion et le pouvoir de rejeter toute question posée pendant la période des questions s’il croit qu’elle contrevient aux lignes directrices de la Chambre. Il peut suggérer au député de reformuler sa question ou simplement demander à un autre député de poser la question suivante
    • ne pose pas de questions orales et n’y répond pas non plus.

     

    Au gouvernement, il y a essentiellement une seule manière de se préparer à la période de questions : savoir de quoi on parle.

     

    Est-il possible que la période de questions ne reflète plus ce à quoi ressembler la démocratie dans son expression la plus noble?  Se peut-il que ce moment ne soit devenu qu’une joute « d’Égo » et ne soit plus représentatif de ce que l’on s’attend de nos représentants dans l’application de la démocratie.

     

    Trop souvent, la période de questions est décevante. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas tant de répondre aux questions que de faire mal paraître l’opposition, et vice-versa. La plupart du temps on tente de se défiler en ne répondant pas  aux questions,  en faisant  diversion ou en avouant candidement « ne pas savoir» ou  en réfutant sur la personne absente l’imputabilité du geste. Bien sûr, il y a des questions fort pertinentes, qui dévoilent des lacunes de gestion parfois importantes, mais ceci est presque devenu exceptionnel. Jeudi dernier fut un débat parlementaire haut en couleur, peu édifiant qui résume bien ceci.

     

    Mme Pauline Marois, chef de l'opposition officielle, réclame  la tenue d'une enquête publique pour faire la lumière sur les soupçons de collusion au ministère des Transports et  réclame sa tête de sa ministre, Julie Boulet»

     

    «Le leader adjoint du gouvernement, Claude Béchard, a contre-attaqué en évoquant une histoire concernant  le conjoint de Mme Marois, Claude Blanchet et il conclu son intervention en réclamant la démission de la chef de l'opposition officielle».

     

    «Piquée au vif, Mme Marois se défend et attaque sans répondre aux allégations de M. Béchard en déclarant   « On envoie le petit dernier pour faire la sale job ».et elle termine en disant que  « les tentatives de diversion du gouvernement » ne l'atteignaient pas.»

     

    «Lors d'un point de presse qui a suivi les échanges en chambre, le ministre Béchard a nié que les libéraux avaient tenté de faire diversion»

     

    De l’autre côté, mais cette fois-ci «hors –micro»,  La vice-première ministre, Nathalie Normandeau, se serait fait dire de « fermer sa gueule » par  le député péquiste Jean-Martin Aussant. Ce dernier se défend en disant qu’il ne comptait pas s'amender ayant répondu à l’attaque de Mme Normandeau qui l’aurait traité  d’«épais». Ici passons sous silence toute l’ironie de M.Aussant quand il a ajouté demander des excuses «au nom des hommes», justification de l’intervention initiale de Mme. Normandeau.


    Encore une fois, l’opposition accuse le parti officiel que : «La réaction de la ministre n'est qu'une manoeuvre de diversion du gouvernement pour échapper aux questions de l'opposition sur les allégations de corruption dans le milieu de la construction»

     

    Les députés cherchent, chacun de leur côté,  à poser des questions visant à déstabiliser l’adversaire et à donner des réponses qui viseront  à montrer qu'ils sont bien au-dessus de ça.

     

    Le contexte dans lequel se fait la période de questions ne permet pas un débat de fond d’abord parce qu’elle est trop courte et ensuite parce qu’une culture «représentation» s’est installée. Est-ce l’effet caméra?  Lors d’une longue entrevue accordée au journal le  Devoir et rapportée par la journaliste Hélène Buzetti le 13 et 14 novembre derniers, M. Preston Mannig, ancien chef du Parti réformiste, rapporte que la solution au désintérêt politique passe par l’expulsion des caméras de télévision de la Chambre des communes. Selon lui, et je cite : « L’image la plus fréquente que nous avons de notre parlement à la télévision est la période de questions, ce moment le moins séduisant de notre activité parlementaire».

