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  • «Occupons le monde: le cri d'alarme est lancé !»Marie-Noëlle Fortin

     

    La crise est là, elle nous guette. Après s’en être prise aux pays de l’Europe occidentale, elle pèse de plus en plus sur les institutions financières nord-américaines. Comment pourrons-nous l’affronter et  pourquoi s’est-elle développée sans que l’on n’ait pu réagir avant? Plus précisément : «Nous, en tant que travailleurs, citoyens, participants actifs à la société, qu’avons-nous fait pour en arriver là? Sommes-nous responsables de cette débâcle économique? Est-ce du au faible taux de fécondité, aux conditions de travail trop profitables, au fond de pension trop onéreux? Je doute fort que quiconque puisse se sentir coupable d’avoir des programmes sociaux trop avantageux.

     

    Pourtant, il s'agit présentement du «nous» qui est dans la rue en train de mobiliser la majorité pour que l’on reprendre les rênes du monde financier qui part à la dérive. «Nous» sommes là, «nous» sommes la force globale[1], la volonté collective de faire les choses différemment et de rétablir le balancier en faveur de l’être humain, de la démocratie. La société postmoderne hyperindustrialisée a trop longtemps sévit, apportant avec elle la représentation du citoyen comme un consommateur abruti plutôt que d’un participant actif à la politique publique. Mais le «nous» a crié, haut et fort, ici comme ailleurs, que «nous» voulons participer à la vie publique, être représentant de cet État de droit qui nous constitue, jouer le rôle que nous avons inscrit dans la Constitution en tant qu’acteur principal de cette démocratie représentative.

     

    C’est la naissance d’un contre-pouvoir mondial.

     

    La population veut du changement, un renouveau qui remettra les pendules à l’heure de l’humanisation du capitalisme. On crie pour mettre fin à cette «culture noire», comme le mentionne Kalle Lasn, initiateur du mouvement et anticapitaliste spécialiste de la guerre d’image[2]. Mais à qui destinons-nous nos cris? Qui sont donc les réels responsables? Ceux qui peuvent activement rétablir l’équité entre les deux pouvoirs de forces que sont la population et les marchés financiers ?

     

    Vous l’aurez deviné: il s’agit bien des politiciens et des institutions gouvernementales.  Pourquoi donc nos dirigeants politiques ont-ils abandonné la partie, ou plutôt, pourquoi ce sont-ils mis au rang de victimes des contrefaits de ce capitalisme financier outrancier? Le «nous» vient ainsi au secours de l’État en lui ouvrant les yeux sur les effets d’une mondialisation dictée par les tenants de la haute finance[3].

     

    En effet, les gouvernements ne doivent pas oublier qu’ils sont en fait eux-mêmes responsables des lois sur la réglementation des marchés financiers de leur État respectif.

     

    Revoyons quelques principes à ce propos :

     

    L’intervention de l’État touche l’allocation des ressources au sein de la société et l’orientation de l’économie nationale par l’entremise d’investissements publics, de politiques d’achat, de réglementation des industries ou de subventions, de prêts ou de dégrèvements fiscaux.

     

    L’État sur le plan économique se présente tour à tour comme producteur, investisseur, consommateur, régulateur, employeur ainsi que leader et promoteur[4].

     

    La classe politique doit prendre les responsabilités qui lui revient. Rappelons que de par leur pouvoir de réglementation du marché financier, ils ont décidé de laisser le marché s’autogérer par une dérèglementation générale[5]. La libéralisation des échanges de capitaux est ainsi venue augmenter la spéculation sur le marché des biens et services, sans toutefois que l’on produise aucun bien et accroitre le marché du crédit. De plus, le développement des technologies des produits a mis en danger de nombreux emplois au Nord comme au Sud. On ne peut nier que le capitalisme fut nécessaire au développement de notre société, mais nous sommes maintenant arrivés au cul-de-sac de cet enrichissement économique qui met à présent en péril la société démocratique affaiblie par la pauvreté, et souffrant devant l’injustice et la corruption.

