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Charte pour une image corporelle saine et diversifiée.

Blogue 2

Charte pour une image corporelle saine et diversifiée.

Par Johanne Vachon. Cours du mardi soir.

 

Que se passe t’il donc au Québec? A-t-on peur de ses ambitions et de ses convictions? Notre vieille culture : « On est né pour un petit pain » serait-elle, tel le phénix, en train de renaître de ses cendres. Bon bon bon… voilà que je m’emporte et que j’ose citer haut et fort que j’ai le goût de vomir.   Ouf… voilà c’est dit. Vomir… Anorexie… voilà ce dont je veux vous entretenir dans ce blogue par le biais de la charte pour une image saine et diversifiée. Mais tout d’abord, je vous mets en contexte.

Au cours des dernières années, la question de l’extrême maigreur, de l’obésité , et de l’image corporelle des femmes dans la publicité, la mode et les médias a non seulement fait couler beaucoup d’encre, mais a aussi amené plusieurs entreprises, organismes et gouvernements à passer à l’action, et ce, pas seulement au Québec.

Deux jeunes filles, Jacinthe Veillette et Léa Clermont-Dion, toutes deux ex-anorexiques ont lancé une pétition et demandé au gouvernement du Québec d'intervenir face aux images de maigreur et aux images irréalistes de femmes projetées dans les médias. Selon elles, cette publicité sans être la cause directe de l’anorexie, en est un facteur aggravant. Ces pétitions ont été déposées à l’automne 2007 et au printemps 2008.

En mars 2009, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, madame Christine St-Pierre, confie à un comité de travail le mandat de rédiger une charte d’engagement volontaire et d’en assurer la pérennité.

La charte a pour objectifs de :

· Promouvoir une image corporelle saine et diversifiée.

· Favoriser l’engagement du milieu de la mode, de la publicité, des médias, de la santé, de l’éducation et du gouvernement.

· Encourager la mobilisation de la société autour de l’image corporelle, des problèmes liés à la préoccupation excessive à l’égard du poids, de l’anorexie nerveuse et de la boulimie.

 

On y mentionne que chaque mot a été pesé. Cette charte ne se voulant pas coercitive. On a axé plutôt sur l’esprit qui la sous-tend. Avoir un pouvoir d’influence dans les milieux de la mode et de la publicité afin que l’image des femmes dans les médias du Québec soit saine et diversifiés. On y fait même un petit clin d’œil à un droit encore plus controversé au Québec celui de la diversité culturelle. On y souligne que cette charte, (La charte pour une image corporelle saine et diversifiée) répond parfaitement aux objectifs de la politique gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

A moins que je n’ai rien compris du contenu de cours du prof Trudel voici l’évolution de ma pensée.

· L’anorexie, une maladie de plus en plus répandu au Québec, fait des ravages particulièrement chez les jeunes filles. Le ministère de la santé et des services sociaux ainsi que celui de l’éducation sont donc interpellés.

· Puisque c’est aussi à travers les médias et l’industrie de la mode que cette image de maigreur extrême est véhiculée, le ministère de la culture, des communications et de la condition féminine est aussi interpellé.

· Une pétition est déposée et s’ensuit un processus de consultation auprès des plusieurs partenaires, organismes et acteur ayant un rapport étroit en lien avec cette problématique.

· Le 16 octobre 2009, la ministre de la culture, des communications et de la condition féminine, madame Christine St-Pierre présente la nouvelle charte pour une image corporelle saine et diversifiée.

· Une Charte est un énoncé de principe qui exprime clairement que certains droits sont importants et méritent d’être exercés dans notre société. De là sont crées des lois. Certaines lois se hiérarchisent de facto. Souvent quand c’est une charte elle s’élève au dessus des autres car c’est une question de principe.

· Dans notre société de droits, quand un droit est reconnu ou bien crée, eh bien ça prend du monde pour l’administrer.

· Et voilà que la ministre de la culture, des communications et de la condition féminine, madame Christine St-Pierre mentionne que cette loi ne se veut pas coercitive.

· Donc on fait une charte d’un point de vue politique mais on ne fait pas en sorte que les droits soient exercés au niveau administratif et judiciaire.

· Doit-on penser alors qu’il n’y aura pas de reddition de compte et que les contrevenants qui ont pour principe que l’économie passe d’abord dans leur poche n’auront pas à s’expliquer.

