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RÉSUMÉ DU CHAPITRE 3 DU LIVRE SOCIAL-DÉMOCRATIE 2.0: « LE QUÉBEC ET LES PAYS SCANDINAVES : LES DIFFÉRENCES »

par Brigitte Ste-Marie

Le Québec est une des sociétés les plus égalitaires en Amérique du Nord, dont l’intervention de l’État dans l’économie est la plus importante, notamment par le biais de politiques sociales. Les finances publiques difficiles et le vieillissement de la population placent le Québec à l’heure des choix. Comment préserver ces acquis (et même les améliorer) tout en demeurant économiquement performant ? Comment préserver la justice sociale tout en étant efficace sur le plan économique ? Dans ce chapitre, les auteurs (S. Paquin et autres.) nous invitent à nous inspirer des meilleures pratiques des pays les plus sociaux-démocrates et performants : les pays scandinaves (Suède, Danemark et Finlande).

 

Évaluation du Québec par rapport aux pays scandinaves selon certains indicateurs : les différences

 

1)      Croissance économique

De 1990-2010, les auteurs constatent une augmentation du PIB par habitant au Québec et dans les pays scandinaves, variant de 29% à 42%. Le Québec se classe au 3e rang, tout juste devant le Danemark.

 

2)      Le marché du travail

Historiquement, le taux d’emploi (le % de personnes âgées de 15 à 64 ans qui travaillent) est plus haut dans les pays scandinaves. Cependant, un rattrapage a été fait par le Québec (Différence de 11% à 1.4%) depuis les années 1990, si on le compare à la Suède. Explications : augmentation des femmes sur le marché du travail au Québec depuis les années 2000 et diminution des femmes sur le marché du travail en Suède de 1990 à 1995.

 

3)      Les inégalités

En comparant les pays membres de l’OCDE[1] à l’aide du coefficient Gini[2], les pays scandinaves sont les pays les plus égalitaires. Selon l’évolution du coefficient Gini du milieu des années 1990 à la fin des années 2000, avant transfert et impôts, la situation du Québec est même meilleure que la Finlande ! Mais l’écart se creuse après l’imposition car les pays scandinaves redistribuent davantage les revenus. Somme toute, le Québec a un niveau d’inégalité plus faible que le Canada et se situe à mi-chemin entre les États-Unis et les pays scandinaves. Le Québec est au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE.

 

Explication de ces différences (et le bris de certains mythes)

 

1)      L’éducation ?

Taux de diplomation universitaire semblable entre les pays scandinaves et le Québec, oscillant entre 20 et 25%. Test PISA de l’OCDE : le Québec s’en sort très bien! En 2012, le Québec s’en sort très bien et devance tous les pays scandinaves en mathématique.

Mais…les pays scandinaves financent davantage la recherche et le développement que le Québec en proportion du PIB et une plus grande part des investissements proviennent du privé.

 

2)      Le travail et la productivité ?

Les Scandinaves travaillent-ils plus que les Québécois ? Non ! Mais ce qu’ils produisent vaut plus cher, ils créent plus de richesse ! Par exemple, PIB par heure travaillée du Québec = 42 US vs Danemark= 51 US.

Les pays scandinaves sont également des pays très innovateurs.

 

3)      Les exportations ?

Le Québec et les pays scandinaves sont bien intégrés dans l’économie mondiale, en ayant des marchés très ouverts…Mais au Québec, nous cumulons 14 ans de déficit commercial depuis 1990. Et depuis les années 2000, la détérioration se poursuit. Alors qu’au Danemark ou en Suède, on cumule 20 ans de surplus commercial. Selon les auteurs, soit qu’on exporte pas assez, soit qu’on importe trop… Explications : hausse du dollar canadien, crise financière aux États-Unis, etc.

 

L’équilibre budgétaire ?

Les pays scandinaves ont assaini leurs finances publiques avec une plus grande rigueur (que le Canada), avec une réforme plus importante de l’état.

 

5)      La gestion de la dette ?

Étant donné que le Québec n’est pas souverain, il est difficile de le comparer aux pays scandinaves. Les auteurs font de savants calculs… La dette du Québec est comparable à la moyenne des pays de l’OCDE mais beaucoup plus importante que chacun des pays scandinaves. Cet écart important est un poids sur les finances publiques.

 

6)      Les dépenses publiques et la taille de l’État ?

Les pays scandinaves ont fait une cure minceur draconienne depuis les années 1990. Diminution de l’état central et décentralisation de la gestion des services publics : des ministères très petits et 99% des employés du secteur public travaillent dans des agences. Les ministères choisissent les grandes orientations et les agences les opérationnalisent avec redditions de comptes serrés (3 fois par an). Les agences sont imputables de leur performance.

 La GRH se fait également par le biais des agences : négociation salariale, rémunération personnalisée selon la performance.

 La transparence : les agences doivent rendre des comptes et afficher publiquement le suivi de leurs états financiers et opérationnels.

 Un exemple. Un système de santé plus performant en Suède par un meilleur contrôle des coûts (incluant meilleur contrôle des coûts pharmaceutiques) et un système de soins mieux organisés.

 

En résumé, selon les auteurs…

 

  • Les scandinaves sont plus productifs.
  • Les scandinaves investissent plus en recherche et développement.
  • Les scandinaves ont une culture des institutions différentes, ils semblent s’adapter plus rapidement aux changements requis.
  • Les scandinaves ont une plus grande confiance en leurs institutions publiques.
  • Les scandinaves ont fait de plus grandes réformes en ce qui a trait à la dette, la fiscalité et l’organisation de l’État.

 



[1]OCDE signifie Organisation de coopération et de développement économiques

[2]« Le coefficient de Gini est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie une égalité parfaite (tous les citoyens ont les mêmes revenus) et 1 une inégalité totale (une personne concentre tous les revenus)», p 79.

Commentaires

  • C'est par la comparaison qu'on vient souvent à changer nos politiques publiques...voyons voir ???
    et votre nom ???? sur proftrudel@hotmail.com

  • Bon résumé, la comparaison et la remise en question (sur ce qui fonctionne vs ce qu'il y a améliorer) de nos politiques publiques permettra au Québec d'avancer. Le chemin est encore à découvrir...

  • C'est maintenant signé :)
    Le pragmatisme des scandinaves est très inspirant! J'admire leur capacité générale de passer des meilleures pratiques basées sur des données probantes à l'action concrète.

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