     

    On le sait, l’État de droit doit répondre de ses actes et tout doit être approuvé ou du moins contrôlé. C’est ce principe de base de l’administration publique que le peuple revendique  explicitement auprès de l’État, lui qui, sous l’endettement public, a trop souvent délégué son pouvoir entre les mains des entreprises privées. Des solutions sont pourtant possibles. C’est ce que dont nous explique Claude Béland, président du Mouvement démocratie et citoyenneté au Québec, en proposant comme solution la taxation de la spéculation et une limite sur les marges de profits[6]. Le gouvernement pourrait s’inspirer de ces méthodes pour répondre plus adéquatement de ses actes devant ses concitoyens. Quelles que soient les futures actions gouvernementales, si celles-ci veulent être approuvées par la population, elles devront dans tous les cas se soumettre à la transparence et à l’évaluation constante de la société civile[7]. Sinon, le mouvement des indignés risque d’atteindre une ampleur des plus redoutables.

     

    En se mobilisant dans la rue, le «nous» représente la goutte qui fait déborder le vase. Prêts à soulever l’État à bout de bras, les citoyens ne veulent plus que cette situation soit la matrice du développement économique mondial. Comme l’a mentionné le président Sarkozy dans le journal Le Monde, on doit «moraliser le capitalisme». Ainsi, on pourra espérer le «retour des États» après trente ans de la prétendue gloire de «l’efficience des marchés» et de «l’État minimal»[8].

     

    Que veut-on dire par le «retour des États»? Prêchons-nous l’État-providence au sens strict? L’économiste David Thesmar (Cercle des économistes) illustre avec justesse la base du désir de société actuel : «l’aspiration à la libéralisation de la société est devenue plus forte que l’aspiration à la protection d’un État tutélaire»[9]. En effet, la société civile veut que les gouvernements lui redonnent le pouvoir de s’exprimer, tout en ayant la certitude d’être entendue et prise en considération. Les gouvernements doivent démontrer leur capacité à réellement préserver le bien-être de leurs citoyens, tâche définie par une écoute réelle et une prise en charge effective de leurs besoins. Les gouvernements doivent se souvenir de leur mandat premier: celui de représenter les 99% de la population, rôle auquel ils se sont dissociés depuis les trente dernières années.

     

    Que l’on soit pour ou contre le mouvement des indignés, cela n’empêche pas qu’un changement est inévitablement en train de se produire. Les gouvernements qui le considèreront et sauront ajuster l’équilibre entre les marchés financiers et le peuple seront ceux qui se sortiront le mieux de cette crise.

     

    Aucun citoyen au Québec, ni nul par ailleurs sur la planète,  ne peut rester inerte face à l’indéniable déséquilibre économique qui fait de nous les perdants sur toute la ligne. Comme le mentionnait Joseph E. Stiglitz, professeur en économiste et premier vice-président de la Banque mondiale, «pourquoi y eut-il des milliards de dollars pour renflouer les banques, alors que quelques millions de dollars de subvention en nourriture et carburant ne pouvaient être dégagés pour les Indonésiens les plus démunis?»[10] Au Québec, comme ailleurs, on se saigne à blanc pour pouvoir amasser les fonds de retraite raisonnables pour les nombreux travailleurs qui partent bientôt du marché du travail, alors que les bonus des traders sont toujours aussi flamboyants et les paradis fiscaux se portent parfaitement bien[11]. Un déséquilibre est là, bien visible devant nous. Les indignés sont là pour nous le rappeler, nous ouvrir les yeux sur l’importance de participer activement à la société civile.

     

    Je ne suis moi-même pas une grande militante, mais je salue avec admiration les valeureux téméraires qui osent mettre de côté leur confort au nom d’une cause qui nous touche tous.  Ils sont les occupationnels, le reste du «nous» sommes la force tranquille qui les appuyons et ferons en sorte que les élections représentent réellement les besoins de la population. Cela me désole de voir que notre propre gouvernement ose ne pas reconnaître que le peuple prend son pouvoir en main, fermant ainsi les yeux sur les changements qui sont en train de se vivre partout sur la planète. La motion rejetée d’Amir Khadir, député Québec solidaire de Mercier, montre bien le chemin que nous avons encore à parcourir pour que notre gouvernement provincial réagisse à la voix du peuple.

     

     Il est l’heure que le gouvernement du Québec regarde dans les yeux des gens qui l’ont élu et qu'il réponde à leur demande d'une meilleure justice sociale et d'une répartition égale des richesses. Ce n’est pas une situation qui pourra se régler avec le truchement d’une commission d’enquête, le gouvernement est donc mieux de bien se préparer cette fois. La crise présente a des racines solides et profondes qui se nourrissent d'une indignation qui risque d’être bientôt incontrôlable !

