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Une praxie un peu plus réfléchie

Apprendre, comprendre, intégrer et appliquer des connaissances en administration publique. C’est ce que j’ai fait à temps partiel pendant 8 ans alors qu’aujourd’hui, je termine ma formation à l’ENAP. J’ai eu le privilège d’y rencontrer des personnes formidables, professeurs et étudiants. J’ai noué des amitiés, j’ai annoté des numéros de téléphone. Et ce qui compte le plus : j’ai eu plaisir à apprendre dans un milieu qui ressemble aux Nations Unies (www.enap.ca), des gens de tous les horizons.

On me dit parfois que je suis courageuse parce que j’étudie encore. Moi, je crois que cela n’a rien à avoir avec le courage mais plutôt avec le désir inépuisable de vouloir comprendre et influencer le monde dans lequel je vis et le monde dans lequel je travaille : le milieu de la santé. Un milieu qui change de structure organisationnelle à chaque dix ans, ou presque! Passant d’un CLSC, à un CSSS et ensuite à un CIUSSS. J’ai connu ces établissements, leurs organigrammes parfois simples et souvent complexes, leurs mécanismes de coordination fluides et compliqués. J’ai connu les jeux de pouvoir, les groupes de pression, les alliances, les multiples redditions des comptes, les processus d’agréments et autres. Ma formation de l’ENAP m’a aidé à exercer du leadership et a contribué à rendre plus clair la structure des organisations de ces établissements devenus au fur et à mesure hautement complexes et éminemment politiques.

Dans ma carrière, j’ai eu l’opportunité de travailler avec des gestionnaires chevronnés, exceptionnels et dévoués capables de mobiliser et d’engager le personnel dans des projets novateurs. La mission, la vision et le plan stratégique faisaient partie des outils essentiels de gestion. À l’ENAP, j’apprenais des concepts et je les appliquais dans des contextes organisationnels favorisant la participation active et considérant les opinions des cadres supérieurs et intermédiaires. Le changement n’était pas seulement « top-down ». La gestion du changement se faisait avec la contribution active des différentes parties prenantes -internes et externes- à l’établissement. J’ai une énorme admiration et respect pour les gestionnaires, des hommes et des femmes motivés et engagés dans l’amélioration des services publics.

Influencer, exercer du pouvoir et changer le monde.

Certains professeurs de l’ÉNAP m’ont enseigné des théories, d’autres m’ont expliqué des modèles et d’autres encore m’ont partagé des outils de gestion. Je ne sais pas à quel moment le processus d’intégration de ces multiples savoirs a commencé à exercer son influence sur moi. Au fur et à mesure, ces différents apprentissages me sont apparus comme faisant partie de ma personne. Je devenais petit à petit une gestionnaire un peu plus avisée, un peu plus réfléchie et un peu mieux outillée.

J’ai entendu dire à plusieurs reprises que « gérer est un art » et que « tous les gestionnaires ne sont pas de bons leaders » et « tous les leaders ne sont pas de bons gestionnaires ». Le gestionnaire n’est plus considéré comme un électron libre qui se promène seul dans une organisation à gérer ce qu’on lui dit de gérer. Il est la clé sine qua non qui exerce son pouvoir pour atteindre les cibles de performance clinique et organisationnelle. Pour moi, tous les gestionnaires, supérieurs et intermédiaires, sont des leaders stratégiques ayant un rôle collaboratif, complémentaire et imbriqué permettant à l’organisation de se centrer sur sa mission : l’amélioration de la qualité et la sécurité des soins et des services offerts à la population du Québec.

Assumer une fonction de gestionnaire dans une approche renouvelée en administration publique comporte le développement continue de compétences et d’habiletés, une grande rigueur éthique, une pensée analytique et critique, des connaissances avancées en gestion et en management, un savoir et un agir politique. Gérer signifie prendre position sur des enjeux contemporains. Gérer nécessite que l’on hausse la voix pour défendre la pertinence des services aux populations vulnérables. Gérer requiert une compréhension fine des déterminants sociaux dans la distribution équitable des soins et des services à la population québécoise.

Finalement, je quitte l’ÉNAP avec le sentiment d’avoir appris un peu plus sur moi. De fait, je crois que pour gérer il faut : une vision stratégique des enjeux politiques, une compréhension approfondie du contexte et des environnements socio-économiques-culturels, de l’intelligence sociale et émotionnelle, un savoir-être intègre et éthique, de la confiance, des connaissances, des habiletés politiques, de l’entraide et de la collaboration, une grande dose d’humilité et de la bonne humeur. J’ai la ferme conviction que nous pouvons toujours faire mieux. Bonne continuation à vous tous ! Merci, ProfTrudel et à tous les profs de l'ENAP!
Marcela Ferrada-Videla

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