· Pourquoi faire une charte alors?

 

C’est ce qui explique mon emportement au début de ce blogue. Je suis pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Je suis pour une image corporelle saine et diversifiée. Et si un référendum était tenu face à ses deux questions, je suis certaine que la majorité de la population serait en faveur. Mais le Québec à peur. Peur de quoi??? Pourquoi faire une charte si on ne demande pas à sa fonction publique de faire une administration saine de ce droit? Ce n’est certes pas le privé qui va se prévaloir de gérer ce droit. Il n’a évidemment rien à gagner au niveau monétaire.

J’aime le Québec. C’est une province accueillante et qui a mis souvent de l’avant des valeurs qui lui sont propres. On ne parle pas de société distincte pour rien. Mais cher Québec… quand tu énonces des droits haut et fort en les inscrivant dans une charte, fonce et fait en sorte que ceux-ci soient respectés. Sinon, prend bien garde du vocabulaire que tu utilises. Ici le mot charte ne prend pas du tout son sens. Ce que la ministre Christine St-Pierre nous annonce est loin d’être une charte. A mon avis, ce n’est qu’un énoncé de principe et des vœux pieux.

Commentaires

  • Que dire de plus sinon que votre raisonnement me semble des plus adéquat!!

    Il est bien vrai que nous ne pouvons pas réellement parler de charte lorsqu'il s'agit plutôt, comme vous le dites si bien: d' "un énoncé de principe et de voeux pieux." Cependant, le simple fait d'écrire et de publier une telle "charte" mérite quand même une reconnaissance à sa juste valeur. Une chose est certaine en Administration Publique, il n'est pas aisée de faire bouger les choses rapidement. Faire de cette charte une loi et y appliquer les sanctions qui en découleraient demande temps et argent. Le Québec devrait certe faire en sorte que ses principes soient respectés, mais la premier pas en est, sans aucun doute, l'affirmation et la définition de ceux-ci. Le manque de prise de position claire est une tare en soit comme nous le constatons souvent dans de nombreux débats sur les accomodements raisonnables.

    Je ne sais pas si le prof Trudel sera en accord avec moi ici, mais il me semble que les citoyens ont aussi leur rôle à jouer en Administration Publique et que si les citoyens se montraient, en plus grand nombre, intéressés par une telle charte, les choses bougeraient plus rapidement. On ne peut pas toujours blâmer les administrateurs. Les choix sont nombreux et les ressources limitées. Il m'apparaît que la population a aussi un rôle a jouer et que parfois, il y a beaucoup de paroles et trop peu d'actions!

  • Ce sujet de l'image corporelle des femmes est porteur de tellement de choses... sujet on ne peut plus délicat.
    Il est intéressant de noter qu'à travers les époques, l'image idéalisée de la femme a beaucoup changé.
    Auparavant, une femme maigre n'était pas quelque chose de valorisé. Bien au contraire, cela représentait quelqu'un de santé fragile, qui n'était pas taillée pour les travaux physiques de l'époque, et qui plus est, ce corps maigre ne donnait pas confiance dans la femme reproductrice....
    Les rondeurs féminines étaient à ce moment vues comme un indicateur de santé, de force et de procréation.
    Comme les temps changent....
    Parce que la société change, elle ne valorise plus autant les travaux physiques inhérents à la survie du peuple de l'époque...
    Nous constatons souvent que notre société passe d'un extrême à l'autre. Des rondeurs à la maigreur.
    L'équilibre, comme toujours, est difficile à atteindre.
    A travers l'élaboration de cette charte, plusieurs embûches semblent se pointer sur le chemin du gouvernement. Le lobby de l'industrie de la mode et des communications doit y être pour quelque chose. Ces industries ont beaucoup d'enjeux qu'ils veulent certainement préserver à tout prix.
    N'empêche, je donne le mérite à ces deux jeunes filles ayant elles-mêmes souffert d'anorexie, d'avoir mené leur cause jusqu'à faire en sorte de voir l'élaboration d'une charte pour une image saine et diversifiée.
    C'est un début, et une base sur laquelle l'administration publique pourra s'appuyer pour baliser les règles.
    Espérons que le lobby pour une image saine et diversifiée s'organise de façon plus efficace que le lobby de l'industrie de la mode et des communications pour faire avancer les choses.

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