     

     

    Marie-Noëlle Fortin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    [1]CYBERPRESSE.CA (2011) Peuples du monde, levez-vous! [En ligne], Québec, Cyberpresse.ca, «Nouvelles du 16 octobre 2011», http://www.cyberpresse.ca/international/201110/16/01-4457719-peuples-du-monde-levez-vous.php  (Page consultée le 17 octobre 2011)

    [2] ADBUSTERS (2009). Kalle Lasn : Clearing the Mindscape, [En ligne], Vancouver, Adbusters.com, http://www.adbusters.org/blogs/adbusters_blog/kalle_lasn_clearing_mindscape.html (Page consultée le 20 octobre 2011)

    [3]KOROGHLI,Ammar (2011). La crise financière mondiale et l’Algérie, [En ligne], Algérie, Algérie-Focus : le devoir de savoir, http://www.algerie-focus.com/2011/08/23/la-crise-financiere-mondiale-et-lalgerie/  (Page consultée le 19 octobre 2011)

    [4]TRUDEL, Rémy (2011). Scéance 2: Des principes fondamentaux, Montréal, École nationale d’administration publique. Document interne.

    [5]LES FRANCS TIREURS (2011). Émission du 19 octobre 2011 : Entrevue avec Claude Béland. [Émission télévisée], Montréal, Les Francs tireurs Télé-Québec.

    [6]Idem

    [7]LAVOIE, Guillaume (2011) Recueil de texte : Crise, dette, urgence sociale : les États submergés de Antoine Reverchon, Le Monde 13 septembre 2011. Montréal, École nationale d’administration publique.

    [8]Idem

    [9] Idem

    [10]LAVOIE, Guillaume (2011) Recueil de texte : Relève de la garde au FMI de Joseph E. Stiglitz du 06 juin 2001. Montréal, École nationale d’administration publique.

    [11]LAVOIE, Guillaume (2011) Recueil de texte : Crise, dette, urgence sociale : les États submergés de Antoine Reverchon, Le Monde 13 septembre 2011. Montréal, École nationale d’administration publique

     

  • Blogue #1-Audet-La vie privée et les hommes d'état

    La vie privée et les hommes d’état - Nathalie Audet

     

    Les méfiances envers le gouvernement sont omniprésentes et à l’ère des communications infinies, il devient difficile pour les élus de cacher leur jeu. Les hommes et les femmes qui oeuvrent dans les postes les plus exposés de l’administration publique sont de plus en plus surveillés par les médias et la population. On relate et critique les moindres gestes, ces serviteurs de l’état doivent démontrer un comportement sans faille dans leur profession comme dans leur vie privée. Dans un monde où la désillusion politique s’affiche largement, on doit prévenir les dérapages.

     

    Mais la question se pose : les politiciens sont-ils tenus d’avoir un comportement exemplaire? Peuvent-ils avoir être au-dessus de la loi ou de l’éthique? Un bon nombre d’électeurs diront que si ces gens qui adoptent les lois n’agissent pas eux-mêmes selon les lois qui régissent cette société, comment pouvons-nous leur faire confiance? Ces personnalités doivent inspirer positivement en incarnant des valeurs respectables. Leur intégrité est un élément essentiel pour la population qui les a nommés et en qui, on donne le pouvoir d’influencer notre quotidien et décider de notre avenir individuel et commun.   

     

    Les événements concernant la vie privée des personnalités politiques se bousculent au cours des derniers mois. Tout d’abord, on connaît les bévues du représentant démocrate des États-Unis, Anthony Weiner, qui a candidement envoyé à des inconnues des photos compromettantes de lui-même via un site internet. Il a d’abord nié mais devant les preuves et l’ampleur de la situation, il a admis sa culpabilité. Malgré tout, il n’avait pas l’intention de démissionner parce qu’il dit ne pas avoir enfreint la loi et que de toutes façons les photos osées n’ont pas été envoyées de son compte professionnel. Juridiquement, c’est vrai, mais ces hommes d’état ne sont-ils pas soumis par des règles d’éthique? D’ailleurs, une enquête de la commission d’éthique a été demandée par les démocrates afin d’éclaircir la situation. Il a finalement démissionné suite aux pressions des collègues démocrates qui craignaient probablement pour leur réputation à la veille des élections américaines.

