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  • #1-JB MARCHAND - Le monopole de la légitimité n’appartient pas uniquement aux élus - Et pourquoi pas la démocratie participative ?

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    Nous entretenons certainement une étrange relation avec la participation citoyenne. D’abord, notre culture politique ne nous y habitue pas souvent. La démocratie représentative consacre le rituel électoral comme le moyen de prédilection afin de faire émerger la sagesse populaire.  Ensuite, une certaine élite persiste à voir dans ces nouveaux canaux de partage du pouvoir une sorte de calomnie dont la résultante nette serait la paralysie de l’État[1], et pire encore, le chaos social. Mais entre les promesses d’un système politique en crise et l’enflure verbale des tenants du statu quo, qu’en est-il vraiment de la démocratie participative?

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    C’est sur le chemin du retour de l’École d’hiver portant sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Québec, organisé par l’INM[2], que m'est venu l’idée d’écrire sur le sujet. Malgré une expérience forte et enrichissante à débattre sur ce qui m’apparaît être le fondement du progrès de la société québécoise (l’éducation), je me suis retrouvé au cœur d’une discussion animée en plein centre de l’autocar avec des collègues de divers horizons. À l’image de notre fin de semaine, nous discutions franchement et ouvertement de nos différends, mais cette fois-ci non pas sur le fond, mais sur la forme; à quoi rimait cet exercice d’apprentissage, de débat et de participation que nous venions de vivre ensemble? Qu’est-ce qui allait prendre le relais de ce forum, une fois de retour dans nos vies respectives? Étions-nous une autre forme d’élite étudiante? Et le Sommet lui?

    Michel Venne, directeur de l’INM le soulignait dans son allocution, que « le seul moyen d’apaiser les tensions est de se tourner vers des solutions collectives, et d’inviter les citoyens de tous les statuts à prendre part à la conversation ». Il ne fallait pas que cet espace d’expression devienne une finalité, mais un moyen pour de plus grandes choses. Cet homme, il est d'un optimisme certain.

    Évidemment, la question fondamentale de la démocratie participative gravite dans un contexte de déficit démocratique, mais pas uniquement. Certains parleront des grandeurs et d’autres des misères de la modernité, mais il semble que les progrès de notre civilisation s’accompagnent actuellement d’un affaiblissement de notre culture politique participative, du moins pour ce qui est des institutions politiques conventionnelles. Les tendances lourdes à la baisse du taux de participation électorale confirment ce malaise (84,2% en 1970 et 57,4% en 2008[3]). Lorsque la légitimité ne rime plus avec la représentativité, une réflexion s’impose.

    L’exemple du budget participatif en est un bien connu internationalement suite à son implantation avec succès dans la région de Porto Alegre au Brésil, faisant toujours office de modèle. Donner aux citoyens le pouvoir décisionnel du budget municipal, permettant ainsi d’« inverser les priorités d’investissements »[4] en faveur des groupes vivant certaines inégalités politiques et socio-économiques. Les « lucides » de ce monde louangent la croissance économique à tout prix sous prétexte qu’elle servira à régler nos problèmes sociaux, alors que les études démontrent qu’au contraire, cette croissance profiterait de manière assez générale à la création d’inégalités récurrentes.

    Évidemment, il existe une marge entre le contexte social du Québec et celui du Brésil. Par contre, le projet de budget participatif a de quoi intéresser les personnes souhaitant dynamiser la démocratie, dont les municipalités sont les principaux parents pauvres (absence d’opposition, participation électorale endémique). Au plus, il permettrait de vitaliser la notion de citoyenneté et de l’engagement civique. Son succès repose essentiellement sur le nombre de participants et la qualité de la procédure délibératoire.

    Le Plateau Mont-Royal a d’ailleurs expérimenté, sous la gouverne d’Helen Fotopulos, l’idée de budget participatif. Bien qu’il s’agissait d’une première expérience, l’exercice eut l’avantage de fédérer le milieu communautaire et les groupes sociaux afin de dégager certains consensus solubles à travers les désaccords.

