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  • L'histoire d'amour entre Harper et sa majesté la reine// C. Soucy

    Pour ceux et celles qui auraient oublié que le chef de l’État canadien est la reine du Canada; n’ayez crainte!, notre premier ministre Harper nous le rappelle en multipliant les références à la royauté britannique un peu partout.

     

    Le Canada est qualifié de monarchie constitutionnelle, puisque le chef de l’État est désigné héréditairement (quoi qu’on en dise!!) et que ses pouvoirs sont circonscrits par des règles constitutionnelles.  Par contre, la monarchie au Canada s’exerce que pour le contexte historique, car ni la reine, ni ses représentants, n’exercent d’aucune façon les fonctions gouvernementales ou législatives.

     

    La présence de chefs de l’état au pays est essentiellement symbolique et formelle. Elle n’affecte en rien les principes fondamentaux du fonctionnement des systèmes parlementaire et fédératif.  Au Québec, depuis plusieurs années,  ce sujet soulève les passions et s’il y a une chose que les politiciens ne veulent pas déterrer, c’est bien la question de la constitution. On s’entend pour dire qu’il n’y a pas d’histoire d’amour entre les québécois et la reine; Contrairement au gouvernement conservateur.  

     

    Le gouvernement conservateur multiplie les références à la couronne britannique en faisant entre autres imprimer la couronne sur les pages intérieures du nouveau passeport canadien qui sera mis en service d’ici 2012.  En plus, un vitrail illustrant les reines Victoria et Élisabeth II a été installé au dessus de la porte d’entrée du Sénat pour la modique somme de trente cinq mille dollars.  Une immense toile de la reine Victoria et une autre, de la Reine Élisabeth II surplombent aussi désormais le foyer du sénat.

     

    Notre gouvernement conservateur a récemment obligé les embrassades canadiennes à l’étranger à afficher un portrait de la reine. Il a renommé la marine et l’aviation canadienne « Royale ». Tous ces exemples portent à croire que le gouvernement conservateur de Harper est en admiration avec la royauté britannique et  qu’il veut le montrer au monde entier.

     

     Quelle message Harper veut passer? 

     

    God save the Queen !!

  • Bolgue # 2 - Caroline Lamond - La toxicomanie chez les Innus et le plan nord

     

    Il y a deux semaines le député adéquiste, François Bonnardel, a dénoncé les problèmes de toxicomanie dans les communautés Innus à l'Assemblée nationale. Il a également dénoncé la remise d'un chèque de 3 000$ à chaque adulte de la communauté de Minguan à la suite d'une entente conclue avec Hydro-Québec pour la construction de centrales sur la rivière Romaine. Cette dénonciation est en lien avec les diverses problèmes de toxicomanie et sous-entend que les sommes risquent d'être dépensées par une partie importante de cette communauté pour acheter des drogues, des boissons alcoolisées ou d'être perdues dans les jeux compulsifs. Le premier ministre, Jean Charest, et le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, l'ont accusé de tenir des propos discriminatoires face aux communautés Innus en les traitants d'alcooliques et toxicomanes. Pourtant les propos du député François Bonnardel, loin de choquer les membres de ces communautés, ont été appuyés "pour avoir couragement dit tout haut ce que tout le monde savait tout bas" (La Presse, 21 novembre 2011).

     

    Cette problématique de santé chez les communautés autochtones est pourtant connue des gouvernements. La consommation de substances et le traitement de la toxicomanie constitue un des enjeux en santé des Premières nations, des Inuits et des Autochtones ciblé par Santé Canada. En lien avec ce problème, Santé Canada finance le "Progamme national de lutte contre l'abus de l'alcool et des drogues". De plus au Québec nous reconnaissons que "l'état de santé est fortement influencé par les rattachements collectifs, ..., liés à l'environnement physique, culturel, social et économique" et que "les populations au statut précaire, que ce soit en matière de ressources financières ou d'intégration sociale, ou encore en matière de sécurité d'emploi, ont davantage de risques d'éprouver des problèmes de santé" (Michaud, 2011, p. 531 et 532).

     

    Toutefois, des questions se posent. Pourquoi le député François Bonnardel a soulevé le problème à l'Assemblée nationale il y a deux semaines, si la situation est connue? Pourquoi le Premier ministre et surtout le ministre des Ressources naturelles sont intervenus sur cette question en accusant le député d'avoir tenu des propos discriminatoires alors que celui-ci nommait une problématique réelle? De plus la toxicomanie étant un problème de santé social, n'est-ce pas le ministre de la Santé et des Services sociaux qui aurait dû intervenir en expliquant à l'Assemblée nationale ce que fait son ministère ou à tout le moins ce qu'il escompte faire face à cet enjeu de santé important chez les premières nations.

     

    La problématique de la toxicomanie dans les communautés innus refait surface au moment où le gouvernement et particulièrement notre Premier ministre, vend son "Plan Nord" aux peuples autochtones, québécois et à la communauté internationale. De plus, la communauté innus sur la Côte-Nord ne s'entend pas dans les négociations avec le gouvernement du Québec à titre de compensations pour les dommages causés aux territoires ancestraux aux niveaux forestiers, miniers et hydroélectriques et la création d'un fond de développement économique.

     

    Le Plan Nord et les grands chantiers d'Hydro-Québec amplifient à des proportions presque hors de contrôle les problèmes actuels de notre société. La corruption sur les grands chantiers du Québec et l'incapacité réelle de la Commission de la construction du Québec (CCQ) d'enquêter et d'intervenir, la distribution des drogues par le crime organisé sur le chantier de la Romaine (La Presse, 22 novembre 2011), l'octroi des contrats de gré à gré à des prête-noms autochtones, le droit des nations autochtones à participer au développement économique et de se gouverner sur leurs territoires soulèvent des problèmes sociaux, législatifs et judiciaires.

     

    Il ne fait aucun doute que si le Plan Nord est bien administré par le gouvernement, les Premières Nations du Nord, les Innus et la société québécoise dans son ensemble en sortiront gagnant sur le plan économique et de l'occupation du territoire. Toutefois, si le gouvernement minimise ou nie les problèmes qu'entrainent les grands chantiers, il faut qu'il soit conscient que les gains seront inférieurs aux pertes dans les communautés touchés. Une chose est certaine, ignorer la problématique sociale de la toxicomanie dans les communautés innus amplifiée par l'arrivée des grands chantiers sur la Côte-Nord signifierait que le gouvernement manquerait à son devoir face à un des grands enjeux sectoriels contemporains des autochtones, la santé. Sa responsabilité gouvernementale lui est dictée par la Loi sur les services de santé et les services sociaux qui "a pour but le maintien et l'amélioration de la capacité physique, psychique et sociale des personnes d'agir dans leur milieu et d'accomplir les rôles qu'elles entendent assumer, d'une manière acceptable pour elles-mêmes et pour les groupes dont elles font partie".