     

    La survie en politique dépend principalement de sa popularité. Les politiciens doivent soigner leur image, s’assurer de conserver un appui du peuple, il faut entre autres inspirer confiance. Parmi les qualités d’un bon représentant, on retrouve les compétences, l’honnêteté, la discrétion, la loyauté et non seulement envers les électeurs mais envers ses collègues et son parti. Quand le ministre croit que la présence de quelqu’un nuit à sa réputation ou à celle du parti, il est dans son droit de demander une démission.

     

    L’affaire DSK a aussi occupé une bonne place dans l’actualité pour des actes indécents. Au moment de son arrestation, Dominique Strauss-Kahn était toujours le directeur du Fonds monétaire international et favori dans les sondages pour l’élection présidentielle en France. Il était accusé d’agression sexuelle et de tentative de viol sur une femme chambre d’un hôtel de New York où il séjournait en vacances pour le week-end. Quand les policiers l’ont interpellé, il a évoqué l’immunité diplomatique pour qu’on arrête ce cirque. Or, l’événement ne serait pas arrivé dans le cadre de ses fonctions, l’immunité a ses limites et ne peut pas s’appliquer dans toutes circonstances ! C’est quand même le premier argument qu’il a instinctivement déposé. Ces individus travaillant pour une institution des Nations Unis sont-ils à l’abri de toutes accusations selon le droit international? Une décision en sa faveur serait décevante, on vit plutôt dans un mouvement de justice et d’égalité pour tous, aucun ne devrait être au-dessus de la loi, peu importe la position.

     

    Plus proche de nous, un homme de confiance du gouvernement Harper, Bob Dechert, le secrétaire parlementaire du ministre des affaires étrangères a échangé des courriels à caractères amoureux avec une journaliste chinoise liée aux renseignements de son pays. Ces messages, anodins et assez inoffensifs ont été dévoilés sans gêne par les médias. Suite à une analyse de la situation par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité  (SCRS), il semble qu’aucune information pouvant compromettre l’état n’aurait été transmise. Est-ce malgré tout un comportement acceptable? Peut-on faire confiance à cet homme? Son manque de jugement démontre une faille qui pourrait coûter cher dans une autre situation.

     

    Dechert a déclenché une mobilisation d’organisations fédérales de haute sécurité pour examiner l’impact de ses actes personnels irresponsables. Ces gestes qui pourraient causer préjudice à l’institution gouvernementale coûte cher à l’état. Les citoyens n’ont pas à payer des investigations pour des bêtises d’hommes de pouvoir.

     

    Connaissant leur statut dans la société, ces individus doivent être davantage prudents dans leurs échanges et actions liés à leur vie privée. Peut-être qu’ils ne sont pas assez bien encadrés à leur entrée en fonction. Un cours sur la prudence face aux réseaux sociaux et médiatiques ainsi qu’une leçon de discrétion devraient faire partie de leur programme d’accueil. Certains ne semblent pas connaître les risques des modes de communication émergents.

     

    On pourrait aussi reprocher aux médias d’alimenter des histoires sans importance, qu’une certaine responsabilité leur revient. D’un autre côté, les médias ont eux aussi un devoir envers la population. Choisir de publier ou non est un atout précieux. Ce choix peut jouer un rôle important dans l’opinion public. Les nouvelles et les messages doivent faire l’objet d’une analyse avant leur diffusion. Est-ce que cette information est pertinente? Peut-elle éclairer l’électeur sur l’intégrité de la personnalité en tant que leader politique? Un jugement imprégné de professionnalisme est de mise. En cas de doutes, la diffusion de l’information s’impose. L’électorat a droit de savoir et on doit lui laisser l’opportunité de porter ses propres conclusions.

     

    Profiter de sa popularité et de sa position stratégique pour agir de façon inappropriée mais sans impact catastrophique est une chose mais de profiter de son pouvoir pour enrichir ses avoirs personnels et ceux de ses proches est une faute grave. Utiliser le statut politique pour se permettre des actes non acceptables socialement est une question de valeurs morales plus que légales, utiliser son pouvoir pour en faire profiter sa propre vie privée est illégal. Les politiciens bénéficient de certains avantages que les fonds publics financent. Il peut être tentant d’abuser de ce privilège.