    L’indicateur du taux de participation aux élections ne peut évidemment pas être le seul baromètre de l’intensité de la vie démocratique. Certains phénomènes, comme la cyberdémocratie[5], imposent de revoir la relation entre l’État et le citoyen pour l’élargir à une société civile dont l’action principale peut se « jouer en marge des institutions politiques et du contrôle étatique » conventionnel.  Associer les décisions aux populations locales est souvent un gage d’acceptabilité sociale et d’efficacité dans l’opérationnalisation des politiques publiques. La participation de l’usager dans une perspective d’amélioration peut se comprendre comme une façon d’interpeller les « savoirs spécialisés des fonctionnaires et les savoirs populaires des citoyens ». Mais l’idéal de la démocratie participative doit nécessairement être stratégiquement décisionnel et s’accompagner d’un aspect financier pour intéresser.

    Évidemment, le danger est de créer artificiellement une demande sociale de participation dans le seul but de légitimer l’action de certains élus[6]. D’ailleurs, c’est souvent dans cet univers qu’on retrouve les plus sceptiques, ceux qui voient dans cette ouverture une simple mascarade politique; « il ne veut que se faire réélire celui-là ». La démocratie participative remet d’ailleurs en cause l’ADN des organisations les plus militantes et revendicatrices (dont l’ASSÉ actuellement), puisqu’elles sont appelées non plus à lutter pour faire bouger le gouvernement, mais à investir l’espace public et à participer aux solutions collectivement.

    L'idée de l’École d’hiver de l’INM est quelque chose à mi-chemin entre le consultatif et le participatif, même si extrêmement imparfait. Le ministre Pierre Duchesne est venu clore nos débats et nous pouvions sentir une réelle ouverture de sa part et un intérêt sincère suite à nos travaux. Le Sommet sur l'enseignement supérieur à la fin février se veut lui aussi davantage consultatif, mais non moins porteur pour la société civile.

    Il n’y évidemment pas de panacée dans la démocratie participative, mais certainement le début d’un changement culturel qui doit avoir lieu dans nos institutions. Le débat aura le mérite de faire ressortir le trop-plein d’individualisme qui gangrène notre société tout en réhabilitant les citoyens et les décideurs à dialoguer. C’est à mon sens le plus grand potentiel à court terme.

    Mon ami Pierre-Olivier me questionna au courant de cette fin de semaine à savoir pourquoi les gens plus à « droite » se mobilisaient moins. Je ne prétendais pas avoir la réponse, mais je partage l’idée vague, mais non moins imprécise, que le statu quo profite trop souvent à une certaine classe minoritaire de la société.

    Jean-Bernard Marchand

    http://lecitoyenquirevaitsasociete.wordpress.com


    [3] DGEQ, 2012 (*un taux de 74,6% en 2012)

    [4] Rabouin, Luc (2009). Démocratiser la ville : le budget participatif : de Porto Alegre à Montréal, Montréal, Lux, 152 p.

    [5] Marchand, Jean-Bernard (2012). L’avenir de la démocratie passe-t-il par les nouvelles technologies? - Perspective du vote à distance par internet, Montréal, ENAP

  • #1-C’est ainsi que s’entame le second mandat de Barack Obama…

    À la suite de la deuxième inauguration du président des États-Unis d’Amérique, M. Barack Obama, plusieurs se questionnent sur le déroulement du mandat qui vient de débuter.  Il est intéressant de savoir que depuis George Washington, chaque président accédant à un deuxième mandat a rencontré de grosses difficultés. On pense à certains exemples comme Richard Nixon et le scandale du Watergate, Ronald Reagan ayant vendu illégalement des armes à l'Iran, Bill Clinton et l’affaire Monica Lewinsky et plus récemment, George W. Bush et sa mauvaise gestion de l’ouragan Katrina. Il est à souhaiter que Barack Obama échappe à cette soi-disant malédiction. Indépendament, certains spécialistes croient pouvoir prédire ce qui se passera durant le second mandat du président. Ce blogue vise à examiner ses prévisions.

    Plusieurs prédictions ont été émises en lien avec le second mandat du président. Par exemple, certains affirment que; l'Iran va s’enrichir de suffisamment d'uranium pour produire de multiples armes nucléaires avant 2017, la production de gaz naturel continuera d'augmenter, l'économie américaine va continuer de progresser et finalement, les républicains seront majoritaires au Congrès pour le prochain mandat du président.

