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Charte !

Charte !

« Le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoique dise et quoi qu’on fasse le Québec est aujourd’hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement » disait Robert Bourassa, Premier Ministre du Québec, 22 Junin 1990. Elle sonne d’emblée que le Québec a une spécificité forgée par l’histoire et la culture. On pourra ajouter que cette originalité  se fera avec une administration publique qui lui sera propre tenant compte de ses valeurs et des femmes et hommes qui se tiennent debout pour la faire marcher et conserver son caractère unique : une nation plus que jamais déterminée a rester telle. Cela nous amène à nous intéresser au projet de la charte sur les valeurs québécoises. Loin de faire partie de cette polémique qui, ces derniers jours à soulever tant de passions, au fait de nous faire accepter la récente défaite de Canadiens !

 

Les évènements ne manquent pas dans notre province. Les deux dernières années,  2012 et 2013 revêtent une particularité. En 2012,  à la suite de soulèvements des peuples de l’Afrique du Nord, appelés printemps arabe, cela s’est déteint sur nous. On parle ici de printemps érable. La hausse de frais de scolarité  a soulevé l’ire des étudiants. Par la suite, une grande partie de la population  s’est rallié à eux, dans les rues, au son de tintamarre pour signifier leur opposition.

 Cette année, 2013, c’est le projet  de charte des valeurs québécoises qui est au cœur de l’actualité. Un petit rappel de grands traits nous situera sur celles-ci. Les objectifs du gouvernement en élaborant cette charte c’est de définir des règles claires pour tout le monde, affirmer les valeurs québécoises et établir la neutralité religieuse de l’Etat. Pour ce faire, la charte se décline en cinq propositions : modifier la charte québécoise des droits et libertés de la personne, énoncer un devoir de réserve et de neutralité pour le personnel de l’Etat, encadrer le port des signes religieux ostentatoires, rendre obligatoire le visage à découvert lorsqu’on donne ou reçoit un service de l’Etat enfin établir une politique de mise en œuvre pour les organismes de l’Etat.

 

A l’image d’un match de hockey, cette charte n’a pas  laissé indifférente la population.

D’une part, les partisans  de la charte à l’image du sociologue Guy Rocher,  pour eux, cette charte incarne la neutralité de l’Etat, boucle la boucle de  la révolution tranquille, mais surtout affirme l’égalité entre l’homme et la femme, enfin au Québec de se prémunir des problèmes à venir vu que cette société qui accueille des immigrants. D’autre part, les opposants, représentés ici par la Députée François David, celle-ci enfreint la liberté de religion, injuste pour les musulmans, juifs et sikhs à cause du caractère très ostentatoire de leurs signes religieux , risque de mener à l’exclusion et cible les immigrants bien intégrés1<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> . Par exemple, Khadidja qui a quitté sa Syrie natale où elle n’était que femme au foyer, une fois arrivée ici au Québec, elle a pris de cours pour être technicienne de garderie. Munie de ce diplôme, elle travaille dans une garderie pour prendre soin des enfants. Etant dans une garderie publique, la nouvelle charte l’exclurait simplement, car elle se voile. Tout cet effort d’intégration et d’émancipation va voler en éclat. Elle serait à nouveau femme au foyer comme en Syrie ! Cette charte qui introduit une  nouveauté en administration publique permet de distinguer qui fait partie de secteur public ou pas en plus de la Loi sur la fonction publique et les critères qui sont déjà en cours.

 

Une telle situation ne peut se faire sans qu’il ait de frictions au sein de la classe politique, mais surtout dans la société. Société qui vit dans un système ou le multiculturalisme est fort développé et ancré dans les habitudes quotidiennes. Au niveau de la classe politique, des accusions des uns et autres laisse à voir le clivage qui règne. Conséquence immédiate, le renvoi du caucus du Bloc Québécois de la députée fédérale Maria Mourani qui n’a pas été solidaire avec son parti  en clamant haut et fort son opposition. Ce qui a amené M Daniel Paillé, le chef du Bloc Québécois à prendre une décision pour trancher et asseoir son leadership. Elle  siège maintenant comme indépendante. Donc, il est légitime qu’on se demande : peut-on légiférer sur les valeurs ? Etant dans un Etat de droit, si la charte venait à être adoptée,  il faudrait des tribunaux pour arbitrer, donc des juges compétents en la matière. Si  tel n’est pas le cas, il sera alors laisser aux juridictions administratives d’arbitrer. Aussi, il faudrait, dans ce cas, modifier la charte québécoise des droits et liberté de la personne et inscrire la neutralité religieuse de l’Etat.

 

Pour nous situer, nous louons cette initiative tout en appelant les partis à calmer leurs ardeurs et à dialoguer. Notre culture de dialogue et de concertation est un bien précieux immuable ; il faut la préserver. Comme M Parizeau, nous pourrons dire que la charte en elle n’est pas mauvaise mis à part l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires  à tous les employés de la fonction publique dans le cadre de leur travail. Le  fait d’être  neutre dans l’exerce des charges publiques ne devrait pas enfreindre  le fonctionnement des valeurs culturelles et religieuses. En effet, la société nord-américaine a régi  le multiculturalisme. « De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde », c’est à juste titre que s’exprimait ainsiAmadou Hampaté BA.

Montréal est une ville cosmopolite ou on rencontre toutes les ethnies et les nations possibles qui constituent l’humanité.  Le port d’une kippa chez le juif, le chapeau du sikh, au-delà de leur appartenance,  fait apparaitre la beauté vestimentaire, la diversité culturelle et artistique ainsi que  le design qui fait de nous une société innovante, hospitalière tolérante. C’est à raison que Montréal, la métropole est désignée par Unesco comme la capitale du design. Nous en sommes fiers. Les valeurs québécoises que  nous défendons, c’est la liberté de choisir, de s’exprimer, de se vêtir, de choisir son orientation sexuelle, faire du bénévolat. C’est un bien public que nous chérissons  et  protégeons. Nous sommes la seule nation en Amérique du Nord qui parle français et nous en sommes fiers. C’est toujours dans un élan de joie que nous accueillons, tous les ans, une population immigrante qui s’intègre dans la société. On est ICIT au Québec !

 

 

 

                                                                                                                       Dazrokod Tremblay

 

 

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<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]-->Journal, Actualité 15 Octobre 2013

Commentaires

  • On lira avec attention et ...respect !
    Vous me direz le nom ????

Les commentaires sont fermés.