     

    Les exemples d’abus sont nombreux, et imaginer ce qu’on ne sait pas…On s’est premièrement étonné de l’annonce des dépenses de Mme Michaëlle Jean, notre ex-gouverneure générale exemplaire qui aurait abusé des ressources publiques pour ses voyages et vacances personnelles. Elle aurait utilisé les avions gouvernementaux pour effectuer à maintes reprises ses déplacements personnels et ceux de sa famille pour des dépenses totalisant 500 000$. Selon le bureau du gouverneur général, ces avions ne servent normalement qu’aux déplacements officiels sauf exceptions qui sont étudiées cas par cas. À titre de justification, on a cité des raisons de sécurité pour Mme Jean, explication qui n’a pas satisfait l’opposition, à suivre…. Cette latitude que s’est donnée la gouverneure générale est assez surprenante compte tenu que ce n’est pas première fois qu’un gouverneur général se fait prendre à abuser des fonds publics pour des raisons personnelles. Il est temps que ceux-ci aient des comptes à rendre, que ces dépenses soient anticipées, approuvées et qu’elles fassent l’objet d’une reddition de comptes régulière. Les citoyens doivent comprendre pourquoi on utilise leurs impôts à ces fins, l’explication se doit d’être claire et accessible à tous. Heureusement que la loi d’accès à l’information existe et qu’il nous sera toujours possible d’identifier les fautifs et de dissuader d’autres de faire des abus semblables.

     

    Autre cas récent, après avoir quitter promptement le parti libéral en mai dernier, l’ex-ministre de la famille M. Tomassi a été accusé en octobre de fraudes et d’abus de confiance. Il aurait accepté une récompense d’une firme ayant un lien d’affaire avec le gouvernement, il aurait accepté une récompense en échange d’influence auprès de son gouvernement et il aurait commis un abus de confiance dans le cadre de ses fonctions. Ces accusations découlent d’une enquête effectuée par la Sûreté du Québec. De plus, rappelons-nous qu’il a déjà été soupçonné de favoritisme dans l’attribution des places en garderie. Cette histoire n’est pas terminée, ce pourrait être que la pointe de l’iceberg. Cela justifie la décision du premier ministre qui l’a l’expulsé du caucus mais cela attise les craintes de la population face à la gestion des fonds publics et crée de la méfiance envers ceux qui restent. L’abus et la corruption ont probablement toujours existé mais aujourd’hui, les modes de communication permettent plus facilement les fuites, les dénonciations et les accusations.

     

    La population se méfie, perd confiance, elle est désabusée. Mais peut-être aussi se réveillera-t-elle ! On peut espérer que l’intérêt à comprendre le fonctionnement gouvernemental va peut-être s’intensifier, que les taux de participation aux élections vont peut-être augmenter. Pour le moment, les conséquences directes de ces phénomènes grandissant de corruption, de déloyauté donnent une nouvelle définition au mot « éthique », amènent une plus grande place aux vérificateurs généraux et possiblement une explosion de commissions d’enquête publique. 

     

    Nathalie Audet

    Principes et enjeux de l’administration publique

    ENP 7505 - Mercredi matin

     

    Bibliographie

     

    Le Monde (13 juin 2011) : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/06/07/le-democrate-anthony-weiner-nouvelle-cible-des-tabloids-new-yorkais_1532760_3222.html

     

    Lapresse.ca (13 juin 20110 : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201106/12/01-4408563-anthony-weiner-chronique-dune-therapie-annoncee.php

     

    http://www.lefigaro.fr/politique/affaire-dsk/

     

    Globe and mail, 13 septembre 2011. « Bob Dechert is flirting with trouble »

     

    http://fr-ca.actualites.yahoo.com/dechert-naurait-pas-viol%C3%A9-la-s%C3%A9curit%C3%A9-092224565.html « La Presse Canadienne, 19 septembre 2011 – Dechert n’aurait pas violé la sécurité ».

     

    La Presse, Montréal, jeudi le 1er septembre 2011 « Michaëlle Jean en vacances avec les avions de l’État »

     

    http://www.droit-inc.com/article6402-Trois-accusations-contre-l-ex-ministre-Tony-Tomassi

     

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/10/11/003-tony-tomassi-trois-chefs-accusations-actes-criminels.shtml

     

     Michaud et al. (2011) Secrets d'États ? Les principes guident l'administration et ses enjeux contemporains. Les Presses de l'Université Laval. Chap 21 et 22.