    En lien avec le premier énoncé, les sanctions américaines et le sabotage israélien ont réussi à ralentir le programme nucléaire iranien. Par contre, ces moyens ne fonctionneront pas indéfiniment. Les prévisions annoncent que les espoirs du président de concilier les mondes islamique et occidental et d'en finir avec le terrorisme djihadiste ne seront pas possibles dans un futur rapproché, ce qui diminuera le prestige américain.

    Pour la production de gaz naturel aux États-Unis, le plein développement de la ressource de sables bitumineux au Canada pourrait faire de l'Amérique du Nord, la région du monde avec la plus forte croissance énergétique. Ceci ne se produirait pas avant 2017 mais nous serions sur ​​la voie de l'autosuffisance en 2020.

    Les spécialistes anticipent également qu’en 2015, l'économie américaine devrait atteindre une croissance normale et que les déficits diminueront. Les républicains et les démocrates se disputeront surement pour le crédit, tout comme ils se disputent toujours pour savoir qui est responsable du « boom » des années 1990.

    Pour ce qui en est du congrès étant majoritairement républicain, certains croient qu’Obama n’émettra pas de programme précis dans son second mandat. Il n’obtiendra tout simplement pas suffisamment de votes. Le programme du deuxième mandat d'Obama devra se faire par décision de l'ordre exécutif et il aura beaucoup de possibilités par le biais des lois passées dans son premier mandat : la loi sur les soins abordables, la loi Dodd-Frank, et ainsi de suite.

    Les quatre prochaines années comprendront également une importante réforme de l'immigration. L'administration d’Obama veut émettre un projet de loi qui inclurait un chemin vers la citoyenneté pour des millions d'immigrants illégaux qui vivent présentement aux États-Unis. On peut déjà voir le programme prendre forme. Les républicains semblent changer leur point de vue sur le sujet et travaillent avec les démocrates pour ouvrir la voie de la citoyenneté à près de 11 millions d’immigrés clandestins. Il sera intéressant de voir si Obama pourra mener cette idée à terme.

     

    Finalement, Obama va subir une énorme pression pour réduire la dette de 16 trillions $. Il a gagné la bataille fiscale contre les républicains en fin d’année, dont les sondages ont continué à fléchir. Le président semble leur avoir fait faire marche arrière et résister à une augmentation du plafond de la dette nationale, au moins temporairement.

    De plus, il y aura une décision dans les semaines à venir sur le sort de pipeline Keystone XL de TransCanada. Il y aura aussi une myriade de problèmes auxquels le président sera confronté sur la scène internationale.

    Quoi qu’il en soit, le président Barack Obama a prêté serment lors de la cérémonie inaugurale à Washington, le 21 janvier 2013, à midi. Son discours faisait appel à une réforme détaillée pour son second mandat qui sera attrayante pour la coalition des libéraux américains, les scientifiques et les autres grands groupes politiques clefs que lui et son équipe ont rassemblés pour remporter son deuxième mandat. Son but semble être de faire en sorte que son progressisme soit solidement établi dans la politique américaine pour les décennies à venir. Je lui souhaite bonne chance. À l'heure actuelle, dans la politique mondiale, il est l'un des rares qui donnent de l'espoir pour une vision progressive. Je peux honnêtement dire qu’Obama mérite un second mandat. Son leadership et son jugement ont été exceptionnels en ces temps difficiles. Ce qu’il a réussi à faire à l'égard de la réforme des soins de santé, la réforme financière et la réforme de la carte de crédit étaient toutes des réalisations majeures qui permettront au peuple des États-Unis d'être à l'abri de la plupart des abus des entreprises. Que son second mandat soit une grande réalisation qui pourra apporter espoir et prospérité aux États unis et à la politique mondiale.

    - Christina Brown

    Quelques références :

    Lee-Anne Goodman, 2013. Obama's second term officially begins. The Canadian Press.

    Matt Spetalnick and Jeff Mason, 2013. Confident Obama lays out battle plan as he launches second term. CNN.