     

    Ainsi, on se retrouve devant un débat distrayant où les élus peuvent échapper aux questions en les évitant ou en les faisant dévier. Ces questions sans réponse permettent rarement de mieux comprendre une situation et de se faire une opinion éclairée d’une situation. Une partie importante de la perte de confiance des citoyens envers leurs élus et le cynisme qui alimente la population face à nos institutions provient probablement de cela. Pour redonner confiance en celle-ci, il faudrait donner plus de pouvoir aux citoyens, redynamiser le monde politique en le sortant du pessimisme et du cynisme qui l’entourent.

     

    La réflexion entourant la réforme de la période de questions devrait prévoir une façon d’accéder au « contenu » et non seulement au «contenant»,  devenu plus irritant qu’intéressant.  Ce n’est pas de cacher l’information, mais de donner accès à une plus grande variété d’information et de laisser la population juger. 

    Ainsi, contrairement à M. Manning, je ne crois pas qu’il faille sortir les caméras du Parlement, mais donner accès à autre chose qu’à la période de questions. Ainsi, la population  verrait que nos élus ont beaucoup plus de matière qu’ils ne nous le montrent lors de cette activité. On s’apercevrait que,  parfois,  les moins « flamboyants » lors de la période de questions peuvent aussi avoir quelque chose à dire quand on leur laisse le temps de l’expliquer. Les commissions parlementaires en sont un exemple. De cette façon, les médias auraient autre chose à nous monter,  lors des bulletins de nouvelles,  que ce spectacle gênant auquel on a droit actuellement.

     

    Comme solution, Denis Trottier, député de Roberval, nous propose sur son blogue du 23 octobre dernier  de remplacer une partie de la période de questions par une période de propositions qui seraient plus positives. Il avance que l’opposition devrait faire part de solutions ou de propositions qui pourraient améliorer la société québécoise. Le gouvernement devrait ensuite dire s’il est d’accord ou non pour mettre de l’avant ces suggestions et pourquoi. Selon moi, ceci est intéressant dans la mesure où le temps nécessaire est accordé à l’explication et qu’un débat de fond est amorcé, impliquant le citoyen.

     

    Une autre option concernant la période de questions serait d’en réserver une partie au public, comme cela se fait dans les conseils municipaux. Ainsi, le public devrait pouvoir poser des questions à l’Assemblée nationale auxquelles chacun des partis devrait répondre. On pourrait alors voir ce que pense chacun des partis sur des sujets qui préoccupent le public et les organisations. Ceci est aussi très intéressant dans la mesure où les idées qui circulent et les débats qui se font,  servent à faire avancer le bien collectif et non pas uniquement les besoins personnels, individuels et égocentriques de l’individu qui les exprime.

     

    La population a besoin qu’on lui expliquer,  dans un langage clair en ne le prenant pas pour une imbécile, comment un nouveau projet de loi, une réforme un décret viendra avoir une influence sur son quotidien. Les gens sont intelligents et sensibles. Il faut leur parler honnêtement en utilisant tous les  moyens de communication mis à notre disposition pour le faire.  Il faut surtout cesser de nous montrer les représentants de l’État de cette façon. Cela ne rend pas justice à notre démocratie  et c’est irrespectueux pour les élus et pour les électeurs. La fierté ne se bâtit pas de cette façon.

     

    Je ne sais pas encore ce que nous devrons faire pour que s’exprime la démocratie de la  façon la plus noble qui soit. Peut-être en prenant conscience individuellement de notre rôle, de notre devoir et de notre pouvoir comme agent de changement. D’exiger que nos représentants s’adressent à nous de façon respectueuse. D’exiger que cessent ces présentations d’extraits de «crêpage de chignon»  aux bulletins de nouvelles et  que l’on nous montre enfin des propos réfléchis et des débats de fond.  Peut-être faut-il uniquement être ramené à l’ordre ? Faire preuve d’un peu d’humilité, de respect et de maturité et surtout, de ne pas oublier que la démocratie, ça peut aussi se perdre.

    S’il vous plait, un peu d’ordre M. Le Président