     

  • Recours au Péage pour la construction du nouveau pont Champlain-Erik Thibeault

    Actuellement au Québec nous assistons au vieillissement des nos infrastructures routières.  Qui dans notre société de consommation ne rêve pas de ponts, routes et viaducs neufs et en excellent état.  Pourtant, nous sommes bien loin de cela; plusieurs de nos infrastructures doivent être rénovées et/ou refaites pour en assurer leur fiabilité à long terme.  Les gouvernements investissent actuellement plusieurs millions de dollars pour le rehaussement et le développement de nos routes.   

     

    Le gouvernement conservateur a récemment fait une annonce sur l’avenir de l’axe Montréal Rive-Sud que relie actuellement le pont Champlain.  Après plusieurs mois de pression, une annonce a été faite.  Selon l’annonce faite par le ministre Lebel, la construction d’un nouveau pont Champlain inclurait l’ajout de 2 voies, soient 8 voies au lieu des 6 voies actuelles et donc augmenterait le niveau de service du pont en augmentant la capacité et, souhaitons le, la fluidité de la circulation.  Le ministre a par le fait même annoncé que le projet retenu allait ramener le péage sur le pont Champlain.  

     

    Une question se pose dans le contexte des finances publiques actuelles: sommes-nous en accord avec le recours au péage sur le nouveau pont Champlain?  

     

    Si nous regardons nos impôts et nos taxes qui sont déjà élevé, le montant de la dette ainsi que les nombreux engagements financiers de nos gouvernements; la construction d’un tout nouveau pont financé à 100% par le gouvernement, c’est-à-dire sans avoir recours au péage, semble peu envisageable.

     

    En ayant recours au péage, le gouvernement privilégie le financement de l’infrastructure par le concept d’utilisateur payeur.  En privilégiant l'option utilisateur payeur, le gouvernement peut alors cibler d'une certaine manière l'imposition.  Par exemple, un résident de Vancouver qui n'empruntera peut-être jamais le nouveau pont Champlain n'aura pas à le financer via le péage.  À l'inverse, un résident de la région de Montréal qui utilise le pont quotidiennement ou occasionnellement en assumera une partie des coûts via le péage.  Le mode péage permettra de financer l'infrastructure du nouveau pont par ses utilisateurs.  Plus l’utilisateur utilisera le pont, plus sa contribution au financement du pont sera élevée.  Ceci évite que les non-utilisateurs en assument le coût.  

     

    Certains citoyens vont croire qu'ils doivent payer une taxe supplémentaire associée au passage sur le pont alors que maintenant ils ne paient pas.  Cette affirmation n’est pas totalement vraie car le financement du pont actuel vient à 100% du gouvernement.  Leur passage est donc payé par l’ensemble des taxes et impôts de tous les contribuables.  Rien n'est vraiment gratuit. 

     

    Plusieurs citoyens se rendent à Montréal quotidiennement, pour travailler, pour étudier, pour se divertir, etc.  Tous ces déplacements occasionnent beaucoup de circulation.  Selon l'étude de préfaisabilité[1] portant sur le remplacement de l'actuel pont Champlain, plus de 120,000 déplacements ont lieu matin et soir en voiture.  Nous pouvons penser qu’un péage sur le pont permettrait de désengorger l’utilisation du pont en décourageant certaines personnes d’utiliser leur voiture.  Il pourrait alors en résulter d’une utilisation accrue aux transports collectifs ou des moyens alternatifs pour réduire les coûts de transport tels que le co-voiturage ou même l’usage de la bicyclette.  Le gouvernement et les environnementalistes encouragent et instaurent des mesures pour inciter les gens à utiliser d'avantage les transports en commun en remplacement de leur voiture.  Nous pouvons penser que le péage pourrait être un élément additionnel pour dissuader certains usagers de la route à utiliser le pont Champlain en voiture et donc augmenter  l'utilisation de mode de transport collectif ou alternatif, voire même éviter certains déplacements.

      

    Le nouveau pont Champlain va également servir à maintenir un axe essentiel et majeur pour le transport commercial entre l'ensemble du Québec et les États-Unis.  La congestion actuelle occasionne des pertes financières considérables pour les compagnies de transport.  Le commerce avec les États-Unis est essentiel au maintient de notre économie et nous devons donc s’assurer de maintenir une infrastructure fiable et efficace à long terme pour s’assurer d’une fluidité de circulation du transport des biens qui transitent entre nos deux pays.  Le transport lourd engendre une usure importante de nos routes et infrastructures.  En imposant un péage adapté au type de véhicule nous pourrions s'assurer de la contribution supérieure des camions qui causent l'usure prématurée sur le pont et utiliser ces sommes perçues pour le financement et le maintient de l'infrastructure, tout en maximisant l'efficacité et la fiabilité pour l'ensemble des usagers du nouveau pont.  Les compagnies vont certainement refiler la facture de passage aux consommateurs dans leur prix des biens consommés.  Ceci permettra de faire payer les consommateurs un juste prix pour les biens qu’ils consomment.  Ainsi, même si un citoyen de Vancouver n’utilisera jamais le pont Champlain, le bien qu’il consomme y transite peut-être et il en paiera une redevance dans le coût de ce bien.  On peut toutefois se demander si le nouveau pont a péage, avec une meilleure fluidité, sera plus onéreuse que les pertes financières qu’ils accusent actuellement avec la congestion.

     

    La ville de Montréal constitue une plaque tournante économique du Canada.  Certains diront alors qu’elle appartient à l’ensemble des citoyens et qu’il faut donc favoriser la gratuité à l’accès de ceux-ci.  En contrepartie, on pourrait leur demander s’ils sont favorables à payer les infrastructures d’une autre ville qu’ils n’utiliseront peut-être jamais.  

     

    Le péage a été présent sur le pont Champlain de sa construction jusqu'en 1990 où il a été remplacé par une taxe sur l'essence.  Est-ce que le gouvernement retirera cette taxe pour remettre en place le système de péage?

     

    Richard Bergeron a récemment déclaré ce qui suit:  «ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est la création de péages à la pièce qui serviront à financer de nouvelles infrastructures routières, sans avoir, en contrepartie, l’engagement des gouvernements supérieurs à offrir des alternatives en transport en commun aux citoyens...»[2]

    M. Bergeron a raison.  Le gouvernement veut peut-être favoriser le transport en commun, mais est-ce qu’un plan de transport a été développé?  Est-ce que les infrastructures de transport en commun actuelles permettent d’absorber une nouvelle clientèle?

     

    Les ménages Québécois sont actuellement les plus taxés en Amérique du Nord.  Comment expliquer que nous allons maintenant leur demander de payer d'avantage pour utiliser une infrastructure?  Pensons aux ménages à faible revenu.  Le péage pourrait représenter une somme considérable de leur budget.  

     

    Même si certain diront que le gouvernement fédéral se décharge du financement du nouveau pont, n’oublions pas que l’actuel pont Champlain a été financé par le péage (jusqu’en 1990) puis par une taxe sur l’essence.  La réintroduction du péage ne constitue qu’un moyen de financement du pont.  Il n’y a donc pas de nouveau transfert des coûts aux citoyens.

     

    Il ne faut pas oublier qu’un pont est un service ayant une durée de vie.  Les citoyens ne doivent donc pas prendre pour acquis ce service.  Il doit être conscient que sa contribution financière, qu’elle soit sous forme de péage, de taxe ou d’impôt, celle-ci a une limite à l’espérance de vie du service offert.

     

    Aux yeux de certains, le péage sur le nouveau pont Champlain pourrait être source d'iniquité face aux utilisateurs des autres ponts sans péage (ex: pont Jacques-Cartier et Mercier).  Il ne faut pas oublier que ces autres ponts ont également été financé par le péage et, puis, par la taxe sur l’essence.  Les citoyens ont donc contribué au financement de ceux-ci. Lorsque la durée de vie de ceux-ci sera atteinte, le gouvernement devra avoir recours à un mode de financement que ce soit au moyen d’une taxe, d’un impôt ou d’un péage.  Je n’y vois donc pas d’injustice en ce sens.  

      

    En bref, si on regarde la tendance mondiale actuelle, les gouvernements ont de plus en plus recours au péage.  On le constate même au Québec avec le pont de l’autoroute 25 et l’autoroute 30.  Les gouvernements ont des ressources financières limitées et ils doivent trouver des moyens de financement pour nos infrastructures.  Le trésor public provient des cotisations des contribuables.  Donc, d’une manière ou d’une autre, ce sont les citoyens qui doivent débourser pour le service d’un nouveau pont lorsque l’infrastructure en vient à sa durée de vie utile.  

     

     

    Erik Thibeault

    ENP 7505